Il est conseillé d’effectuer un mouchage doux et bilatéral afin d’évacuer les caillots présents dans les narines.
Sous le chaud soleil de midi, Abdel est en pleine lessive. La tête penchée vers l’avant depuis plusieurs minutes, elle s’empresse de frotter rigoureusement chaque vêtement. Soudain elle sent un liquide chaud couler sur son visage. Prise de panique elle se para d’un mouchoir pour effacer les traces de sang qui s’échappaient sans fin de ses narines. Cette scène, illustre alors un phénomène bien connu : l’épistaxis, plus couramment appelé hémorragie nasale ou saignement de nez.
Il s’agit d’une sortie du sang par les narines, en provenance de petits vaisseaux sanguins situés à l’intérieur de la muqueuse nasale. Dans la plupart des cas, le saignement est bénin, et s’arrête spontanément, tandis que parfois il peut être révélateur d’un problème de santé sous-jacent. L’air sec par exemple assèche grandement la muqueuse nasale, la rend plus fragile, et donc plus sujette aux saignements. « En dehors de l’air sec, on retrouve les traumatismes nasaux tels que se gratter le nez, se moucher vigoureusement ou subir un choc. À côté de cela, certains médicaments comme les anticoagulants, les décongestionnants nasaux ou encore les corticoïdes peuvent augmenter le risque de saignement. L’hypertension artérielle, même si elle n’est pas une cause directe, peut aussi favoriser l’apparition d’un saignement de nez », explique le docteur Bernadette MAMKOUONG, médecin de santé publique.
Les troubles de la coagulation, comme l’hémophilie ou certaines anomalies plaquettaires, rendent difficile la formation des caillots sanguins et exposent donc à des saignements plus fréquents. Certaines maladies rares, comme la maladie de Rendu-Osler, se manifestent généralement par des épistaxis spontanées et répétées. Une autre cause est l’inflammation de la muqueuse nasale, causée par des infections telles que les rhinites et rhinopharyngites.
Le docteur Henriette explique que certaines personnes présentent une fragilité particulière des vaisseaux sanguins, parfois liée à l’âge ou à certaines pathologies comme l’hypertension artérielle ou encore les troubles de la coagulation. Une autre cause provient de certains facteurs environnementaux. « Par exemple, les enfants vivant à l’Extrême-Nord du Cameroun sont plus susceptibles de faire des épistaxis durant les mois d’avril et mai, lorsque l’air est particulièrement sec et chaud, contrairement aux enfants vivant en zone équatoriale où l’air est plus humide », souligne le docteur.
« Chez moi c’est une maladie, j’ai ça constamment. Quand je pleure trop ou bien quand je suis trop exposée au soleil le sang sort de mes narines », explique Merveille Mvondo, étudiante tout droit sortie du Nord Cameroun.
Les bons gestes à adopter immédiatement en cas d’épistaxis
« Lorsqu’un saignement du nez survient, la première chose est de rassurer le patient et de le mettre au calme. Il faut manipuler le sang avec prudence, en utilisant des gants si possibles, pour éviter tout risque de contamination. Le patient doit être installé en position semi-assise. S’il présente une tendance à la syncope, il doit être placé en décubitus latéral, c’est-à-dire allongé sur le côté », Explique le médecin de santé publique.
Les spécialistes de la santé conseillent donc de respirer par la bouche et de cracher le sang qui coule dans la gorge, car cela permet d’évaluer la quantité de sang perdue, effectuer un mouchage doux et bilatéral afin d’évacuer les caillots présents dans les narines, ou encore d’appliquer des compresses froides ou des glaçons, ce qui aura pour effet de provoquer une constriction des vaisseaux sanguins et réduire le saignement.
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Pour ne pas aggraver un épisode d’épistaxis, il est important de ne pas se moucher trop fort, d’éviter de se curer le nez, de ne pas prendre d’aspirine et de limiter les exercices physiques au moment du saignement. Ces habitudes simples permettent de ne pas entretenir le saignement ni provoquer une récidive immédiate.
Parlant de la prévention de l’épistaxis, elle passe par l’adoption de comportements simples, notamment l’humidification de l’air et l’hydratation des muqueuses nasales à l’aide de solutions salines ou de gels. Bien plus qu’une simple réaction passagère, l’epistaxis est un problème qui peut avoir des origines profondes, d’où la nécessité de toujours se rapprocher d’un personnel médical.
Charone DONGMO














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