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Élimination de l’onchocercose et de la filariose : Le Cameroun évalue la feuille de route OMS 2021-2030

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Sous le leadership de la représentation de l’OMS Cameroun, les experts de la lutte contre l’onchocercose et la filariose lymphatique se sont réunis le 28 août 2026 au siège de l’OMS à Yaoundé pour faire le point sur l’élimination des maladies;

Globalement, le Cameroun est à 75 % du processus d’élimination de la filariose lymphatique comme problème de santé publique au Cameroun, dont 100 % des 149 districts de santé endémiques ont atteint l’arrêt des traitements ;

Le processus d’élimination de l’onchocercose est à 57 %, et requiert un plaidoyer institutionnel plus fort pour l’intensification des stratégies alternatives devant booster l’élimination de la transmission dans les 123 districts de santé endémiques.

Le Cameroun veut accélérer l’élimination des Maladies Tropicales Négligées ( MTN). Réunis le vendredi 28 août 2026 au siège de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à Yaoundé, les experts nationaux et partenaires engagés dans la lutte contre l’onchocercose et la filariose lymphatique ont procédé à un exercice d’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la Feuille de route OMS 2021–2030 sur les maladies tropicales négligées (MTN). Une étape stratégique destinée à mesurer les progrès accomplis, identifier les goulots d’étranglement et dégager les priorités pour les prochaines années. La Feuille de route de l’OMS appelle notamment à accélérer l’action programmatique, renforcer les approches transversales et accroître l’appropriation par les pays afin d’atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030.

Filariose lymphatique : 75 % du chemin parcouru

Premier motif de satisfaction : la filariose lymphatique. Selon les données présentées au cours de l’atelier, le Cameroun se situe à 75 % du processus d’élimination de la filariose lymphatique comme problème de santé publique.

Une performance qui repose sur une avancée majeure : 100 % des 149 districts de santé endémiques ont atteint le stade d’arrêt des traitements de masse depuis 2021, 99 % ont réussi l’enquête d’évaluation de la transmission 3 (TAS 3). Il ne reste plus que le district de santé d’Akwaya qui doit finaliser la boucle d’ici octobre 2026.

Le reste du travail réside sur l’intensification des activités de prise en charge de la morbidité (hydrocèle, lymphœdème) liée à la filariose lymphatique, donc le processus a été estimé à 65 % des attentes fixées par l’OMS. « Nous disposons aujourd’hui d’acquis importants. « L’enjeu est désormais de consolider ces résultats par une surveillance efficace et durable, afin de garantir que les progrès réalisés se maintiennent dans le temps », pourrait souligner la Représentation de l’OMS au Cameroun.

Onchocercose : le dernier kilomètre s’annonce décisif

Pour l’onchocercose, le niveau d’avancement est estimé à 57 %. Un résultat encourageant, mais qui révèle également l’ampleur des efforts encore nécessaires pour interrompre durablement la transmission. L’analyse des 123 districts de santé endémiques fait ressortir trois situations distinctes. 24 % des districts doivent réaliser les enquêtes épidémiologiques nécessaires à la décision d’arrêt des traitements. 56 % nécessitent une intensification des stratégies alternatives pour accélérer l’interruption de la transmission, tandis que 20 % doivent renforcer leur surveillance de proximité afin d’être conduits vers les enquêtes pré-stop.

« Nous sommes à un moment charnière. Pour l’onchocercose, nous devons passer d’une logique de maintien des interventions à une véritable accélération vers l’interruption de la transmission. « Cela exige un plaidoyer institutionnel plus fort et des investissements à la hauteur du défi », pourrait déclarer le Programme national de lutte contre l’onchocercose et la filariose lymphatique (PNLO). L’OMS souligne d’ailleurs que l’élimination de l’onchocercose nécessitera des partenariats mieux coordonnés, des solutions adaptées aux contextes nationaux et une intensification des approches transversales.

Financement : le talon d’Achille de l’élimination

Derrière ces progrès se dessine toutefois une préoccupation majeure : la disponibilité des ressources financières. Après plus de deux décennies d’interventions, la consolidation des acquis et l’accélération vers l’élimination nécessitent des financements prévisibles et durables. La mobilisation des ressources extérieures demeure donc essentielle, tout comme le renforcement du financement domestique. Autre défi : la co-endémicité avec la loase, qui complexifie les traitements de masse contre l’onchocercose en raison du risque d’effets indésirables graves chez les personnes fortement infectées par Loa loa. Le

Cameroun figure parmi les pays où cette co-endémicité constitue un enjeu important pour les programmes d’élimination.

Acteurs communautaires : un maillon à préserver

Au cœur du dispositif, les acteurs communautaires restent indispensables. Mais leur démotivation, liée notamment à la surcharge de travail et à une compensation jugée insuffisante, constitue une menace pour la pérennité des interventions. « L’élimination ne pourra être durable sans les communautés. Il est donc indispensable de renforcer la motivation, la reconnaissance et l’accompagnement des acteurs communautaires qui constituent le véritable bras opérationnel de nos interventions sur le terrain », rappelle le PNLO.

Barrages hydroélectriques : une nouvelle donne écologique

L’atelier a également mis en lumière un défi environnemental émergent : l’impact des barrages hydroélectriques sur la dynamique de transmission de l’onchocercose. La modification des écosystèmes autour de certains ouvrages pourrait favoriser la colonisation progressive de nouveaux sites par les simulies, vecteurs de l’onchocercose. Cette situation plaide pour une meilleure prise en compte de la dimension environnementale dans les stratégies d’élimination.

Vers une mobilisation multisectorielle

Face à ces défis, un consensus se dessine : l’élimination ne peut plus être l’affaire du seul secteur de la santé. La mobilisation des secteurs de l’environnement, de l’énergie, de l’hydraulique, des collectivités territoriales, de la recherche et du développement local apparaît désormais incontournable. À l’horizon 2030, le Cameroun devra donc transformer les acquis en accélération, les données en décisions et les engagements en financements.

Le message de l’atelier est clair : le Cameroun a parcouru une part importante du chemin. Pour atteindre l’élimination, il faut désormais sécuriser les acquis, intensifier les stratégies efficaces et mobiliser davantage de ressources. Le dernier kilomètre sera collectif.

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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