Les chiffres présentés montrent une légère baisse de la prévalence du VIH, passant de 2,7% à 2,3% sous réserve des résultats de l’enquête CAMPHIA lancée en août 2024. Des données rendues publiques lors de la première réunion statutaire du Comité National de Lutte contre le Sida, tenue ce 23 avril 2025 à Yaoundé, sous la présidence du ministre de la Santé publique.
Un an après sa prise de fonction à la tête du Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS), Le Dr Joseph Fokam a exposé le plan de travail annuel de l’institution pour l’année en cours. Placé sous la présidence du Ministre de la Santé Publique, Manaouda Malachie, par ailleurs, Président du CNLS, cet événement a réuni l’ensemble des partenaires techniques et financiers engagés dans la riposte nationale contre le VIH/Sida.
Lors de cette réunion, Manaouda Malachie a déclaré, « nous sommes là dans le cadre d’une première session statutaire 2025 de notre comité national de lutte contre le VIH… nous pensons que l’épidémie est toujours sous contrôle ». Selon les chiffres présentés, la prévalence du VIH a légèrement baissé, passant de 2,7% à 2,3% ou 2,4% sous réserve des résultats de l’enquête Camphia lancée en août 2024). Selon le Dr Joseph Fokam, Secrétaire permanent du Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS), en 2024, une avancée significative est observée : 485 384 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) connaissent leur statut sérologique. Parmi elles, 454 578 bénéficient d’un traitement antirétroviral (TARV), une étape essentielle pour améliorer leur qualité de vie et réduire la transmission du virus. Ces chiffres, bien que prometteurs, masquent des réalités plus nuancées qui nécessitent une attention particulière.
L’analyse des données révèle que la majorité des personnes sous TARV se situe dans la tranche d’âge des 25-49 ans, et une proportion significative est constituée de femmes. Cette observation souligne l’importance d’adapter les stratégies de prévention et de prise en charge aux spécificités de ces populations. Par ailleurs, une disparité géographique notable émerge : les régions du Centre (avec 26,1%) et du Littoral (16,0%) concentrent la plus grande partie des patients sous ARV. Cette concentration pourrait indiquer des inégalités dans l’accès aux services de santé et au traitement dans d’autres régions du pays.
Un indicateur crucial de l’efficacité de la prise en charge est la suppression de la charge virale. Au niveau national, 94,1% des patients ayant effectué au moins une charge virale ont vu leur virus supprimé, un résultat encourageant qui témoigne de l’efficacité des régimes de traitement disponibles. Cependant, un point d’alerte subsiste : seulement 24,5% des PVVIH ont réalisé au moins une charge virale. Ce faible taux met en évidence un défi majeur dans le suivi virologique des patients, essentiel pour garantir l’efficacité à long terme du traitement et identifier d’éventuels échecs thérapeutiques.
Enfin, il est important de souligner le rôle des Organisations à Base Communautaire (OBC) dans l’effort de prise en charge. En 2024, 27 360 patients ont été ravitaillés en médicaments antirétroviraux par ces structures, démontrant leur contribution essentielle dans la décentralisation de l’accès au traitement et le soutien aux patients au sein de leurs communautés. Si les chiffres de la prise en charge du VIH au Cameroun en 2024 témoignent d’une progression notable, des efforts soutenus sont indispensables pour améliorer l’accès au dépistage, augmenter le taux de suivi de la charge virale sur l’ensemble du territoire, et réduire les disparités géographiques et générationnelles. Un engagement continu de tous les acteurs, y compris le gouvernement, la société civile et les partenaires internationaux, est essentiel pour atteindre les objectifs de contrôle de l’épidémie et garantir une vie saine et productive à toutes les personnes vivant avec le VIH au Cameroun.
Pour faire face à ces défis, le gouvernement a anticipé cette situation depuis la fin de l’année 2024 et a pris des mesures pour assurer la durabilité de la lutte contre le VIH. Un plan de mitigation est en cours, et le ministre a rassuré les compatriotes en disant, « nous allons prioriser d’autres actions, nous allons essayer de mutualiser… sur le terrain, il ne devrait pas y avoir de changement, parce que nous allons continuer à apporter ». Le ministre a également souligné l’importance de continuer à diagnostiquer et à mettre la pression sur la maladie pour atteindre l’objectif d’éradication à l’horizon 2030.
Elvis Serge NSAA















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