A l’occasion de la Journée mondiale du donneur de sang le 14 juin dernier, le Togo intensifie ses efforts pour sensibiliser la population. Si le pays affiche des résultats supérieurs à la moyenne africaine, près de 20 % des besoins en produits sanguins restent insatisfaits.
Lomé s’est mise aux couleurs de la solidarité. Lancée officiellement lors d’une conférence de presse le vendredi 12 juin à Lomé, l’édition 2026 de la Journée mondiale du donneur de sang s’articule autour d’un thème évocateur : « Une goutte d’humanité. Donnez du sang. Sauvez des vies ». Pour le Professeur Fétéké Lochina, directeur du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), ce rendez-vous annuel dépasse le simple cadre de l’acte médical. Il s’agit d’un geste profondément altruiste visant à tisser un lien vital et collectif. L’objectif est clair : installer une culture de dons réguliers, volontaires et non rémunérés, tout en poussant les pouvoirs publics et les partenaires à investir massivement dans la sécurité transfusionnelle.
Un bon élève face au défi de l’autosuffisance
Sur le plan comptable, le Togo fait figure de bon élève à l’échelle du continent. Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) signale une moyenne africaine de 5,2 dons pour 1000 habitants (contre une norme régionale fixée à 10), le Togo a atteint le taux de 9,13 dons pour 1000 habitants en 2025. Concrètement, 73 953 dons ont été comptabilisés sur les 81 000 nécessaires.
Pourtant, l’autosuffisance n’est pas encore acquise. Ce manque de poches se traduit par un taux de besoins non satisfaits de 19,11 %, soit 20 490 produits dérivés manquants pour répondre à la demande des structures de soins en 2025. Pour l’année en cours, le CNTS a déjà collecté près de 21 000 dons et table sur un objectif de 52 000 poches d’ici décembre, exigeant une mobilisation continue.
Moderniser et assainir le circuit
Pour inverser la tendance, le directeur du CNTS mise sur l’amélioration de l’accueil, demandant à ses équipes de faire du passage des donneurs « une expérience exceptionnelle et mémorable ». Le Professeur Fétéké a également plaidé pour une utilisation rationnelle des stocks et une reprise stricte de la distribution intra-hospitalière via les banques de sang, afin d’exclure les familles du circuit de transport des poches.
Enfin, un appel à la modernisation a été lancé vers le gouvernement pour financer l’automatisation des activités du centre, tandis que les partenaires internationaux (OMS, Moov Africa, BOA) sont sollicités pour un appui technique, matériel et financier accru.
Pour lier la parole aux actes, une grande collecte spéciale a débuté à Lomé et va se déployer dans les villes de l’intérieur du pays, doublée de campagnes de sensibilisation. Vingt-deux ans après l’instauration de cette journée par l’OMS en 2004, le Togo se rappelle que chaque minute compte. Car si le sang est un tissu biologique fluide, il reste avant tout le véhicule le plus direct de notre fraternité.









