Longtemps resté dans l’ombre et confronté à un matériel obsolète, le laboratoire d’anatomopathologie de l’Hôpital Général de Yaoundé (HGY) vit une profonde modernisation. Portée par le Directeur Général, le Professeur Emmanuel Noël Essomba, cette renaissance repositionne ce service comme le pilier incontournable du diagnostic médical et de l’oncologie.
Le service magistralement présenté lors du Master Class.
Mardi 9 juin dernier, la salle de conférence de l’Hôpital Général de Yaoundé affichait complet à l’occasion d’une masterclass scientifique qui a servi de vitrine à la spectaculaire métamorphose du service d’anatomopathologie. Créé en 1987 mais resté pendant près de quarante ans le parent pauvre de l’institution, ce laboratoire fonctionnait de manière artisanale avec un seul médecin et un unique technicien, les investissements de 2009 n’ayant jamais porté leurs fruits en raison de pannes chroniques. L’arrivée à la direction générale du Professeur Emmanuel Noël Essomba a radicalement inversé la tendance en dotant le laboratoire d’équipements de pointe pour combler le retard technologique. Le service dispose désormais d’un automate de déshydratation performant, d’un microtome semi-automatique pour des coupes d’une finesse inédite, d’un microscope équipé d’une caméra pour les lectures collégiales et d’un cryostat opérationnel, tandis que les ressources humaines ont suivi cette trajectoire ascendante avec une équipe comptant désormais quatre médecins anatomopathologistes et deux techniciens.
Le pilier silencieux du diagnostic
Pendant que les cliniciens prescrivent et que les chirurgiens opèrent, l’anatomopathologie agit comme le maillon discret mais déterminant qui tranche en dernier ressort pour déterminer si une tumeur est bénigne ou maligne et si les marges d’une résection sont saines. Lors de la masterclass, le Dr Ata Abeng Catherine Arlette a rappelé l’importance cruciale de la collaboration avec les services prescripteurs, soulignant avec humour que le pathologiste n’est pas un magicien et que 70 % des erreurs de diagnostic surviennent en réalité durant la phase pré-analytique à cause d’un mauvais conditionnement ou de fiches de renseignements mal remplies. Elle a d’ailleurs illustré ce risque par un cas clinique saisissant où une biopsie gastrique avait d’abord été confondue avec un cancer primitif de l’estomac, avant que la transmission tardive des antécédents de la patiente ne redresse le diagnostic vers une localisation secondaire d’un cancer du sein, modifiant ainsi radicalement sa prise en charge.
Des avancées majeures pour les patients
Cette modernisation historique se traduit dès aujourd’hui par des améliorations concrètes et chiffrées pour les usagers de l’Hôpital Général de Yaoundé. Sous l’impulsion du top management, le temps d’attente pour les résultats standards chute de trois à deux semaines, tandis que l’instauration d’un forfait pré-opératoire permet des réductions tarifaires substantielles allant jusqu’à 57 % sur l’analyse de certaines pièces chirurgicales. De plus, l’avènement de l’examen extemporané grâce au nouveau cryostat permet désormais d’analyser un tissu en moins de vingt minutes pendant que le patient est encore sur la table d’opération, évitant par exemple aux femmes atteintes d’un cancer du sein des curages axillaires systématiques et lourds de conséquences. Enfin, l’introduction de l’immunohistochimie via un partenariat privé vient compléter cette offre oncologique majeure, ouvrant la voie à l’intégration future de la biologie moléculaire et de l’intelligence artificielle pour faire de ce laboratoire la référence nationale et internationale au Cameroun.













