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Prise en charge de l’Autisme : l’Adamaoua face au défi du manque de personnel spécialisé et de financement

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La région du château d’eau du Cameroun est confrontée à un défi majeur dans la prise en charge des enfants autistes. En effet, il existe un manque criant de personnel de santé spécialisé pour prendre en charge ces cas. Les centres de prise en charge sont rares dans cette partie du pays, ce qui rend la situation encore plus difficile pour les enfants autistes et leurs parents.

Le Centre d’accompagnement pour enfants autistes Maria Belgrace de Ngaoundéré est l’un des rares établissements qui offre des services de prise en charge adaptés aux besoins spécifiques de ces enfants. Actuellement, huit enfants autistes bénéficient d’un accompagnement personnalisé dans ce centre. La responsable des lieux, Djouellah Carine, explique que son équipe offre des services de rééducation, d’éducation et de soutien, ainsi que des séances de partage avec les familles. Les approches thérapeutiques et pédagogiques utilisées sont individualisées et incluent la thérapie comportementale, la thérapie occupationnelle et la pédagogie spécialisée.

Djouellah Carine, qui est une institutrice de formation reconvertie en éducatrice spécialisée, prend en charge ces cas avec dévouement. Elle explique que son approche consiste à observer le comportement de l’enfant pour adapter les séances de travail à ses besoins spécifiques. “C’est selon son comportement qu’on peut attaquer une séance de travail avec lui”, précise-t-elle.

Malgré les efforts de cette équipe, le centre face à un autre défi majeur : le faible financement. En effet, les ressources financières sont limitées, ce qui rend difficile la prise en charge de ces enfants qui ont besoin d’un soutien spécialisé. Il est donc urgent de renforcer le personnel spécialisé dans la prise en charge de l’autisme et de trouver des solutions pour augmenter les financements afin de permettre à ces enfants de bénéficier des soins et de l’éducation dont ils ont besoin pour s’épanouir.

Le centre fait face à des défis importants, notamment un manque de financement, une insuffisance de formation chez les professionnels et une sensibilisation limitée au sein de la communauté à l’accès aux services de santé spécialisés. « On leur offre des conseils, des techniques éducatives, des ressources et un soutien émotionnel. Un parent qui arrive au centre le premier jour avec un esprit abattu, se demandant pourquoi cet enfant est arrivé à lui, peut trouver de l’aide. Dès qu’il arrive au centre, on lui donne des conseils », déclare-t-elle. En dépit de ces obstacles, des initiatives sont mises en place pour améliorer la qualité de vie des enfants autistes et soutenir leurs familles. Ces efforts visent à promouvoir l’inclusion et l’acceptation des personnes autistes et à leur offrir les moyens nécessaires pour atteindre leur plein potentiel.

Les enfants autistes et leurs proches dans l’Adamaoua en général et à Ngaoundéré en particulier vivent au jour le jour avec un pincement au cœur, victimes de rejet de la part de la société. Élodie, mère d’un enfant autiste âgé de 22 ans à Ngaoundéré, a raconté son calvaire dans un entretien avec nos confrères de la Cameroon Radio Television (CRTV), station régionale de l’Adamaoua. « J’ai reçu beaucoup de moqueries, et ces moqueries m’ont rendue plus forte encore. Et quand mes enfants allaient à l’école, ils marchaient avec moi, et ils venaient pleurer », déclare-t-elle. Elle poursuit : « Maman, quand nous marchons dans la rue, on se moque de nous. On dit que nous sommes avec un fou. Je leur ai dit que c’est moi qui ai accouché de cet enfant. Vous n’allez même plus vous stresser quand on se moque de vous. C’est Dieu qui m’a donné cet enfant ».

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Petit à petit, les parents et proches des enfants autistes sortent de leur silence et dénoncent le regard moqueur dont ils sont victimes. « Si je tombe sur quelqu’un qui est en train de fixer mon enfant, je me retourne et je le fixe de la même manière. Tu enlèves les yeux. Mais si c’est pour taper, lorsque tu as tapé sur mon enfant, je vais me battre pour défendre mon enfant », déclare une mère. Selon les parents qui souffrent en silence sans perdre espoir de voir leur lutte porter des fruits, la stigmatisation est un poids lourd à porter. « Ça me fait couler les larmes à chaque fois, même en allant au marché ou en l’accompagnant. Parfois, même si tu es dans un taxi, l’enfant veut s’asseoir, et tu vois ton voisin se retenir », déclare une autre mère.

La Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme est une occasion pour les communautés d’accorder la place qui sied aux enfants victimes de l’autisme. Dans la région de l’Adamaoua, il est urgent de renforcer l’effectif du personnel soignant afin d’éviter les longs déplacements à Yaoundé ou à Douala.

Jean BESANE MANGAM

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