Le Centre de Santé Intégré (CSI) de Ngalbidjé, situé en périphérie du centre-ville de Garoua, dans l’aire de santé de Takasko, est un acteur de la vie quotidienne du quartier. Créé en 2013, ce centre, initialement implanté au cœur du marché de Ngalbidjé, a su s’imposer comme un lieu de référence pour la prise en charge des patients, malgré les nombreux défis auxquels il est confronté.
L’implantation stratégique du centre de santé de Ngalbidjé en plein centre du quartier, lui assure une fréquentation constante, et témoigne de son intégration réussie au sein de la communauté. Cependant, la croissance démographique rapide de Ngalbidjé, quartier en pleine expansion, met à l’épreuve les infrastructures et les capacités d’accueil du CSI. Malgré son efficacité reconnue, le CSI de Ngalbidjé n’est pas exempt de difficultés. À l’instar de nombreux centres de santé intégrés de la région, le problème de l’accueil des patients demeure une préoccupation. L’espace physique actuel, insuffisant pour répondre à la demande croissante, constitue un frein important. Le bâtiment, bien que fonctionnel, montre ses limites face à l’afflux quotidien de patients. La responsable du centre, Madame Fanta Delphine, arrivée à son poste en 2023, est consciente de ces difficultés et travaille activement à leur résolution.
Grâce aux fonds provenant du chèque santé, un ambitieux projet de construction d’un nouveau bloc est en cours. Ce bâtiment permettra d’améliorer significativement les conditions d’accueil et d’offrir de nouveaux espaces dédiés aux consultations. Il accueillera notamment un espace pour les causeries éducatives, particulièrement importantes pour la sensibilisation des femmes enceintes dans le cadre de la consultation prénatale. Il servira également de lieu d’examen gynécologique, offrant ainsi un cadre plus approprié et plus confidentiel. Cependant, les travaux sont actuellement en cours et Madame Delphine lance un appel à l’aide pour finaliser ce projet.
Au-delà du manque d’espace, le CSI de Ngalbidjé fait face à un autre défi. Il s’agit par exemple, de la dégradation de sa clôture. Situé dans une zone sujette à l’érosion, le centre subit les affres des saisons pluvieuses. Le passage répété des eaux de pluie a fragilisé une partie de la clôture et la fait tomber. Des réparations provisoires ont été effectuées, mais une solution pérenne est nécessaire pour protéger durablement le site. Madame Fanta Delphine sollicite l’intervention de la mairie pour une solution structurelle, peut-être par la réorientation des eaux de ruissellement afin d’éviter de nouvelles dégradations.
Mais au-delà des défis structurels et matériels, Madame Fanta Delphine se concentre également sur l’amélioration de la qualité des soins et sur la mise en place d’une gestion rigoureuse. Elle a instauré un certain nombre de mesures visant à améliorer le fonctionnement du CSI et à renforcer l’éthique professionnelle. La culture de l’accueil est au cœur de sa politique. Le respect du règlement intérieur, la ponctualité du personnel, et surtout l’interdiction formelle de la vente parallèle de médicaments sont des points essentiels. Tout manquement à ces règles est sanctionné, assurant ainsi le respect des normes éthiques et de la législation en vigueur. Ce souci de transparence et de bonne gouvernance contribue à la crédibilité du CSI auprès de la population.
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Le CSI de Ngalbidjé est donc un centre de santé en pleine évolution, luttant pour améliorer ses conditions de travail et offrir des soins de qualité à la population de Ngalbidjé. Face aux défis de l’expansion démographique et aux difficultés liées aux infrastructures, la détermination et l’engagement de Madame Fanta Delphine, ainsi que le soutien des partenaires locaux et des autorités, sont essentiels pour assurer la pérennité et le développement de ce centre vital pour la communauté.
Marcus DARE
Réaction
« Notre salle de consultation prénatale est très petite et il n’y a pas d’endroit où les femmes peuvent s’asseoir »

En termes de difficultés, il n’y en a pas beaucoup. Le centre est fréquenté, c’est souvent le problème d’accueil que nous avons. Quand le patient voit ce genre de comportement, il peut dire que dans ce centre, il ne pourra plus revenir. Et c’est ça notre combat maintenant. Et tous ceux qui sont pris en flagrant délit de ce genre d’accueil des malades seront tout simplement punis. Et là aussi, on s’attèle lors des réunions de service pour attirer l’attention des infirmiers sur l’importance d’un bon accueil. Ils doivent changer de comportement pour que les gens puissent fréquenter l’hôpital. Actuellement, je suis en train de monter un bâtiment à l’aide des retombées du chèque santé. Notre salle de consultation prénatale est très petite et il n’y a pas d’endroit où les femmes peuvent s’asseoir. Et nous montons un bâtiment là pour qu’il y ait au moins une salle de causerie éducative et où les femmes peuvent être examinées aussi. C’est ça notre défi. Et la clôture qui était tombée, on essaie de la relever aussi. La clôture est tombée sous l’effet de l’érosion. Il y a un passage d’eau qui a détruit le mur. Le mur est tombé et maintenant nous sommes en train de relever un côté. Et nous voulons bien sûr de l’aide, même de la mairie, surtout pour aménager la conduite d’eau parce que tant que ce passage d’eau est ainsi, le mur que nous construisons finira toujours tomber. Parmi les valeurs au sein de la formation sanitaire, nous misons sur la ponctualité, le respect du règlement intérieur du centre et aussi la promotion auprès du personnel la culture de l’accueil. Un autre défi, nous luttons formellement contre la vente parallèle des médicaments.
Propos recueillis par Marcus DARE














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