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Hépatites B et C dans le Nord : Une menace qui gagne du terrain

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Avec une prévalence estimée à 18 %, supérieure à la moyenne nationale, les hépatites virales B et C continuent de progresser malgré les efforts de prévention et de dépistage.

Les hépatites virales B et C demeurent un problème majeur de santé publique dans la région du Nord. Qualifiées de maladies silencieuses en raison de leur évolution souvent sans symptômes, elles continuent de toucher un nombre n’important de personnes. Les données présentées récemment par les hépato-gastro-entérologues au cours d’un symposium organisé à Garoua à l’occasion de la journée mondiale contre les hépatites dressent un constat préoccupant. La prévalence cumulée des hépatites B et C atteint désormais près de 18 % dans la région, contre environ 12 % à l’échelle nationale.

Cette situation décrit une circulation importante des virus dans les communautés. Dans de nombreux cas, les personnes infectées ignorent leur statut sérologique pendant plusieurs années. Les diagnostics sont le plus souvent posés de manière fortuite, notamment lors des opérations de don de sang, des campagnes de dépistage ou encore au cours du suivi prénatal des femmes enceintes. Ces occasions permettent de découvrir des infections anciennes qui auraient pu évoluer vers des complications graves sans prise en charge.

Les statistiques des formations sanitaires illustrent cette réalité. En 2025, près de 10 % des personnes dépistées étaient porteuses de l’hépatite B, tandis que l’hépatite C représentait environ 3 % des cas. La tendance reste élevée en 2026. Jusqu’au mois de juin, 14 792 personnes ont été dépistées dans les formations de santé de la région. Parmi elles, 1 582 ont été déclarées positives, confirmant que les hépatites continuent de circuler activement.

L’une des principales préoccupations des autorités sanitaires concerne la transmission de la mère à l’enfant. Les femmes enceintes constituent aujourd’hui une cible prioritaire de la stratégie régionale de lutte. Les chiffres montrent une progression du taux de contamination chez cette catégorie. Il est passé de 4,9 % en 2023 à 5,82 % en 2024, un niveau qui s’est maintenu en 2025. Cette évolution laisse craindre une augmentation du nombre de nouveau-nés exposés au virus si des mesures supplémentaires ne sont pas rapidement renforcées. En 2026, les districts de santé de Lagdo et de Garoua II figurent parmi les plus touchés, notamment en ce qui concerne la transmission mère-enfant. Les spécialistes rappellent qu’une prise en charge précoce de la femme enceinte permet pourtant de réduire considérablement le risque de contamination du nouveau-né, grâce au dépistage, au suivi médical et à la vaccination dans les délais recommandés.

Face à cette menace, la région du Nord poursuit plusieurs stratégies alignées sur l’objectif mondial d’élimination des hépatites virales à l’horizon 2030. La priorité

est accordée à la prévention de la transmission mère-enfant, intégrée à l’approche dite de la triple élimination associant le VIH, les hépatites virales et la syphilis. Cette stratégie prévoit un dépistage systématique et gratuit des femmes enceintes afin d’identifier rapidement les cas positifs et d’assurer une prise en charge adaptée.

La collaboration entre le Programme régional de lutte contre les hépatites et le Groupement technique régional de lutte contre le sida contribue également à améliorer le dépistage et la connaissance du statut sérologique des populations. Des campagnes de sensibilisation sont organisées auprès des groupes les plus exposés, notamment dans les milieux où la consommation de drogues est plus fréquente, afin de limiter les comportements à risque et d’encourager le recours au dépistage volontaire. La vaccination constitue un autre pilier essentiel de cette lutte. L’introduction du vaccin contre l’hépatite B dans le Programme élargi de vaccination permet aujourd’hui de protéger les enfants dès leur plus jeune âge.

Malgré ces avancées, de nombreux obstacles persistent. Les zones rurales demeurent les plus vulnérables. Plusieurs formations sanitaires y fonctionnent sans spécialistes et connaissent régulièrement des ruptures de tests de dépistage ou d’autres intrants indispensables. À ces difficultés s’ajoutent les contraintes financières. Pour de nombreuses familles, le coût des examens complémentaires, du suivi biologique ou du traitement représente un frein important. Certains malades renoncent ainsi à consulter ou interrompent leur prise en charge, faute de moyens en faisant recours à la médecine traditionnelle.

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Marcus DARE

Journaliste Reporter d'Images

Marcus DARE, Journaliste Reporter d'Images, exerçant dans la ville de Garoua dans le Nord Cameroun. Passionné des questions de santé, il mène des recherches et réalise des interview avec les professionnels du secteur afin d'éclairer les populations sur l'éducation à la santé. En plus d'être journaliste, Marcus DARE est juriste.

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