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Riposte contre la polio à Madagascar : 1,2 million d’enfants ciblés par une vaste campagne de vaccination

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Dictée par l’urgence après la confirmation de six nouveaux cas de poliomyélite dans le pays, une vaste campagne de rattrapage a été lancée à Madagascar. Du 11 au 14 août 2026, les familles sont invitées à ouvrir leurs portes pour faire barrage aux séquelles de la maladie.

C’est un véritable déploiement de force qui s’organise face à la résurgence d’un fléau que l’on espérait contenu. Après la découverte d’un premier cas chez un garçonnet de 18 mois à Betioky, le ministère de la Santé, lance une campagne de vaccination de masse. Un enjeu capital pour l’avenir sanitaire du pays. Pendant quatre jours, les familles sont invitées à ouvrir leurs portes aux vaccinateurs.

Une urgence sanitaire déclenchée par six signaux d’alarme

La sonnette d’alarme a retenti dans le Grand Sud de Madagascar, après la confirmation scientifique de six nouveaux cas de poliomyélite enregistrés au cours de cette année. Une situation qui a immédiatement mis en alerte les autorités de santé publique. La répartition géographique de ces cas témoigne de la circulation active du virus dans la région. Le district de Betioky Atsimo se trouve en première ligne avec trois cas identifiés. Le premier d’entre eux, qui a déclenché l’alerte le 20 mai, concerne un jeune garçon de 18 mois qui n’avait malheureusement jamais reçu la moindre dose de vaccin. A ses côtés, le district de Sakaraha comptabilise deux cas, tandis que celui de Toliara-II enregistre un cas.

1,2 million d’enfants à protéger

Débutée ce lundi, elle se poursuivra jusqu’au 14 août 2026. L’objectif est clair : utiliser ces quatre jours pour toucher le maximum d’enfants possibles et dresser

une barrière immunitaire infranchissable pour le virus. Les cibles prioritaires de cette opération sont les enfants non vaccinés ou ceux n’ayant pas complété leur schéma vaccinal, qui constituent les maillons faibles face à la maladie.

Au total, ce sont plus de 1 173 000 enfants âgés de 0 à 59 mois qui sont visés par cette action d’envergure. La campagne s’étend sur un territoire immense, englobant cinq régions du Sud particulièrement exposées : l’Androy, l’Anosy, l’Atsimo-Andrefana, l’Atsimo-Atsinanana et l’Ihorombe. Au total, 25 districts sont entièrement quadrillés par les services de santé. Le but fondamental de cette première campagne de l’année 2026 est de rattraper impérativement le retard accumulé pour tous les enfants qui n’ont pas encore reçu les doses de vaccin indispensables à leur survie et à leur développement.

Une logistique de guerre et une mobilisation communautaire

Pour mener à bien une telle opération, le ministère de la Santé publique a déployé une logistique impressionnante. Les branches régionales du ministère ont coordonné le transport et la distribution des précieux vaccins, des intrants de santé indispensables et des outils de gestion vers les 601 centres de santé de base (CSB) mobilisés pour l’occasion. Des opérations de supervision rigoureuses ont été menées en amont pour évaluer le niveau de préparation des équipes sur le terrain et corriger immédiatement les éventuelles difficultés de coordination logistique.

Sur le terrain, la stratégie repose sur une double approche. D’un côté, les équipes médicales, réparties en 2 028 équipes, se mobilisent pour assurer la vaccination directement sur les sites dédiés et au sein des CSB. De l’autre, la force de la campagne réside dans l’engagement des agents communautaires. Ces derniers vont arpenter plus de 6 800 fokontany pour aller directement à la rencontre des familles, notamment par le biais du porte-à-porte à domicile.

L’enjeu dépasse le simple cadre médical. Comme le rappelle avec gravité le Dr Paubert Tsivahiny, directeur du Programme élargi de vaccination auprès du ministère de la Santé publique : « Même un seul enfant non vacciné représente une menace pour la Nation ». Le ministère exhorte fermement tous les parents à faire vacciner leurs enfants pour prévenir la poliomyélite et éviter les séquelles irréversibles et dramatiques que cette maladie inflige à ses victimes.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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