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Désertification et la Sécheresse : Quand la terre souffre, l’homme vacille

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Alors que les pâturages du Nord, de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord s’effondrent sous le poids du climat et des pressions humaines, le Ministre HELE Pierre a planté les premiers arbres d’une restauration qui se veut aussi holistique qu’urgente.

Ce 17 juin, HELE Pierre, Ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable a présidé à L’hôtel Shalome de Maroua la célébration de la 32e édition de la Journée Mondiale de lutte contre la sécheresse et la désertification (JMLCSD).

Le ciel de Maroua était ce 17 juin d’un bleu implacable, presque provocateur, au-dessus de l’hôtel Shalome. Ce bleu aride qui rappelle aux populations de l’Extrême-Nord que l’eau est un trésor qui se mérite. C’est dans cette ville frontalière du Sahel, là où la savane lutte chaque jour contre l’avancée insidieuse du désert, que HELE Pierre, Ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable, a présidé la cérémonie commémorative de la 32e édition de la Journée Mondiale de Lutte contre la Sécheresse et la Désertification. Autour de lui, les autorités administratives, des éleveurs au regard usé par les transhumances sans fin, des femmes dont les mains portent les stigmates d’une terre qui se meurt, et une jeunesse qui espère encore que les racines qu’elle plante aujourd’hui deviendront les forêts de demain. Cette journée est bien plus qu’une commémoration. Elle est la conclusion d’une semaine d’actions concrètes menées dans cinq régions du Cameroun – le Nord, le Sud-Ouest, l’Adamaoua, l’Extrême-Nord et l’Ouest – où la dégradation des terres n’est pas un concept lointain mais une réalité quotidienne. Jeux interscolaires pour éveiller les consciences, campagnes de sensibilisation dans les marchés et les villages, plantations d’arbres et restauration des pâturages : autant d’initiatives qui tentent de panser les plaies d’une nature à bout de souffle. La veille, dans l’arrondissement de Gazawa, le Ministre avait lui-même mis la main à la terre, plantant symboliquement l’un des près de 400 arbres qui ont trouvé refuge dans un sol assoiffé. Un geste fort, certes, mais combien d’autres faudra-t-il pour inverser la tendance ?

L’urgence des pâturages, poumons de notre humanité

La coïncidence n’est pas fortuite. Cette édition de la JMLCSD s’inscrit dans l’année internationale des pâturages et des éleveurs, avec pour thématique évocatrice : « Parcours pastoraux : Reconnaître. Respecter. Restaurer ». Les pâturages du Cameroun – prairies verdoyantes, savanes ondulantes, steppes résilientes – sont bien plus que de simples étendues herbeuses. Ce sont des écosystèmes complexes qui couvrent plus de la moitié des terres émergées de notre planète, des espaces vitaux pour des millions de communautés riveraines dont la subsistance dépend directement de leur santé. Mais ces espaces sacrés sont aujourd’hui à l’agonie. Les changements climatiques les assèchent, la dégradation des terres les fragmente, la concurrence pour les ressources naturelles les étouffe. Les pâturages du Nord, de l’Adamaoua, de l’Extrême-Nord et de l’Ouest Cameroun portent les stigmates de cette crise silencieuse. Les conséquences sont en cascade, comme un château de cartes qui s’effondre : perturbation du cycle de l’eau, diminution du stockage du carbone, érosion de la biodiversité, menaces sur la sécurité alimentaire. Et derrière chaque statistique, des visages, des vies, des cultures qui vacillent.

Les pâturages dégradés ne sont pas seulement des terres stériles. Ce sont des réservoirs de carbone qui se vident dans l’atmosphère, des cycles hydrologiques qui se rompent, des espèces qui disparaissent, des éleveurs qui voient leurs troupeaux dépérir faute de fourrage, des enfants qui souffrent de malnutrition parce que le lait se raréfie. Lorsque le sol est malade, l’animal l’est aussi. Lorsque l’animal est affaibli, l’homme l’est également. Cette chaîne de vulnérabilités n’est pas une fatalité.

L’objectif de cette célébration était clair : sensibiliser les décideurs et les populations sur la nécessité impérieuse de valoriser ces écosystèmes, reconnaître le rôle fondamental des pâturages dans le maintien de l’équilibre naturel, et promouvoir des actions concrètes de restauration et de gestion durable des terres. En ce 17 juin 2026, Maroua a rappelé au Cameroun et au monde que la lutte contre la désertification n’est pas une bataille perdue d’avance. Elle est une course de fond que nous pouvons gagner si nous acceptons de changer nos paradigmes, de reconnaître la valeur inestimable des pâturages, de respecter les savoirs ancestraux des éleveurs, de restaurer avec détermination ce qui peut encore l’être.

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