Depuis le 3 juin dernier, une petite révolution silencieuse mais salvatrice s’opère dans les services d’accueil des hôpitaux publics béninois. Grâce au fonds de roulement d’un milliard de FCFA débloqué par le gouvernement, la barrière financière ne constitue plus un frein à la survie des patients en détresse.
« Une vie ne doit pas dépendre de la capacité immédiate à payer. » C’est fort de ce principe que l’exécutif a concrétisé, début juin, l’une des réformes sociales les plus attendues par les populations : la prise en charge immédiate et sans condition des urgences vitales.
Une réalité concrète dans les centres de santéSi l’annonce en Conseil des ministres a marqué les esprits, c’est sur le terrain que la mesure prend tout son sens. Dans les grands centres de référence, à l’instar du Centre National Hospitalier et Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) et de l’Hôpital de la Mère et de l’Enfant (HOMEL) à Cotonou, le dispositif est désormais pleinement opérationnel.
Concrètement, le principe « on soigne d’abord » est devenu la norme. Face à une crise cardiaque, une hémorragie post-accouchement, une convulsion ou une hypoglycémie sévère, les équipes médicales n’attendent plus aucun dépôt préalable. L’accès aux salles de déchocage et aux soins de réanimation est immédiat.Des médicaments prépositionnés pour gagner de précieuses minutes Pour garantir l’effectivité de cette réforme, le gouvernement n’a pas seulement supprimé l’exigence de paiement ; il a sécurisé la chaîne de soins.
Le fonds d’un milliard de FCFA permet aux établissements de maintenir, au sein même des services d’accueil, un stock permanent de médicaments, de consommables et de kits de réanimation. « L’objectif est de réduire drastiquement les délais d’intervention », explique-t-on du côté des autorités sanitaires. En prépositionnant ces intrants indispensables, les hôpitaux évitent les pertes de temps fatales liées aux formalités administratives ou à l’achat différé de produits de première nécessité.
Une réforme intégrée dans la protection socialeCette mesure d’urgence ne vit pas isolée ; elle constitue une pierre angulaire du déploiement de l’assurance maladie obligatoire. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, précise le mécanisme : si les soins de réanimation sont couverts par le panier de soins de base pour les 48 premières heures, la mesure actuelle suspend toute exigence du paiement du « ticket modérateur » (les 20 % à la charge du patient) au moment de l’admission.
Le patient ou ses proches ne seront invités à régulariser leur situation qu’à la fin du séjour.De son côté, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, insiste sur l’importance de pérenniser ce mécanisme : « Il s’agit de lever les freins à la prise en charge tout en responsabilisant les usagers pour garantir la survie du système sur le long terme. »A travers cette initiative, le gouvernement béninois affirme sa volonté de bâtir une couverture sanitaire plus inclusive.
En faisant de l’urgence vitale une priorité absolue, le pays se dote d’un bouclier sanitaire qui, chaque jour, sauve des vies là où, hier encore, l’incertitude financière pouvait s’avérer dramatique.







