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Assistance Médicale à la Procréation: La Polyclinique La Bienveillance brise le mythe des millions de la fécondation in vitro

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À Bafoussam, grâce à l’introduction de l’insémination intra-utérine, une technique alternative « hors FIV » performante et hautement compétitive, l’établissement médical brise les codes et offre une passerelle d’espoir concrète aux couples modestes pour moins de 100 000 francs CFA.

Longtemps perçue comme un luxe inaccessible réservé à l’élite de Douala et de Yaoundé ou aux couples capables de s’offrir une évacuation sanitaire, l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) change de visage. À Bafoussam, la Polyclinique La Bienveillance vient de siffler la fin d’une époque où l’infertilité rimait fatalement avec fatalisme ou ruine financière. Grâce à l’introduction de techniques alternatives de Procréation Médicalement Assistée (PMA) dites « hors FIV », l’établissement médical de la région de l’Ouest démocratise l’accès à la parentalité. Sous l’impulsion de spécialistes chevronnés, la médecine de reproduction s’installe désormais au cœur des lignes de soins de proximité, prouvant que donner la vie à l’aide de la science ne nécessite pas toujours de traverser des océans ou de débourser des fortunes.

Au centre de cette révolution thérapeutique se trouve le Dr Enana Tychique, gynécologue-obstétricien formé à l’Université de Paris et titulaire d’un diplôme interuniversitaire en gynécologie de l’infertilité. Selon ce spécialiste, le grand public commet une erreur de diagnostic en assimilant systématiquement la PMA à la seule Fécondation In Vitro. « Avant d’en arriver à la FIV, il existe des techniques plus simples et accessibles pour aider les couples en difficulté de conception », explique-

t-il pour recadrer le débat. C’est le cas de l’insémination intra-utérine, une méthode de pointe désormais rodée à Bafoussam. Cette technique s’adresse spécifiquement aux couples confrontés à des anomalies mineures des spermatozoïdes ou à des pathologies touchant le col de l’utérus, offrant ainsi une réponse locale à des détresses conjugales jusqu’ici sans issue dans la région.

Le protocole, d’une rigueur scientifique absolue, repose sur une synchronisation parfaite entre la biologie et la clinique. Tout commence par un monitorage échographique minutieux de l’ovulation de la patiente. Dès que l’instant crucial est identifié, le laboratoire prend le relais pour traiter la semence du conjoint à travers un test de migration-survie. Ce processus permet d’éliminer le liquide séminal épais et les spermatozoïdes non viables pour ne conserver et suractiver que les éléments les plus mobiles. Ces derniers sont ensuite introduits directement dans la cavité utérine à l’aide d’une pipette fine au moment exact de l’ovulation. Les statistiques cliniques de la polyclinique affichent déjà un taux de réussite exceptionnel de 60 %, un score particulièrement encourageant qui valide l’efficacité de cette prise en charge de proximité.

En outre, l’argument économique achève de convaincre les couples les plus modestes. Alors qu’une FIV classique exige des plateaux techniques lourds absents des provinces et chiffre ses coûts en millions de francs CFA, l’insémination intra-utérine se positionne comme une alternative hautement compétitive. Pour moins de 100 000 francs CFA, les patients ont accès à une technologie efficace et sécurisée. Cette tarification sociale humanise la pratique médicale et offre une passerelle d’espoir concrète avant toute option lourde. En installant durablement cette médecine de la reproduction à Bafoussam, la Polyclinique La Bienveillance ne se contente pas de moderniser son offre de soins, elle réécrit l’histoire de la santé de la reproduction à l’Ouest du Cameroun.

Interview : Richard Kue, diététicien-nutritionniste et promoteur de la Polyclinique la Bienveillance à Bafoussam

« La Bienveillance est née d’un rêve de jeune ingénieur nutritionniste face au blocage de la fonction publique »

En 1988, face à la fermeture des vannes de la fonction publique, le jeune ingénieur nutritionniste Richard Kue refuse de croiser les bras. Trente et un ans plus tard, son intuition initiale s’est métamorphosée en un complexe hospitalier incontournable occupant près d’un hectare à Bafoussam. Dans cet entretien exclusif accordé à Échos Santé, le promoteur de la Polyclinique la Bienveillance retrace l’histoire de cette institution, dévoile les secrets de sa longévité — marquée par un taux de réussite chirurgicale exceptionnel — et plaide pour un meilleur encadrement du personnel médical au Cameroun.


Monsieur le promoteur de la Polyclinique de la Bienveillance, bonsoir. Comment se porte votre établissement ?

La polyclinique la bienveillance se porte très bien. Je souhaite d’abord la bienvenue à toute l’équipe d’Échos-santé

Pouvez-vous nous raconter brièvement l’histoire de la naissance de cette polyclinique ?

Cette question me touche particulièrement. La polyclinique de la bienveillance est née d’un rêve de jeunesse. En 1988, j’ai été parmi les premiers ingénieurs nutritionnistes formés au Cameroun. Le pays nous avait promis un recrutement dans la fonction publique, mais malheureusement, en juillet de cette année-là, nous avons appris que la fonction publique ne recrutait plus.

J’avais 24 ans, sans emploi. Étant diététicien-nutritionniste, mon objectif était d’aider la population. Je me suis dit : “Pourquoi ne pas créer ma propre structure ?” C’est ainsi qu’est née la Polyclinique La Bienveillance, qui s’étend aujourd’hui sur près d’un hectare. En 1988, je me suis présenté au ministère de la Santé publique pour proposer la création d’un centre diététique dans la région de l’Ouest. Mon

projet n’était pas compris au départ – on s’interrogeait sur ce jeune diététicien qui voulait s’installer à l’Ouest. Mais j’ai convaincu le ministère, qui m’a d’abord autorisé à créer un “service camerounais de diététique”.

Rapidement, les résultats ont parlé : en quelques mois, on parlait déjà du diététicien qui faisait perdre 8 à 10 kilos par mois aux patients obèses. Diabétiques et hypertendus ont afflué. Le directeur de l’hôpital régional, qui m’avait initialement refusé un poste, est venu me consulter. Encouragé par ces succès, le ministère m’a accordé en 1995 l’autorisation de créer un centre de santé nutritionnelle, le Centre de Santé de la Bienveillance. En 2013, ce centre est devenu la Polyclinique La Bienveillance, occupant aujourd’hui plus de 4 500 m².

Quels services propose cette polyclinique ?

Nous offrons aujourd’hui de nombreuses spécialités : médecine générale, gynécologie, pédiatrie, ophtalmologie (en cours d’installation), urologie, gastroentérologie, ORL, neurologie, chirurgie, et bien d’autres. Nous avons signé des conventions avec près de 80 % des compagnies d’assurance du Cameroun pour faciliter la prise en charge des patients.

Disposez-vous de ressources humaines qualifiées ?

Chaque service est dirigé par un spécialiste. Nous comptons environ une quinzaine de spécialistes, dont des gynécologues, ORL, pédiatres, gastroentérologues, neurologues. Cependant, tous ne sont pas en contrat permanent – certains sont en convention de vacation. C’est une préoccupation : nous manquons de spécialistes au Cameroun. Mais nous faisons avec, et nous veillons à la qualité des soins. Dans une polyclinique, on n’a pas droit à l’erreur. Notre équipe est solidaire et bien traitée.

Combien de patients recevez-vous en moyenne par mois ?

Annuellement, nous accueillons entre 4 000 et 4 500, voire 5 000 patients, soit environ 350 à 400 patients par mois.

Quels équipements trouve-t-on dans votre polyclinique ?

Nous disposons de deux blocs opératoires entièrement équipés. Nous développons progressivement notre service de pédiatrie. Nous avons un laboratoire, un service d’ORL, un service de gastroentérologie (en attente d’un nouvel endoscope suite à une panne), et nous passons commande pour renouveler notre service d’imagerie.

Quelle est votre capacité d’hospitalisation ?

Nous avons 37 chambres individuelles (20 dans un bâtiment récent, plus 17 autres), et des chambres communes pouvant accueillir jusqu’à 6 patients chacun, soit environ 24 places supplémentaires. Au total, notre capacité d’hospitalisation est de plus de 50 places, avec environ 74 lits si l’on compte les lits supplémentaires dans certaines salles.

Comment organisez-vous l’hygiène et la propreté ?

La propreté est une exigence fondamentale pour un diététicien, car la diététique commence par l’hygiène. Nous ne laissons rien au hasard, sans attendre une commission de contrôle. L’environnement des patients doit être irréprochable.

On dit souvent que les polycliniques sont réservées aux riches. Est-ce le cas à La Bienveillance ?

Je ne partage pas cette vision. La santé est d’abord une mission d’aide à la population, même la plus pauvre. L’une des forces de La Bienveillance est d’avoir mis de côté l’aspect purement lucratif. Nous avons encore des lits d’hospitalisation à 1 000 francs CFA par nuit, et même des carnets de consultation à 500 francs. Chaque patient trouve sa place : des boxes simples pour ceux qui ont peu de moyens, et des chambres à 25 000 francs avec télévision pour les autorités ou cadres. Nous aménageons également des suites.

Je ne suis qu’un promoteur, un diététicien. Les bâtiments ne soignent pas ; ce sont les médecins. J’ai toujours respecté ces praticiens, y compris les expatriés qui travaillent avec nous. Après Dieu, ce sont les médecins. Je salue l’équipe des docteurs Nana et Kameni, qui ont quitté leur pays pour nous rejoindre. Je suis fier de dire qu’en 31 ans d’existence, nous n’avons enregistré aucun décès au bloc opératoire de la Polyclinique La Bienveillance. C’est le fruit d’un encadrement psychologique de qualité et d’une équipe soudée. Un médecin qui a faim, qui s’inquiète pour sa boutique, ne peut pas se concentrer sur son patient. Nous veillons à ce que chacun soit bien traité.

Nous appelons l’État à encadrer et à rehausser le moral du personnel médico-sanitaire. Les médecins camerounais ne sont pas faibles – ils excellent même à l’international. Il faut les soutenir.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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