Alors que le port du cathéter tend à se généraliser en dehors des structures de santé, les professionnels alertent sur les risques graves liés à une utilisation inappropriée de ce dispositif médical sensible.
Dans la rue, à l’école, le cathéter se promène partout de nos jours. « C’est la mode aujourd’hui. Les gens se baladent avec un cathéter au bras, on dirait un bracelet », s’indigne Armel. Le cathéter est un tube souple introduit dans une veine pour permettre l’administration de sérum, de médicaments ou même de sang. C’est un canal direct vers la circulation sanguine. Rester plusieurs jours sans surveillance médicale constitue un risque énorme car il peut être source d’infection en laissant entrer les bactéries, avec des conséquences multiples. En effet, le fait de se promener avec le cathéter sans protection peut occasionner des caillots sanguins favorisant une embolie puis un arrêt cardiaque. Même sans caillot, des saignements peuvent survenir en cas de mouvements brusques. « Une femme s’est vue arracher le cathéter dans les embouteillages. Elle a eu la vie sauve grâce à la promptitude des usagers », explique Marie, une commerçante.
De plus, la veine étant le conducteur de sang direct vers le cœur, elle est exposée à de nombreuses infections. Le Dr Faustin Roger TAPPA de Health Horizon International explique : « C’est un danger de se promener avec une voie ouverte sur le cœur ». Nous avons également le blocage du traitement car le tube peut se plier ou se boucher, rendant le traitement inefficace. De plus, si de l’air entre dans le cathéter, il peut bloquer la circulation, entraînant un arrêt cardiaque immédiat.
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La vigilance comme mesure barrière
Le cathéter n’est pas un accessoire, c’est un dispositif médical sensible. Il ne devrait rester que sous surveillance stricte à l’hôpital au risque de nombreux dégâts. Pour le Dr Tappa, il est préférable de cesser de recourir à la perfusion quand on a le paludisme. Il recommande de prendre des comprimés normalement ou des potions traditionnelles pendant 5 jours et de ne pas le prescrire à ceux qui n’en ont pas besoin.
Par ailleurs, pour réduire les risques, il faut éviter de sortir inutilement ou de se promener avec un cathéter en place, maintenir le pansement toujours propre et sec, ne jamais manipuler soi-même le dispositif, signaler immédiatement à une infirmière toute douleur, fuite de sang ou déplacement du cathéter. Ainsi, chacun à son niveau a un rôle à jouer pour éviter des complications parfois fatales.
Audray NDENGUE , Stagiaire










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