Le gouvernement camerounais, soutenu par l’OIM, l’ONACC, la COMIFAC et l’Union européenne, pose les bases de sa toute première Politique nationale migratoire. Un atelier de concertation stratégique s’ouvre ce 14 août 2026 à Yaoundé. Il a pour objectif majeur d’intégrer les défis environnementaux et protéger les populations face aux chocs écologiques.
C’est un tournant historique pour la gestion des flux migratoires en Afrique centrale. Ce vendredi 14 août 2026, la capitale camerounaise abrite un atelier de concertation de haute importance. Pour la première fois de son histoire, le Cameroun s’attelle à façonner une Politique nationale migratoire globale. La grande innovation de cette feuille de route réside dans sa capacité à lier de front deux problématiques indissociables du XXIe siècle : la mobilité humaine et les dérèglements climatiques.
Lier urgence climatique et déplacements de populations
Pendant longtemps, les politiques migratoires ont été pensées sous les seuls
prismes sécuritaire, économique ou humanitaire. Désormais, la donne a changé. Les inondations successives avec perte en vie humaines au compteur, la désertification galopante entrainant une baisse de production agricole et par conséquent la famine ; et l’amenuisement des ressources naturelles poussent chaque année des milliers de Camerounais à se déplacer, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières.
L’enjeu de ces assises de Yaoundé est donc double. Il s’agit d’une part de dresser un cadre légal pour mieux encadrer ces flux complexes des populations, et d’autre part de concevoir des mécanismes de protection spécifiques pour les territoires dits « vulnérables » face aux épidémies et pandémies qui sévissent en Afrique. En anticipant les chocs écologiques (les décideurs espèrent réduire la précarité des déplacés environnementaux et offrir des solutions durables aux communautés d’accueil.
Une synergie d’acteurs nationaux et internationaux
L’envergure de ce chantier a mobilisé une alliance inédite de partenaires. Autour du Gouvernement camerounais, on retrouve l’Observatoire National sur le Changement Climatique (ONACC), dont l’expertise technique sera cruciale pour cartographier les risques. La dimension sous régionale est quant à elle portée par la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC).
Sur le plan international, l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) apporte son appui stratégique, le tout soutenu financièrement et techniquement par les délégations de l’Union européenne. Cette synergie d’acteurs démontre que face à l’exode climatique, la réponse ne peut être qu’inclusive, transversale et résolument tournée vers l’avenir.









