Utilisés pour éliminer les souris dans les maisons, les appâts empoisonnés peuvent provoquer de graves intoxications lorsqu’ils sont mal manipulés ou mal conservés.
Pour éviter les intoxications, il est conseillé de placer les anti-souris hors de portée des enfants et éliminez correctement les restes ainsi que les rongeurs morts. De plus, se laver systématiquement les mains au savon après chaque manipulation.
« 15 minutes, 15 souris, éliminez le bailleur et gagnez la maison. Bonjour la mère, tu es jolie comme ça, tu dors avec les souris qui te menacent. Si tu veux tuer, je t’explique comment ça se passe. Quand vous détachez, déversez en main le sol dans les angles de la maison. On ne met pas sur les papiers, pas de mélange. Puisque quand on déverse sur les papiers, les souris esquivent, ils ne mangent pas. Mets dans un plafond, dans une armoire ou dans un classeur. Prenez le cure-dent ou le balai, percez les trous des deux côtés, jetez avec le sachet. Même si c’est le bailleur, il est mort, le matin vous serrez le camion pour les chargés ». Dans les marchés et les rues de la ville de Yaoundé, cette mélodie devenue familière accompagne le passage des vendeurs ambulants d’appâts anti-souris. Micro à la main, panier rempli de produits, ils promettent aux ménages de débarrasser leurs maisons des rongeurs en un temps record. Ces produits ont trouvé leur place dans le quotidien de nombreuses familles. Pourtant, derrière ces produits censés éliminer les souris se cachent aussi des risques liés à leur mauvaise utilisation. D’après Isaac, médecin généraliste, plusieurs familles de raticides existent. Certains contiennent des anticoagulants, des substances qui empêchent le sang de coaguler normalement. Après ingestion, ils peuvent provoquer des hémorragies internes ou externes parfois retardées de plusieurs jours. D’autres produits peuvent agir directement sur le système nerveux et entraîner des troubles neurologiques. « Le danger est que certains patients peuvent sembler aller bien juste après l’exposition. Les signes peuvent apparaître plus tard, lorsque les substances ont déjà commencé à agir dans l’organisme », explique le médecin.
Quels sont les principaux risques pour la santé ?
Une intoxication aux appâts anti-souris peut provoquer différents symptômes selon la composition du produit, la quantité absorbée et le poids de la personne exposée. Le spécialiste précise : « Les premiers signes peuvent être des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales ou une sensation de malaise. Mais dans les formes plus graves, on peut observer des saignements inhabituels, comme des saignements du nez ou des gencives, des urines teintées de sang, des selles noires, une grande fatigue ou des difficultés respiratoires ». Chez les enfants, le risque est plus important car une petite quantité de produit peut représenter une dose importante par rapport à leur poids corporel : « Un enfant qui ingère quelques granulés d’un raticide peut être beaucoup plus exposé qu’un adulte. C’est pourquoi il faut considérer toute ingestion comme une situation nécessitant un avis médical », ajoute le spécialiste.
Les bons gestes pour éviter les accidents
Pour le professionnel de santé, la prévention repose avant tout sur le rangement et la manipulation : « Un appât anti-souris ne doit jamais être posé dans un endroit où un enfant peut jouer ou où un animal domestique peut accéder. Il faut privilégier des dispositifs sécurisés et respecter strictement les indications du fabricant », recommande le docteur. Dans les ménages camerounais, une difficulté particulière se pose. Certains produits sont vendus sans informations suffisantes, parfois en petites quantités dans des sachets non identifiés. Le spécialiste insiste : « Un produit dont on ignore la composition représente un risque supplémentaire. En cas d’accident, l’absence d’emballage complique la prise en charge médicale ». Il conseille également de ne jamais conserver ces produits à côté des aliments, de ne pas utiliser des bouteilles ou récipients alimentaires pour les stocker, de porter des gants lors de la manipulation si possible. Après utilisation, l’expert conseille de se laver les mains avec du savon. Une souris morte après avoir mangé du poison ne doit pas être laissés à l’air libre. Un chien, un chat ou un autre animal peut les manger et être intoxiqué à son tour. Les rongeurs morts doivent être ramassés avec des gants, placés dans un sac fermé puis jetés correctement et la zone doit être nettoyée ensuite pour limiter les risques de contamination.
Que faire en cas d’ingestion accidentelle ?
Lorsqu’une personne avale un appât anti-souris, la réaction doit être rapide : « La première chose à faire est de ne pas paniquer, mais surtout de ne pas provoquer les vomissements. Certains gestes peuvent aggraver la situation », explique le médecin. Il recommande de retirer les éventuels restes du produit présent dans la bouche, de conserver l’emballage ou prendre une photo de l’étiquette, de noter l’heure de l’exposition et la quantité supposée avalée et de conduire rapidement la personne dans une formation sanitaire : « Le traitement dépend de la substance responsable de l’intoxication. Pour certains raticides anticoagulants, un antidote peut être utilisé, mais il doit être administré par un professionnel de santé après évaluation », précise le spécialiste.
Les anti-poisons aident à se débarrasser de ces nuisibles, mais ils restent des produits toxiques qui exigent des gestes responsables. Dans une maison, protéger les enfants et les animaux doit être une priorité.








