La Croix-Rouge Camerounaise et ses partenaires tirent les leçons du développement du premier Protocole d’Actions Précoces (PAP) contre les inondations fluviales dans les départements du Diamaré, Mayo-Danay et Logone-et-Chari. Objectif : finaliser et institutionnaliser un système qui permet d’agir avant la catastrophe pour sauver vies et moyens de subsistance. Deux jours de travaux à Yaoundé.
La Croix-Rouge Camerounaise (CRC) organise au Siège national de Yaoundé, un atelier sur les leçons apprises du Programme d’Actions Anticipatoires (PAP) pour les inondations. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du programme « Appui au réseau de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour intensifier l’action préventive », est soutenue par la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), la Croix-Rouge Italienne, le Centre Climatique et le gouvernement italien.
L’atelier de deux jours qui se referme ce 27 novembre 2025, a pour objectif principal d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre du PAP au Cameroun et de tirer les enseignements pour améliorer les interventions futures dans la région de l’Extrême-Nord, touchée régulièrement par des inondations fluviales.
Le Protocole d’Actions Précoces : agir avant la catastrophe
Selon ces experts, le PAP est un plan opérationnel prévalidé qui permet une réponse humanitaire avant qu’une catastrophe ne survienne. Il s’appuie sur des prévisions fiables, définit des seuils de déclenchement, un budget dédié et des activités concrètes à mettre en œuvre dès que les conditions sont réunies. Ces actions anticipatoires incluent, par exemple, la distribution d’espèces, le prépositionnement de stocks ou l’évacuation préventive.
Au Cameroun, le PAP inondations a été développé depuis 2023 dans les départements du Diamaré, du Mayo-Danay et du Logone et Chari. L’objectif est de réduire les impacts humanitaires, de renforcer les capacités locales et d’améliorer la coordination avec les autorités nationales et les acteurs humanitaires.
Des réalisations concrètes
Depuis le lancement du programme, plusieurs actions ont été menées : formation du personnel du siège national sur le mécanisme de l’action anticipatoire. Recyclage de 54 bénévoles et 9 superviseurs sur l’utilisation de l’outil Kobo Collecte. Identification, analyse et cartographie de 976 ménages dans les zones inondables. Listing et priorisation des actions précoces, budgetisation et simulation des déclencheurs. Ainisi que, le Renforcement de la coordination avec les partenaires nationaux et internationaux.
Le PAP a également été validé par le comité de la FICR et des MoU ont été signés avec le Ministère des Transports et le projet VIVALOGONE/SEMRY pour garantir la mise en œuvre opérationnelle.
La parole aux acteurs
Cécile Akame Mfoumou, Présidente nationale de la CRC, a ouvert l’atelier en soulignant : « Le protocole d’action précoce nous offre un cadre pour agir avant que l’incident ne survienne. Nous devons y travailler continuellement pour protéger des vies, des moyens de subsistance et préserver la dignité des familles. »
Abombo Ngono Daniel, point focal du projet Action anticipatoire pour les inondations, a rappelé que le PAP constitue un outil permettant à la CRC et aux acteurs humanitaires de se préparer en amont et de réduire les impacts des catastrophes.
Adesh Tripathee, chef de la délégation IDRC, a insisté sur l’importance de tirer les leçons des expériences passées : « Nous réfléchissons à ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné, et prenons les bonnes leçons pour améliorer les programmes futurs, notamment dans la région du Far North où les inondations de l’an dernier ont mis en évidence l’efficacité de l’action anticipatoire. »
Barbine Mbeng Emana , représentante de la Direction de la Protection Civile (DPC), a rappelé l’importance de l’action anticipatoire dans la politique nationale de protection civile : « Avant qu’une catastrophe ne survienne, il est essentiel de prendre des dispositions utiles pour diminuer son impact sur les populations. »
Adèle Cornaglia, représentante de l’Agence italienne de coopération pour le développement, a souligné l’engagement de l’Italie : « Renforcer la résilience des populations, c’est protéger leur avenir. Aucun acteur ne peut atteindre cet objectif seul. La coopération, la coordination et le travail d’équipe sont essentiels pour garantir des résultats durables. »
Perspectives et défis
L’atelier de Yaoundé vise à : Identifier les réussites, les défis et les innovations observées lors de la première phase du PAP. Recueillir les contributions des partenaires nationaux et internationaux. Tracer une feuille de route nationale pour rendre l’action anticipatoire durable et institutionnalisée.
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Les zones ciblées pour la mise en œuvre du PAP comprennent les départements du Diamaré, du Logone et Chari, ainsi que du Mayo-Danay. Les groupes de travail technique, composés de représentants des autorités locales, ministères sectoriels, organisations humanitaires et universitaires, ont permis de consolider les déclencheurs, l’analyse des risques et les actions anticipatoires.
Cécile Akame Mfoumou a conclu : « L’approche anticipatoire n’est pas seulement un concept ; c’est une responsabilité collective. C’est dans la transparence et la collaboration que réside la force de notre action humanitaire. »
Mireille Siapje














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