À l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, l’école du Centre de transit du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR) de Méri a rouvert ses portes. Pour les enfants issus de l’environnement de Boko Haram, le chemin de l’école représente bien plus qu’un retour en classe : il constitue une étape essentielle vers la reconstruction, l’éducation et un avenir éloigné de l’extrémisme violent.
Les salles de classe du Centre de transit du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR) de Méri ont de nouveau accueilli leurs apprenants ce lundi, à l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027. Dans ce centre situé dans la région de l’Extrême-Nord, cette reprise des classes revêt une signification particulière.
Pour ces enfants issus de l’environnement de Boko Haram, le retour sur les bancs de l’école ne se limite pas à l’acquisition des connaissances fondamentales. Il s’inscrit également dans un processus de reconstruction personnelle et sociale, tout en participant à la lutte contre une idéologie extrémiste qui a longtemps rejeté l’école moderne.
L’éducation apparaît ainsi comme l’un des instruments essentiels de prévention contre l’extrémisme violent. En donnant à ces enfants l’accès au savoir, à la citoyenneté et à de nouvelles perspectives, le dispositif mis en place au Centre de transit de Méri ambitionne de contribuer à leur réintégration et à la préparation d’un avenir différent.
Il y a six ans, le CNDDR procédait à l’ouverture d’une école au sein du Centre de transit de Méri. Une initiative dont les premiers résultats commencent aujourd’hui à se matérialiser.
Quatre premiers candidats présentés au Certificat d’études primaires (CEP) ont été admis et ont ensuite intégré le Lycée technique de Méri en première année. D’autres apprenants ont également franchi avec succès les différentes étapes de leur parcours scolaire et poursuivent désormais leur formation.
Ces résultats constituent une source de satisfaction pour les responsables du centre et les partenaires engagés dans l’encadrement des enfants. Ils témoignent surtout de la possibilité, pour des jeunes ayant grandi dans un environnement marqué par la violence et l’influence de l’extrémisme, de retrouver progressivement le chemin d’une vie normale.
Pour le chef du Centre de transit de Méri, Oumar Bichair, l’éducation demeure une réponse fondamentale aux conséquences de l’idéologie véhiculée par Boko Haram.
« Donner accès à l’éducation à ces enfants, c’est leur offrir une nouvelle perspective et contribuer à reconstruire leur avenir », souligne-t-il.
Les responsables du CNDDR entendent démontrer que la réintégration passe aussi par l’accès aux services sociaux de base, notamment l’éducation. L’école devient ainsi un espace de reconstruction, d’apprentissage et de préparation à l’avenir.
Cette démarche est également présentée comme une illustration de la politique de main tendue prônée par le président de la République, Paul Biya, à l’endroit des Camerounais ayant quitté les rangs des groupes armés et choisi de s’engager dans un processus de retour à la paix.
Une rentrée sous le signe de la prévention sanitaire
La rentrée scolaire intervient par ailleurs dans un contexte de vigilance sanitaire dans la région de l’Extrême-Nord. Plusieurs mesures ont ainsi été prises avant et pendant la reprise des cours afin de préserver la santé des apprenants et du personnel éducatif.
Le Centre de transit a notamment fait l’objet d’une désinfection avant la rentrée. Des actions préventives contre le choléra ont également été menées, tandis que les élèves ont été sensibilisés au respect des règles d’hygiène.
Ces dispositions s’inscrivent dans une démarche visant à garantir un environnement d’apprentissage sain et sécurisé pour les enfants.
Pour ce premier jour de classe, le taux de présence a été estimé à 65 %. Au total, 184 élèves ont effectivement rejoint les salles de classe, où les enseignants étaient disponibles pour assurer la reprise effective des enseignements.
Les responsables du centre affirment avoir mobilisé les moyens nécessaires pour garantir la continuité des apprentissages tout au long de l’année scolaire.










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