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Protection des enfants en ligne : Une leçon de plus pour les journalistes camerounais

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À Douala, des journalistes ont suivi un séminaire sur la protection des enfants en ligne, organisé par MTN Foundation et Plan International Cameroon. Magistrats et spécialistes ont rappelé les règles qui encadrent la publication d’images et de propos d’enfants dans les médias.

C’est avec une image d’une fille de 5 ans que le magistrat Ovono Xavier Ulrich a attiré l’attention des journalistes sur la protection des enfants en ligne. L’image a suscité des réactions parmi les journalistes réunis, vendredi dernier, au siège de MTN Cameroun, à l’occasion d’un séminaire de sensibilisation sur la sauvegarde et la protection des enfants en ligne.

La photo de cette fille avait circulé sur les réseaux sociaux plusieurs mois auparavant, dans le cadre d’une affaire qualifiée d’agression sexuelle dans un établissement scolaire au Cameroun. Influenceurs, lanceurs d’alerte, internautes et journalistes ont relayé l’information et partagé les images de cette fille et de ses parents, sans considération des risques pour l’avenir de l’enfant.

« Publier l’image d’un enfant sur les réseaux sociaux ou à la télévision est proscrit par la réglementation locale et internationale », déclare le magistrat, avant de rappeler que les droits des enfants sont précisés par la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE, Nations unies) et par la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, que l’Union africaine a adoptée en juillet 1990 et qui est entrée en vigueur le 29 novembre 1999. Cet instrument complète la CIDE en prenant en compte les valeurs culturelles, les traditions et le concept élargi de la famille en Afrique.

Dans sa présentation, Ovono Xavier Ulrich, procureur et président du CAMP (Club des Ambassadeurs de la Masculinité Positive), a attiré l’attention des journalistes sur l’intérêt supérieur de l’enfant. « L’intérêt supérieur de l’enfant est un principe qui oblige à placer le bien-être et les besoins de l’enfant au centre de toute décision qui le concerne », explique le magistrat.

Le Dr Jeannette Afounde, médecin de santé publique, soutient ces propos. Pour elle, les violences faites aux enfants offrent déjà un éclairage sur les rouages du traumatisme. À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’un milliard d’enfants de 2 à 17 ans subissent chaque année des violences physiques, sexuelles ou émotionnelles.

Au Cameroun, des alertes du Système des Nations unies, notamment le communiqué de l’ONU intitulé Violences faites aux enfants au Cameroun, mettent en évidence une recrudescence des agressions intrafamiliales et communautaires. Les statistiques du Ministère de la promotion de la femme et de la famille (Minproff) et des organisations de protection de l’enfance soulignent la vulnérabilité des mineurs. Plus de la moitié des enfants y subissent des formes de discipline recourant à la violence ou des châtiments corporels. Les filles restent quant à elles exposées aux violences sexuelles, un fléau que la situation sécuritaire aggrave dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Au regard de cette situation, le Dr Jeannette Afounde se prononce contre l’exposition en ligne ou en mondovision des enfants. De son côté, Josiane Nzouke, spécialiste de la sauvegarde et de la PSHEA à Plan International Cameroun, a insisté sur l’importance de protéger l’identité des enfants et des jeunes.

Les journalistes qui ont participé à cette rencontre estiment qu’elle leur a beaucoup appris. « À partir de la formation que nous avons reçue, les professionnels des médias devront désormais garder à l’esprit que, pour tout sujet relatif aux violences faites aux enfants, nous devons mettre en avant l’intérêt supérieur de ce dernier. Il faut toujours se poser la question suivante, est-ce que ce que je m’apprête à publier ou à diffuser sert l’intérêt supérieur de l’enfant, comme l’a recommandé le magistrat Ulrich Xavier Ovono Ondoua », affirme la journaliste Linda Mbiappa, avant d’ajouter, « Je salue la formation que la MTN Foundation et Plan International Cameroon ont organisée conjointement. Ce que je retiens est que, pour tout traitement de l’information en tant que journaliste, voici les bonnes pratiques à retenir. Ne pas publier l’image des enfants victimes de violences, ne pas rapporter les propos que des enfants ont tenus dans le cadre des reportages, ne pas interroger les enfants ni leur suggérer des réponses dans le cadre des reportages. »

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