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ENVIRONNEMENT

Projet UFA-REFOREST : 1 226 hectares de forêts restaurées au Cameroun

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Porté par l’Association Technique Internationale des Bois Tropicaux (ATIBT) et financé par l’Union européenne, le projet UFA-REFOREST s’achève après quatre ans d’une démarche pionnière associant sociétés forestières et communautés pour réconcilier production de bois et reboisement à grande échelle.

C’est une expérience inédite qui s’achève après quatre années de travail acharné dans les massifs forestiers camerounais. Là où l’exploitation sélective laisse parfois des cicatrices silencieuses, un projet financé par l’Union européenne a relevé un pari audacieux : prouver qu’il est possible, à grande échelle, de reconstituer le couvert forestier tout en maintenant la production de bois d’œuvre. Le projet (Reboisement dans les Unites Forestières d’Aménagement du Cameroun) UFA-REFOREST, porté par l’Association Technique Internationale des Bois Tropicaux (ATIBT), a permis de restaurer 1 226 hectares de forêts, dont 1 122 hectares par enrichissement de trouées d’abattage et 104 hectares par plantations en plein. Avec plus de 276 000 arbres plantés entre 2022 et 2025, le projet a démontré qu’une gestion durable des concessions forestières est non seulement possible, mais également reproductible.

Une approche inclusive au service de la forêt

Lancé début 2022 pour une durée de quatre ans, le projet UFA-REFOREST a mobilisé un large éventail d’acteurs autour d’un objectif commun : contribuer à la restauration du couvert forestier et au maintien des populations d’espèces commerciales dans les forêts de production du Cameroun. Quatre sociétés forestières bénéficient de ce programme, à savoir PALLISCO, AlpiCAM-GrumCAM, SEEF et SEFAC, aux côtés de partenaires techniques tels que

Nature+, Gembloux Agro-Bio Tech de l’Université de Liège et l’ENSET de l’Université de Douala. L’implication des communautés riveraines, incluant les femmes et les peuples autochtones, dans la collecte des semences et la production de plants en pépinière a constitué un gage de durabilité. Yanick Nkoulou, chef du projet UFA-REFOREST, insiste sur cette dimension collective : « L’approche participative et inclusive a été déterminante pour assurer la pertinence des actions, leur appropriation locale et leur durabilité ».

Des résultats concrets et une méthodologie éprouvée

En trois ans, le projet a encadré cinq pépinières fonctionnelles d’une capacité totale de 170 000 plants, avec une production annuelle de 140 000 plants. Au total, 490 000 plants ont été produits dans des pépinières modernisées. Trente-sept essences locales ont été valorisées, contribuant à la diversité écologique des plantations. Le choix des essences a obéi à des critères stricts : espèces à faible taux de reconstitution comme l’ab alé, l’ayous ou le moabi, essences à haute valeur de conservation telles que l’assaméla ou l’iroko, et essences commercialisables comme le sapelli ou l’okan. Yanick Nkoulou a présenté ces avancées lors de la Journée Internationale des Forêts 2025 à Douala, soulignant que les activités de plantation font partie des solutions pour assurer la pérennité de la ressource forestière au Cameroun. « La régénération naturelle à elle seule ne permet pas de reconstituer le stock forestier initial, ni de compenser l’écrémage génétique », explique-t-il. D’où la nécessité de recourir à la plantation d’arbres, une solution légalement préconisée.

Un modèle reproductible pour l’avenir

Au-delà des chiffres, le projet UFA-REFOREST a démontré la faisabilité technique et opérationnelle du reboisement à grande échelle en forêt de production. Les enseignements tirés de cette expérience pionnière font désormais l’objet d’une capitalisation à travers des publications scientifiques, des outils techniques et un vidéo-documentaire retraçant les étapes clés du projet. L’objectif est clair : partager les bonnes pratiques et encourager la réplication du modèle à l’échelle nationale et régionale. Alors que les enjeux de restauration forestière et de lutte contre le changement climatique s’intensifient, UFA-REFOREST s’impose comme une référence combinant production, conservation et inclusion socio-économique.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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