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Centre Hospitalier Régional de Garoua :Les pratiques transfusionnelles au cœur des échanges

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En prélude à la journée mondiale du donneur de sang, le Centre hospitalier régional de Garoua a organisé, le 11 juin 2026, un symposium consacré aux pratiques transfusionnelles qui a permis aux professionnels de santé d’actualiser leurs connaissances et de réfléchir aux défis liés à la transfusion sanguine.

Le silence qui régnait dans la salle de réunion du Centre hospitalier régional de Garoua a témoigné de l’intérêt porté aux différentes présentations. Ce jeudi 11 juin 2026, personnels de santé, direction de l’hôpital et invités ont pris part à un symposium scientifique organisé en prélude à la célébration de la journée mondiale du donneur de sang. Placée sous la modération du Pr Gake Bouba lui-même biologiste, cette rencontre avait pour fil conducteur les pratiques transfusionnelles, un sujet au cœur des préoccupations des formations sanitaires.

Au Cameroun, particulièrement dans les régions septentrionales, les besoins en sang demeurent importants alors que les réserves restent insuffisantes. La faible mobilisation des donneurs volontaires, souvent liée aux réticences des familles et à la persistance de nombreuses idées préconçues, complique davantage la prise en charge des patients nécessitant une transfusion. C’est dans ce contexte que le Centre hospitalier régional de Garoua a voulu offrir un cadre d’échanges scientifiques afin de renforcer les compétences des professionnels de santé et de promouvoir les bonnes pratiques.

La première communication a été présentée par le Dr Djenabou Figuim. La

biologiste s’est appesantie sur la médecine du don et les principes fondamentaux de la transfusion sanguine. Au-delà des aspects techniques, elle a insisté sur les nouvelles stratégies de mobilisation des donneurs de sang, rappelant que le don volontaire demeure encore insuffisant au Cameroun. Selon elle, la sensibilisation permanente des populations et le renforcement de la confiance envers les structures sanitaires constituent des leviers indispensables pour améliorer la disponibilité des produits sanguins.

Le deuxième exposé, assuré par le Dr Kuitchet Aristide, anesthésiste-réanimateur, a porté sur l’administration des produits sanguins labiles. Le spécialiste a détaillé les indications de la transfusion ainsi que les précautions à observer avant, pendant et après l’administration des produits sanguins. Il a particulièrement insisté sur les questions de savoir quand transfuser et comment le faire dans le respect des protocoles médicaux afin de limiter les risques pour les patients. Une intervention saluée par les participants pour son caractère pratique et pédagogique.

Le troisième exposé a été présenté par le Dr Tanisso Eugénie, en service à la Délégation régionale de la santé publique du Nord. Son intervention a porté sur l’hémovigilance. L’oratrice a expliqué les mécanismes administratifs qui encadrent les pratiques transfusionnelles, les procédures de traçabilité ainsi que les obligations des personnels de santé. Elle a également rappelé les sanctions prévues en cas de non-respect des normes en vigueur, soulignant que la sécurité transfusionnelle repose autant sur la rigueur médicale que sur le respect des exigences réglementaires.

À l’issue des différentes présentations, les participants ont largement profité de la phase d’échanges pour poser des questions aux exposants.

En clôturant les travaux, le Dr Amadou Louac, directeur adjoint du Centre hospitalier régional de Garoua, a rappelé la place stratégique qu’occupe la transfusion sanguine dans le fonctionnement de l’hôpital. Il a souligné que de nombreux patients, notamment les accidentés, les femmes confrontées aux hémorragies obstétricales et les enfants souffrant d’anémies sévères, dépendent quotidiennement de la disponibilité des produits sanguins.

Réaction : Pr Gake Bouba, Médecin Biologiste, Modérateur

« Il faudra rassurer la population pour leur dire que le don de sang c’est un acte patriotique »

Le thème qui a été développé, c’est en prélude à la Journée mondiale de la transfusion prévue chaque 14 juin. Alors, un constat s’est posé, c’est qu’aujourd’hui la pratique de dons de sang est difficile ici dans nos régions. C’est très peu, la population n’adhère pas trop. C’est la raison pour laquelle, il était question au niveau des formations sanitaires de sensibiliser déjà les fonctionnaires de la santé par rapport à la pratique de dons de sang et aussi les intervenants comme par exemple les agents de relais, la Croix-Rouge, etc. qui ont tous participé à ce symposium.

Il était question dans le premier temps de mettre un accent sur comment sensibiliser la population, comment les convaincre ? Il est à noter que le sang, c’est la vie comme l’eau et l’eau on ne la paye pas, on la donne à tout le monde. La même chose pour le sang, c’est pour cela que donner un peu de son sang est un acte, donc pas seulement républicain mais quelque chose de divin déjà. Et comme ça ne se paye pas, on le donne à tout le monde qui en a besoin.

Et c’est pour cela qu’on a expliqué aux professions de santé quelles sont les

personnes à moins de risque qu’il faut pour pouvoir maintenant donner du sang. Il a été aussi expliqué à la population par rapport à la pratique actuellement du don de sang. Nous avons les différents éléments partis du sang qu’il faut donner, beaucoup plus, et une poche de sang peut être donnée même à trois personnes différemment. Il faudra rassurer la population pour leur dire que le don de sang c’est un acte patriotique. Quand on donne du sang, on ne perd pas. Au contraire, nous sauvons des vies. Il faut dire qu’il y a un programme national aujourd’hui qui permet que le don de sang soit bien structuré, bien tracé et qu’à moindre erreur, on reconnaît le sang qu’il a donné. On sait ce qui s’est passé. Et d’ailleurs, il y a toute une loi, toute une procédure pour pouvoir donner du sang. On suit vraiment cela de près.

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Marcus DARE

Journaliste Reporter d'Images

Marcus DARE, Journaliste Reporter d'Images, exerçant dans la ville de Garoua dans le Nord Cameroun. Passionné des questions de santé, il mène des recherches et réalise des interview avec les professionnels du secteur afin d'éclairer les populations sur l'éducation à la santé. En plus d'être journaliste, Marcus DARE est juriste.

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