« Le fait qu’une plante soit naturelle ne signifie pas qu’elle soit inoffensive », prévient Germain Nkoumou, naturopathe face à l’automédication des plantes médicinales.
Il y a quelques semaines, Sophie, 42 ans, a voulu soigner une fatigue persistante en suivant une recette miracle partagée sur les réseaux sociaux : une décoction concentrée de plantes présentée comme un « détoxifiant puissant ». Dès le deuxième jour, de violentes douleurs abdominales et des nausées l’ont contrainte aux urgences. Bilan : une atteinte hépatique aiguë causée par une mauvaise utilisation de la plante. Un réflexe d’automédication banal qui aurait pu lui coûter cher.Ce cas est loin d’être isolé. Si la médecine traditionnelle et la phytothérapie séduisent de plus en plus pour leur approche naturelle, elles ne sont pas dénuées de risques lorsqu’elles sont pratiquées sans encadrement.L’illusion de la sécurité naturelleLe fait qu’une plante soit naturelle ne signifie pas qu’elle soit inoffensive. Les plantes médicinales possèdent des principes actifs puissants qui obéissent à des protocoles de préparation et d’administration stricts.En effet, une mauvaise identification botanique, un surdosage, une interaction néfaste avec des médicaments conventionnels ou une utilisation inadaptée à un profil de santé spécifique, peuvent provoquer des effets secondaires majeurs. Les organes de filtration et d’élimination, en particulier le foie et les reins, sont les premières victimes de ces dérives. « Mon principal conseil est d’éviter de suivre des recettes trouvées sur les réseaux sociaux aveuglément ou transmises sans fondement », prévient Germain Nkoumou. Fort de son expérience sur le terrain, l’expert souligne la réalité des consultations : « Oui, j’ai déjà rencontré des personnes ayant présenté des troubles digestifs, des réactions allergiques ou une aggravation de leur état après une automédication à base de plantes. »A cet effet, pour garantir une utilisation sûre et thérapeutique des plantes, Germain Nkoumou recommande vivement de consulter un professionnel compétent en phytothérapie ou en naturothérapie avant d’entreprendre tout traitement. Cet accompagnement personnalisé est particulièrement indispensable pour les publics dits vulnérables notamment : les femmes enceintes et allaitantes ; Les enfants en bas âge ; Les personnes âgées ; Les patients souffrant de pathologies chroniques.Conduite à tenir en cas d’effet indésirableDonc, si vous suspectez une réaction anormale suite à la prise d’un remède à base de plantes, la réactivité est de mise. L’expert préconise une démarche en trois étapes : un, arrêter immédiatement la consommation de la plante incriminée. Deux, évaluer la gravité des symptômes ressentis. Trois, orienter la personne vers une structure de santé adaptée.De plus, si les signes cliniques sont importants, une prise en charge médicale rapide permettra de réaliser un nettoyage et une décontamination des organes cibles, notamment l’estomac, le foie et les intestins. La prudence et le respect du vivant restent donc, les clés d’une santé préservée.








