Le Directeur Général du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé (CHUY) a reçu le prix du Meilleur manager des hôpitaux le week-end dernier à l’occasion de la 4ème édition des Awards de l’Avenir au Hilton Hôtel de Yaoundé ;
Seul responsable à avoir dirigé successivement deux formations sanitaires de première catégorie à ce jour au Cameroun, à savoir : l’hôpital Général de Yaoundé et le CHUY, il se présente comme un modèle à suivre dans la gestion du personnel médical et la prise en charge des patients ;
Nommé depuis le 25 novembre 2024 à la tête du CHUY, il a entrepris plusieurs reformes avec notamment : la mise en place et la rénovation de la colonne endoscopie digestive, du service des Urgences ainsi que la création d’un espace pour les gardes malades et une modernisation de la morgue.
C’est sans aucun doute l’une des figures emblématiques de la Santé Publique au Cameroun. Pr Vincent de Paul Djientcheu, puisqu’il s’agit de lui, a remporté le prix du meilleur Manager des Hôpitaux Publics au Cameroun pour le compte de l’année 2024 à l’occasion de la 4ème édition des Awards de l’Avenir. Un événement placé sous le haut parrainage du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi. Cette distinction de plus récompense ainsi les efforts fournis depuis le début de sa carrière par ce haut responsable de l’administration Cameroun.
Nommé par décret présidentiel le 25 novembre 2024 à la tête du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé en remplacement du Pr Ntonne, il a été officiellement installé dans ses fonctions de Directeur Général le 5 décembre 2024 par le Ministre de la Santé Publique, le Dr Malachie Manaouda avec pour principale mission de consolider les acquis de cette formation sanitaire et d’améliorer les conditions de travail du personnel ainsi que la prise en charge des patients.

Immédiatement, il prend le taureau par les cornes et entame des réformes multiformes dans les différents secteurs du Centre Hospitalier Universitaire Yaoundé. Au bout de quelques mois, les résultats sont probants. Cela se démontre à travers l’amélioration des conditions de travail du personnel grâce au paiement régulier des quotes-parts et des salaires de tout de le personnel. En bon père de famille, il veille également au confort de son personnel et des patients à travers le renforcement des mesures d’hygiène au sein du CHUY. La construction et la rénovation des services sont également au cœur des préoccupations du top management.
C’est ainsi que plusieurs chantiers ont été entrepris notamment : la mise en place de la colonne endoscopie digestive ou la réhabilitation du service des Urgences. La modernisation de la morgue, avec pour innovation la construction d’un box pour un corps et l’agrandissement de la capacité d’accueil de la chapelle mortuaire, qui passe de 90 places assises à 300 places font de cet espace du CHUY l’un des plus prisés au Cameroun. Déterminé à révolutionner la prise en charge des patients, le Pr Vincent de Paul Djientcheu a également entrepris de créer un espace spécial pour les gardes malades au CHUY. Cet ensemble de mesures prises par le Pr Djientcheu et son équipe favorise le retour des patients et l’augmentation des recettes qui ont doublé voire triplé. Le travail abattu en quelques mois par le Pr Vincent de Paul Djientcheu au CHUY viennent ainsi confortés les efforts qu’il avait déjà fourni en tant que Directeur Général de l’hôpital Général de Yaoundé du 2 juillet 2018 au 25 novembre 2024.
Né le 9 janvier 1966 à Banka, département du Haut Nkam, région de l’Ouest Cameroun, le Pr Vincent de Paul DJIENTCHEU s’affirme comme une figure emblématique de la médecine. Diplômé en médecine en 1991, il s’est spécialisé en neurochirurgie en Suisse, en Belgique et en Allemagne. Son expertise couvre également la neurochirurgie pédiatrique et la microchirurgie. En tant que Professeur agrégé, il est reconnu pour son engagement dans la recherche scientifique et la formation des futurs médecins.
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Au-delà de ces fonctions, son parcours professionnel est riche et varié. Il a débuté sa carrière à l’hôpital de Yagoua de 1991 à 1993, avant de diriger le service de neurologie et de traumatologie de l’Hôpital Central de Yaoundé de 2014 à 2018.
Junior NTEPPE KASSI
Interview
« Je suis très heureux d’avoir obtenu cette récompense »

Dans un entretien exclusif, le Directeur Général du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé (CHUY), Pr Vincent de Paul Djientcheu, s’exprime au sujet de sa distinction obtenue aux Awards de l’Avenir. Il parle également des grandes avancées enregistrées depuis son arrivée à la tête du CHUY.
Comment avez-vous accueilli ce prix remporté aux Awards de l’Avenir organisés le week-end dernier à Yaoundé ?
Je l’ai accueilli avec beaucoup de joie. Je suis très heureux d’avoir obtenu cette récompense. Ça montre que ce que nous faisons, ça ne passe pas inaperçu et qu’il y a des gens qui remarquent, et qu’il ne faut jamais se décourager dans la vie. Il faut travailler. Qu’il y ait un retour financier ou pas, il faut travailler. Parfois, la reconnaissance comme ce prix est supérieure à une reconnaissance financière.
Quelles sont les grandes avancées enregistrées depuis votre arrivée au CHUY ?
Je pense que le CHUY est en train de décoller, ça se voit. Quand vous faites le tour dans la cour, vous voyez que les patients reviennent. Quand vous allez à la caisse, vous voyez qu’il y a un fil d’attente, ça veut dire que les patients reviennent. Et nous voyons également nos chiffres augmentés.
Nous donnons de plus en plus de soins spécialisés. Nous élargissons nos types de soins. Ce qui est apprécié par les observateurs. Et ça demande beaucoup de travail, bien entendu. Vous savez que l’élément important pour faire décoller une structure, une organisation, ce sont les ressources humaines. Une ressource humaine motivée vaut de l’or. Ce qui fait que quand vous gérez une structure comme celle-ci, il faut mettre un accent. Les salaires doivent être payés à temps. Quand il y a des entrées, il faut les redistribuer.
Les quotes-parts doivent être vraiment respectées. Ici, nous les respectons. Nous allons jusqu’au plafond de ce que l’État autorise à donner au personnel comme quote-part. Nous avons créé une commission. C’est une commission indépendante. Je n’y suis pas membre. Il y a mon adjoint, il y a le directeur médical, l’informaticien, et puis d’autres personnes qui calculent les quotes-parts. Le résultat est présenté et je valide.
Il faut vraiment prendre soin du personnel. Un personnel motivé, c’est vraiment la clé du succès. Et aussi, il faut valoriser chaque personnel dans son secteur. Je dis toujours, qu’aucun personnel n’est mauvais. Chaque personnel a plusieurs faces. Il y a des faces qui brillent moins, mais il y a d’autres faces qui brillent plus. Lorsqu’un personnel ne donne pas le résultat, c’est que vous n’avez pas exploré jusqu’à le mettre là où il est excellent. Ça, c’est fondamental. Donc, tout personnel doit se sentir à l’œuvre, à la tâche. Et aussi, le sentiment d’appartenance. Chaque personnel doit se sentir de la structure.
Quand j’arrivais ici, j’ai trouvé des brancardiers non habillés, des vigiles qui sont là et des agents de surface affichant un visage peu reluisant. Aujourd’hui, c’est tout le contraire. Tout le monde est bien habillé et ils sont bien traités. Cela renforce le sentiment d’appartenance à la structure. C’est très important, quelle que soit sa catégorie professionnelle. Quand vous avez la gestion d’une structure comme celle-ci, vous devenez le père de tout le monde. Quelle que soit son origine ethnique, quelle que soit son appartenance linguistique, quelle que soit sa religion et quel que soit son genre, tout le monde doit se reconnaître en vous, dans tout ce que vous faites même au niveau des recrutements.
Au niveau des promotions, chacun doit se retrouver. Au niveau de la répartition des tâches, au niveau même de la proximité avec le personnel, chacun doit également se retrouver. Et il est important de devenir le père de tout le monde, même si parfois vous n’êtes pas plus âgé que tout le monde.
Il faut investir dans le plateau technique. Et je profite pour dire aussi merci à ma hiérarchie, ma tutelle, le ministère de la Santé publique qui ne cesse de nous accompagner dans cette tâche. Il y a certains investissements qui ressortent du domaine de l’institution, Mais, il y a d’autres investissements qui nécessitent un soutien. C’est-à-dire, de par son coût élevé, il faut un soutien de l’État du Cameroun.
Quels sont vos attentes vis-à-vis de l’État ?
Il faut investir au niveau du plateau technique. Le choix des équipements, le choix des infrastructures est aussi fondamental. Il y a certaines choses qui doivent passer avant d’autres, et pas l’inverse. Donc, il faut opérer de bons choix. Je peux dire globalement que c’est l’ensemble de ces mesures. C’est cette vision qui permet aujourd’hui qu’on regarde le CHUY qui renaît véritablement.
Monsieur le Directeur, peut-on dire que le taux de fréquentation du CHUY a augmenté depuis votre arrivée ? Qu’est-ce qui a changé ?
Oui ! La fréquentation a été multipliée par trois. Et les chiffres également ont été multipliés par trois. Quand vous parcourez l’hôpital, vous observez une amélioration de l’hygiène et de l’assainissement. Quand vous passez dans les couloirs, c’est propre. Quand vous passez dans les toilettes, c’est propre. Nous demandons au personnel dédié à cette activité de faire le tour tous les 30 minutes dans les toilettes. J’avoue que ce n’est pas facile parce que généralement, nous avons affaire à des patients qui viennent des coins divers et qui n’ont pas le même comportement vis-à-vis des outils modernes. Parfois, de temps en temps, il faut enlever des serviettes hygiéniques qui ont bouché des canalisations par ici et d’autres. Mais nous sommes là pour accueillir tout le monde. Et puis les espaces libres dans les services, on n’avait pas suffisamment de lits. On a décidé de refaire d’autres.
Qu’est-ce qui est fait en ce moment ?
Actuellement, nous sommes en train d’installer notre colonne d’endoscopie. Donc désormais, au CHU, l’endoscopie digestive devient une réalité. Avec l’équipement qu’on est en train d’installer, des gastroscopes, des colonoscopies, désormais c’est une réalité. Vous allez observer aussi que nous luttons contre, je ne peux pas dire divagation, mais vous savez que les gardes malades chez nous en Afrique, on ne peut pas s’en passer. Ils sont là, ils nous sont utiles. Mais en retour, on essaie de les canaliser, pour qu’ils ne soient pas partout. Et à tout moment, il y a des heures de soins, il y a des espaces d’intimité des patients. Il faut respecter tout cela.
Nous sommes en train de nous battre pour vraiment améliorer un espace pour eux. Ce que nous appelons communément salle de garde malade. Vous allez voir le service d’accueil des urgences qui a été fermé pendant un temps pour être rénové. Désormais, tout est prêt. Et puis le service d’imagerie qui s’est modernisé. Car, nous offrons presque tous les soins maintenant. Le scanner est fonctionnel, l’IRM est fonctionnelle, les échographes sont là. S’agissant du Laboratoire, c’est vraiment notre force. On a acquis quelques automates, on a renforcé notre système de travail, on s’est réorganisé. Et surtout, nous avons signé un partenariat avec le Centre Pasteur. Au début, ce n’était pas facile, parce que quand vous prenez un laboratoire et que vous ne pouvez pas réaliser tous les examens, ça devient très difficile de retenir les patients.
Avec la convention que nous avons signée avec le Centre Pasteur, ça nous a permis de retenir tous nos patients. Et ça nous a permis de nous améliorer aussi. Actuellement, nous arrivons à faire presque 90 % des examens de laboratoire. Nous avons signé également un partenariat avec un laboratoire en France, où c’est vraiment un partenariat gagnant-gagnant. Nous n’avons pas tout ce qu’il faut en matière de maladie tropicale. Donc, c’est un échange gagnant-gagnant.
Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI













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