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Rentrée scolaire 2026/2027 : les précautions à prendre pour l’enfant sur le plan sanitaire

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Le Réseau des parents et enfants du Cameroun (REPCAM) a organisé pour les mamans une causerie éducative le 16 août 2026 à la salle EKANG de la mairie de Yaoundé IV. Parrainée par le ministère de la Santé publique, le thème portait sur la préparation sanitaire de la rentrée scolaire en maternelle et primaire.

La rentrée scolaire frappe déjà à la porte et les préparatifs battent leur plein. Les vacances rythmées par les jeux, où les enfants couraient, se salissaient, et mangeaient parfois un peu de tout prennent fin dans deux semaines. Ces enfants vont donc passer d’un environnement à l’autre. Du jour au lendemain, il faut reprendre le chemin de l’école, côtoyer d’autres enfants, partager des espaces, respecter des horaires et passer plusieurs heures loin de la maison. Alors que les parents pensent aux fournitures, aux uniformes et aux inscriptions, la santé de l’enfant doit figurer au premier rang des préparatifs. C’est le message porté lors de la causerie éducative. NGOU Patrick, pédiatre en service aux urgences pédiatriques à l’Hôpital Général de Yaoundé et instigateur de l’évènement, a notamment insisté sur le suivi médical, la vaccination et le choix d’un environnement scolaire sécurisé. Attendre la veille de la rentrée pour s’intéresser à l’état de santé de l’enfant, c’est déjà trop tard pour le pédiatre car la préparation commence dès la naissance.

De la naissance à 5 ans, chaque étape compte

Le pédiatre rappelle que le suivi d’un enfant ne doit pas se faire uniquement quand il est malade : « Chaque contact de vaccination, c’est une consultation ». Dès la naissance, le professionnel de santé examine le nouveau-né (cœur, poids, état général) pour détecter d’éventuelles malformations. Cette surveillance continue ensuite vers le 1er, 3e et 7e jour, assurée par un pédiatre, un généraliste, un infirmier ou une sage-femme. Ce suivi précoce permet de repérer des anomalies qui apparaissent après l’accouchement, comme l’ictère du nouveau-né (le bébé devient jaune entre le 3e et le 5e jour). Il ne faut donc pas banaliser ces rendez-vous avant le retour à la maison. La consultation sert aussi à préparer les parents. À 6 semaines, le médecin contrôle la croissance par rapport au poids de naissance et explique les changements physiologiques futurs pour éviter que les parents ne confondent un comportement normal avec une maladie. Le médecin insiste : « Le plus important dans la consultation, c’est qu’on dise à la mère ce qui va arriver ». Le professionnel de santé surveille attentivement chaque étape clé du développement de l’enfant afin de repérer rapidement le moindre retard. Ainsi, il vérifie que le bébé parvient à tenir sa tête autour de trois mois, qu’il est capable de s’asseoir tout seul vers l’âge de cinq ou six mois, et qu’il commence à faire des efforts pour se mettre debout avant d’apprendre à marcher entre plusieurs mois et un an. Un enfant de 2 ans qui ne tient pas sa tête ou ne s’assied pas ne doit pas attendre l’école pour être examiné. C’est la même chose s’il ne parle pas. Le pédiatre alerte aussi sur les troubles de l’audition cachés : un enfant perçu comme « têtu » car il ne répond pas quand on l’appelle peut souffrir d’une baisse d’audition causée par une otite mal diagnostiquée. Attendre l’âge de 5 ans et l’inscription à l’école pour découvrir qu’un enfant n’entend pas, c’est perdre un temps précieux pour sa prise en charge et l’acquisition du langage.

Vaccination : protéger son enfant, mais aussi couper la chaîne des épidémies

La vaccination a occupé une place importante dans les échanges. À l’approche de la rentrée, le pédiatre a appelé les parents à vérifier le carnet de vaccination de leurs enfants et à respecter les rendez-vous prévus. Parmi les maladies évitables par la vaccination, la rougeole constitue une préoccupation majeure. Le ministère de la Santé publique a prévu, durant les deux premières semaines de la rentrée scolaire, une campagne de vaccination contre la rougeole, afin de renforcer la protection des enfants avant que les brassages liés à la reprise des cours ne favorisent une nouvelle propagation de l’épidémie. Très contagieuse, elle peut toucher rapidement plusieurs enfants dans une communauté où la couverture vaccinale est insuffisante. La rentrée scolaire, avec le regroupement de nombreux enfants dans un même espace, rappelle donc l’importance de maintenir une bonne protection vaccinale. La vaccination ne concerne d’ailleurs pas seulement la protection individuelle. Elle vise également à empêcher la circulation des maladies au sein de la communauté. Le médecin a pris l’exemple de la poliomyélite pour expliquer le principe des campagnes de vaccination. L’objectif est de « couper la chaîne de l’épidémie », en vaccinant le maximum d’enfants sur une période donnée. C’est notamment pour cette raison que les campagnes de vaccination contre la polio peuvent utiliser le vaccin oral plutôt que le vaccin injectable. Une dose orale peut être administrée rapidement à un grand nombre d’enfants, ce qui permet d’atteindre massivement les moins de cinq ans, particulièrement ciblés lors de ces campagnes. Le pédiatre a ainsi appelé les parents à comprendre la logique de ces opérations plutôt qu’à les percevoir comme une contrainte.

Choisir une école, c’est aussi vérifier la sécurité des enfants

La préparation de la rentrée ne s’arrête toutefois pas au cabinet médical. Le choix de l’établissement constitue lui aussi une décision de santé et de sécurité. Pour l’expert, plusieurs critères méritent l’attention des parents. Dans l’idéal, les espaces de la maternelle devraient être séparés de ceux du primaire, avec des cours de récréation adaptées aux différents âges. Les petits enfants n’ont pas les mêmes capacités physiques que les élèves du primaire et peuvent être davantage exposés aux bousculades ou aux accidents lorsqu’ils partagent les mêmes espaces au même moment. Les horaires de récréation peuvent également être différenciés. Un Autre point de vigilance : les toilettes. Elles ne devraient pas être placées dans un espace isolé et difficilement observable. Le parent doit chercher à comprendre comment les déplacements des enfants sont organisés et qui les accompagne lorsqu’ils doivent se rendre aux toilettes. Dans certaines écoles, un personnel accompagne les enfants et les ramène en classe. Dans d’autres, les salles disposent de toilettes adaptées. Ces dispositifs peuvent contribuer à réduire les situations où un enfant se retrouve seul dans un espace sans surveillance.

Violences sexuelles : apprendre à l’enfant à parler et à se protéger

Le médecin souligne l’importance de la vigilance concernant la sécurité en milieu scolaire. Il rappelle que des incidents peuvent survenir lorsque différents groupes d’âge partagent les mêmes espaces sans encadrement adéquat. Les parents sont encouragés à rester attentifs aux changements d’humeur ou de comportement de leur enfant. En cas de doute, il est essentiel de consulter des professionnels de santé pour obtenir un avis expert et éviter les interprétations hâtives. Par ailleurs, le choix de l’établissement doit tenir compte de l’organisation du temps et de la surveillance. Les périodes d’attente, avant ou après les cours, doivent être sécurisées. Pour garantir le bien-être des élèves, plusieurs critères sont essentiels : la séparation des tranches d’âge, la présence d’adultes lors des récréations, l’aménagement des espaces communs et la gestion rigoureuse des absences.

La seule rentrée scolaire. Le développement d’un enfant ne commence pas à trois ans, au moment de son inscription en maternelle. Il commence dès la naissance et nécessite une surveillance régulière. Suivre les consultations, respecter la vaccination, surveiller les étapes du développement, rechercher précocement les troubles de l’audition ou de la vue, dialoguer avec l’enfant et choisir une école sûre : autant de gestes qui participent à la réussite scolaire.
Marie Chantale FAIDA

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