C’est du moins ce que révèle la campagne de consultations gratuite de trois jours menée par Charity Assurance Medical Center avec le soutien du district de santé de Bonasama. Une formation sanitaire privée située au bloc 7 dudit quartier a ouvert ses portes au grand public du jeudi 23 au samedi 25 juillet 2026.
Dans les registres de consultations, 381 personnes au total ont été reçues. Dans un ordre aléatoire, le service ORL en a reçu 5. Le dentiste a vu 41 personnes devant lui. 58 sont passées en Ophtalmologie, 3 en cardiologie. 274 ont vu les médecins généralistes. 281 ont fait les tests de diabète. 262 tests de paludisme ont été réalisés et 176 l’ont été sur le Vih/Sida.
Dans le classement par ordre de valeur des maladies détectées, le paludisme vient en tête avec 42 cas positifs, suivi du diabète avec 5 cas positifs et le Vih/Sida avec 3 nouveaux cas. Pour les professionnels de la santé, c’est une indication de l’ampleur du mal : « ce que les responsables de Charity Assurance Medical Center viennent encore de faire là et les résultats qui y sortent renvoient un message clair. Les gens sont malades dans ce quartier. Je prends surtout le volet Sida et diabète qui sont des maladies chroniques. Pour le paludisme, le milieu est favorable pour le développement de la maladie. L’insalubrité crée un mauvais environnement. Je reste convaincu que si on fait le tour de blocs qui composent le Grand Hangar, on va trouver plus de personnes vivant avec le sida. On va trouver plus de diabétiques. On risque trouver beaucoup de décès », nous Michel Njoh Kokolo, infirmier major retraité
Pour Gilbert Bekuma, « les campagnes gratuites de dépistage constituent un piler majeur de la santé publique. Surtout dans un contexte où les systèmes de santé formels restent parfois difficiles d’accès et où la Couverture santé universelle est encore en cours de déploiement, ces initiatives de terrain jouent un rôle capital. Cela permet non seulement de lever la barrière financière, mais aussi et surtout de détecter tôt pour mieux guérir, du mois d’assurer la prise en charge précoce des pathologies comme l’hypertension artérielle, le diabète, le paludisme. Le dépistage gratuit permet de les repérer avant l’apparition de séquelles irréversibles. Dépister le Vih, permet d’initier rapidement les traitements antirétroviraux, stoppant ainsi la chaîne de transmission au sein de la
communauté. Donc c’est une initiative à encourager. Il faut que ce soit fait en permanence », dit le prof de philosophie
42 personnes traitées gratuitement pour le paludisme
Revenant sur l’importance de la campagne, Sévère Moulongo soutient que c’est un moment important pour sensibiliser la population avec en fond de toile, rompre les tabous et les chaines de la stigmatisation. C’est aussi un espace pour la promotion de l’hygiène de vie. Quand on vit avec le diabète par exemple, c’est une occasion pour conseiller les citoyens sur la nutrition, l’arrêt du tabac, l’activité physique et la gestion du stress.
En effet, reconnait cet infirmier en chef, « les dépistages gratuits ne se contentent pas de distribuer des soins ponctuels. Non ! Ils rapprochent la médecine des citoyens, réduisent les inégalités sociales de santé et sauvent des vies en transformant la réaction face à la maladie en prévention active », a-t-il laissé entendre.
A la fin, on a entendu une voix qui a dit toute sa satisfaction : « Vu les statistiques de la campagne, je suis satisfaite du fait qu’on a trouvé un bon nombre de personnes malades. On leur a donné le traitement gratuitement. 42 personnes traitées gratuitement pour le paludisme, et vraiment, je suis satisfaite. Et pour le reste, on a commencé immédiatement le suivi sur tous les malades dépistés avec les maladies chroniques telles que l’hypertension et le diabète. Nous les appelons pour s’assurer que les prescriptions que nous avions faites sont en train d’être respectées », a déclaré le Dr Emmerencia Bezejuh, promotrice de Charity Assurance Medical Center.
Et la campagne ne va pas s’arrêter-là : « Nous allons continuer à faire le suivi des malades, via les appels téléphoniques, les visites des ménages, pour s’assurer que ceux qu’on a dépistés sont en train de suivre nos consignes, et l’éducation en communauté aussi. Pour ceux dépistés du paludisme, si c’est dû à leur environnement qui est sale, nous allons leur montrer comment rendre l’environnement propre afin de réduire le nombre des moustiques. Et dans les prochains jours, nous organiserons une autre campagne vers la fin d’année, pour continuer notre bataille », a-t-elle dit pour conclure.
Alphonse Jènè















Comments are closed