Le gouverneur de la région du Littoral a procédé mercredi 28 mai 2025 au lancement de la 1ʳᵉ semaine d’action de santé et de nutrition infantile et maternelle couplée aux 2ᵉ journées nationales de vaccination de riposte à l’épidémie de poliomyélite au centre multifonctionnel de Mabanda, au quartier Bonabéri à Douala.
Des vitamines A et du vaccin NPOV 2 pour les enfants de 0 à 5 ans, ainsi que le traitement préventif intermittent du paludisme chez la femme enceinte dans les formations sanitaires, sont les propositions de cette campagne devaccination ciblée étendue sur tout le territoire national. Dans la région du Littoral, le gouverneur Dieudonné Ivaha Diboua a procédé au lancement de la 1re semaine d’action de santé et de nutrition infantile et maternelle (SASNIM) couplée aux 2es journées nationales de vaccination (JNV) de riposte à l’épidémie de poliomyélite.
La cérémonie qui s’est déroulée mercredi 28 mai 2025 au centre multifonctionnel de Mabanda au quartier Bonabéri dans le quatrième arrondissement de la ville de Douala a réuni une centaine de femmes et d’enfants. Consciente du rôle que joue la vaccination, Nadia Azebaze, maman d’un nouveau-né de quelques semaines, est heureuse de se joindre à l’initiative. « Je suis venue pour le premier vaccin de mon enfant et lui faire bénéficier aussi des autres vaccins disponibles, tous ces vaccins sont importants pour la santé de l’enfant », affirme-t-elle souriante.
Cette campagne de vaccination a pour but d’offrir un paquet d’interventions à haut impact pour contribuer à réduire la morbi-mortalité des femmes et des enfants. Afin d’obtenir une couverture adéquate lors de l’enquête de contrôle de la qualité des lots (LQAS) dans au moins 95 % des aires des districts de santé concernés et une proportion d’enfants manqués de moins de 5 % au monitorage indépendant (MI), le programme élargi de vaccination et ses partenaires, à savoir l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Helen Keller Intl, pour ne citer que ceux-ci, veulent : Assurer l’information effective d’au moins 95 % des parents sur les maladies cibles du PEV avec un accent sur la poliomyélite et sur les interventions offertes au cours des campagnes de riposte avant le passage des vaccinateurs dans les communautés ; vacciner 100 % des enfants de moins de 5 ans au nVPO2 ; assurer une gestion efficace des vaccins en ramenant 100% des flacons de nVPO2 à la fin de la campagne ; assurer la surveillance et la prise en charge de tout cas de MAPI ; vacciner ou référer tous les enfants de 0 à 5 ans manqués dans la vaccination de routine afin d’améliorer les couvertures vaccinales de la routine ; rechercher activement et notifier tout cas de paralysie flasque aiguë et autres maladies à prévention vaccinale sous surveillance en communauté ; supplémenter en Vitamine A au moins 95% des enfants âgés de 12 à 59 mois ; administrer le TPIg à au moins 60% de femmes enceintes dès la 13ième semaine de grossesse ; notifier tous les cas suspects de maladies à potentiel épidémique (poliomyélite flasque aiguë (PFA), Fièvre Jaune, Rougeole, Choléra, Tétanos Néonatal (TNN), Monkey Pox (MPOX…) détectés au cours de la mise en œuvre de cette activité ; assurer l’information d’au moins 95% des populations sur les interventions de la campagne ainsi que sur les avantages de la CSU Phase I et la nécessité de se faire enrôler.
A lire aussi: Nord et Extrême-Nord : 750 enfants ciblés pour le traitement du pied bot
À noter que le SASNIM 1ᵉʳ tour couplé aux JNV est synchronisé avec les pays du bassin du lac Tchad dans les 10 régions. Malgré l’acquisitiondu statut de « pays libre de poliovirus sauvage » par le Cameroun en 2020, le pays fait face à plusieurs épidémies de poliomyélite dues au poliovirus variant. De plus, on note une augmentation du nombre de cas de poliovirus variant enregistrés dans le monde et dans les pays tels que le Nigéria, le Tchad, la RCA avec lesquels le Cameroun partage ses frontières. Ainsi, le risque d’importation persiste. Il est donc plus que nécessaire de poursuivre la vaccination contre la poliomyélite. Car « une chose est d’être déclarée et une autre chose est de maintenir ce statut », argumente Dr Magaran Bagayoko Monzon, représentant résident OMS Cameroun.
Ghislaine DEUDJUI
Réactions
« La mobilisation des ressources requiert la contribution de tous. »

« Au Cameroun, la situation épidémiologique de la poliomyélite est sous contrôle, mais cette situation n’est pas tout à fait stable. De 2023 à nos jours, nous avons recensé une vingtaine de cas de poliovirus circulant dérivés de la vaccination. » Les cas récents ont été rencontrés à Kousséri, Douala et Ngaoundéré urbain à travers la surveillance environnementale, et cette situation requiert un engagement. Selon les standards opérationnels de l’OMS, une riposte farouche est importante. C’est dans ce cadre que se situe la présente campagne de vaccination. Cette campagne consiste à vacciner 100 % des enfants de 0 à 59 mois, à assurer une gestion efficace et saine du vaccin, à assurer la surveillance et la riposte de toutes les manifestations indésirables post-vaccination, à vacciner tous les enfants de 0 à 59 mois et les enfants qui ont manqué la vaccination de routine afin d’améliorer la couverture vaccinale. Il s’agit aussi de supplémenter en vitamine A au moins 95 % des enfants âgés de 12 à 59 mois. « Il y a des défis liés au financement et à la mobilisation des ressources qui requièrent la contribution de tous. »
« Chaque capsule administrée est un geste de prévention. »

« En tant qu’organisation engagée depuis près de 30 ans au Cameroun dans la promotion de la nutrition et de la santé infantile, Helen Keller concentre son appui sur la lutte contre la malnutrition et la supplémentation en vitamine A. » Nous réaffirmons ainsi notre engagement total aux côtés du ministère de la Santé publique et de tous les partenaires afin que nous puissions atteindre l’objectif de supplémenter au moins 95 % des enfants âgés de 12 à 59 mois. Chaque capsule administrée est un geste de prévention, une barrière contre les formes graves d’infections, une chance de survie en plus pour nos enfants. Pourtant, malgré les progrès réalisés grâce aux campagnes biannuelles, nous faisons aujourd’hui face à un défi majeur : rendre cette intervention routinière, pour qu’aucun enfant ne soit oublié entre deux campagnes. Ce changement exige un engagement collectif, des ressources adaptées et une volonté politique ferme. »
Propos recueillis par Ghislaine DEUDJUI














Comments are closed