Cent quarantenaires personnels de santé, autorités administratives et partenaires se sont réunis le 15 septembre 2026 à Yaoundé. Au menu de cette concertation : évaluer les actions, corriger les insuffisances et viser l’excellence opérationnelle.
Le mardi 15 septembre 2026, l’amphithéâtre de l’Université Catholique Jean Tabi Manga à Yaoundé a abrité la grande réunion de coordination du District de Santé de Djoungolo, situé dans le département du Mfoundi, région du Centre au Cameroun. Placée sous la conduite du Chef de District de Santé (CDS), Madame Pyssang Maidoukoula, cette rencontre stratégique a enregistré une participation record de 140 personnels de santé, témoignant de la mobilisation générale des acteurs de la chaîne sanitaire locale. La cérémonie s’est déroulée en présence de figures institutionnelles majeures, notamment Marthe Nkouambo Nguh, représentant le Sous-Préfet de l’arrondissement de Yaoundé I, ainsi que du représentant le Délégué Régional de la Santé Publique du Centre. Étaient également conviés l’équipe cadre, les partenaires techniques et financiers, les promoteurs des formations sanitaires, les tradipraticiens, ainsi que les représentants de la Mairie, traduisant la volonté d’une concertation multisectorielle inclusive.
Un état des lieux sans complaisance : évaluer pour mieux rebondir
Pendant plus de six heures d’horloge, les travaux ont permis de passer au crible le travail effectué par les différentes structures sanitaires du district depuis le mois de janvier. Si cette évaluation a mis en lumière des avancées notables, elle a aussi pointé des dysfonctionnements majeurs tels que la perte en vaccins, la faible couverture vaccinale, les incohérences entre la CPN 2 et la distribution des moustiquaires, l’instabilité chronique du personnel et la faible coordination dans le suivi des tradipraticiens.
Face à ces écueils, le Chef de District a rappelé l’exigence d’un sursaut d’orgueil collectif à travers ces mots : « Je sais que nous avons tous la bonne volonté et je sais qu’ensemble, nous relèverons tous les défis de santé publique avec les points focaux. Et nous allons trouver ensemble les voies et moyens pour résoudre plusieurs problèmes. Nous souhaitons être le meilleur district de santé de la région du Centre. C’est pourquoi, nous devons corriger beaucoup de tares. Je compte sur les uns et les autres et avec les ASC, nous allons trouver un moyen de développer les stratégies pour atteindre les objectifs fixés par la hiérarchie ».
Une dynamique saluée par les autorités administratives
Prenant la parole, Marthe Nkouambo Nguh, représentant l’autorité sous-préfectorale, a exprimé toute sa satisfaction face à la qualité des échanges : « Cela a été un plaisir pour moi de participer à cette réunion qui a été très riche en partage de connaissance, d’expérience, de méthodes de travail et de stratégie à adopter pour améliorer la qualité de prestation en termes de service rendu au sein des différentes formations sanitaires. Et au regard de la présentation des données du travail effectué sur le terrain, je me réjouis vraiment de cela. Les prises de parole qui ont été faites par les responsables depuis le début. Je crois que tout le monde a écouté
ce qui s’est dit qui contribuera à une meilleure qualité du service ».
Poursuivant son propos en qualité d’observatrice privilégiée, elle a ajouté : « En tant que l’œil et l’oreille de la sous-préfecture de Yaoundé I, j’ai mené des observations et j’aimerais féliciter ici les uns et les autres pour les efforts fournis. J’ai constaté que les choses vont en s’améliorant, j’ai constaté que les rapports ont été déposés, j’ai constaté que la réalisation des recommandations va grandissante. À ce jour nous sommes à plus de 80 % des réalisations. En ce qui concerne l’enrôlement des ASC, nous sommes à 100 %. « J’ai observé les uns et les autres s’agissant de la présentation des rapports, j’ai été impressionnée ».
Elle a conclu par un vibrant appel à la conscience professionnelle : « J’encourage les uns et les autres à continuer à aller dans cette lancée de pouvoir fournir les efforts, afin que le district de santé de Djoungolo puisse relever ce grand défi qui est l’atteinte des résultats. Malgré les résultats obtenus, beaucoup de choses restent encore à faire. J’appelle ici à la prise de conscience des uns et des autres du devoir que l’agent de santé a envers la population. Donc vous devez travailler d’arrache-pied pour sauvegarder la vie ».
Le top management vise l’excellence
Le district de Djoungolo, qui couvre une population de plus d’un million d’habitants répartie à travers ses 13 aires de santé notamment : Elig Essono, Emana, Etoa Meki, Etoudi, Mballa 2, Mballa 4, Mballa 5, Nkolbong, Nlongkak, Nkolondom, Olembe ou encore Tsinga Village, nourrit de grandes ambitions. Les défis majeurs fixés par l’équipe dirigeante consistent à maintenir la cadence de « zéro épidémie de choléra et arriver au stade de zéro décès maternel dans le district ». Pour matérialiser cette ambition, le mot d’ordre martelé par le leadership est sans appel : « Notre district doit être un district phare, tenons-nous la main. »
Pour ce faire, une innovation majeure a été introduite avec la création d’une plateforme de gestion des urgences obstétricales, intégrant l’ensemble des spécialistes du district. De surcroît, le renforcement de la sensibilisation à travers une communication plus intense, attractive et de proximité a été érigé en priorité absolue, incitant Madame Pyssang Maidoukoula à recadrer les priorités des équipes en ces termes : « Je voudrais aussi rappeler aux points focaux communications que je sais qu’ils font déjà assez. Mais leur activité principale, c’est de travailler avec le district. Il ne faut pas que Médecins Sans Frontières nous ravi la palme d’or. Ils sont dans leur programme. Je remarque qu’on s’adonne plus aux activités de MSF, c’est pourquoi il y a ce grand vide. Il faut corriger cela. Je remercie tous les responsables des administrations et les partenaires qui ont pris part à cette réunion ».
Les résolutions phares : 15 recommandations pour baliser le mois
Pour servir de baromètre opérationnel au cours de ce mois, 15 recommandations précises ont été adoptées afin d’encadrer les activités des formations sanitaires.
Celles-ci incluent la gouvernance et la planification à travers la tenue rapprochée des réunions de coordination inter-aires et la mise en place d’un plan d’activité hebdomadaire partagé ; la gestion des données et la traçabilité via la vérification mensuelle des registres par les coaches pour mesurer la gratuité et le transit obligatoire des bons administratifs par le district avant le 3 de chaque mois ; la désignation d’un point focal PEV dédié à la supervision de la vaccination pour juguler les pertes ; la poursuite intensive des enrôlements des agents de santé communautaire au-delà des quotas ; la sécurisation sanitaire par la considération de tout cas de diarrhée comme suspect et sa référence immédiate ainsi que l’organisation de réunions mensuelles de surveillance des décès maternels ; et enfin l’obligation faite aux partenaires de respecter scrupuleusement le manuel de procédures et l’accord de collaboration avec la Délégation régionale et le Ministère de la Santé publique.










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