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Prise en charge du Cancer : La Polyclinique de Poitiers dispose du seul TEP-Scan d’Afrique centrale

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Depuis un an, la Polyclinique de Poitiers de Douala abrite le seul TEP-Scan la sous-région. Cette technologie d’imagerie moléculaire de pointe détecte les tumeurs à un stade précoce, cartographie les métastases au millimètre et évalue en temps réel l’efficacité des traitements oncologiques : des performances jusqu’ici inaccessibles au Cameroun et en Afrique centrale.

Avant son installation, des centaines de patients camerounais devaient s’envoler vers l’Inde ou le Maghreb pour un simple contrôle post-traitement. Un calvaire humain, logistique et financier que le TEP-Scan de la Polyclinique de Poitiers rend désormais obsolète : le suivi de haut niveau se fait à coûts maîtrisés, près des proches.

Portée par l’investissement visionnaire du Dr Magloire Tchidjo, cette infrastructure positionne le Cameroun comme pôle d’excellence médicale pour toute la sous-région. Un changement de paradigme qui offre aux patients d’Afrique centrale un accès aux standards mondiaux de l’oncologie sans quitter le continent.

Longtemps contraints de se rendre en Europe, au Maroc ou en Inde pour réaliser des examens de médecine nucléaire, les patients atteints de cancer disposent désormais d’une alternative de proximité à Douala. Grâce à l’acquisition du TEPSCAN par la Polyclinique de Poitiers, cet établissement privé s’impose aujourd’hui comme un acteur majeur de l’innovation médicale en Afrique centrale, avec une offre de diagnostic de haute précision portée par des compétences locales formées aux standards internationaux.

Née en 2002 sous la forme d’une petite structure baptisée « Santé Formule 1 », installée dans une maison modeste à Akwa, la Polyclinique de Poitiers a

progressivement élargi son champ d’action pour devenir l’un des établissements privés les plus équipés du Cameroun. Depuis son installation dans ses locaux actuels à Bali Trois Boutiques en 2016, la structure a développé une offre multidisciplinaire couvrant notamment la cardiologie, la gastroentérologie, la gynécologie, la chirurgie, l’urologie, la radiologie, la stomatologie et la médecine esthétique.

Avec ses 32 lits d’hospitalisation, ses 42 médecins, près de 160 infirmiers et infirmières ainsi qu’une vingtaine d’agents administratifs, la polyclinique accueille en moyenne près de 500 nouveaux patients tous les deux mois. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout son investissement dans la lutte contre le cancer qui attire aujourd’hui l’attention dans la sous-région.

Une technologie de pointe au service du diagnostic précoce

Au cœur de cette dynamique figure le TEPSCAN, ou tomographie par émission de positons, une technologie de médecine nucléaire encore rare en Afrique centrale. Cet équipement permet de détecter avec précision les cellules cancéreuses dans l’ensemble du corps grâce à des traceurs spécifiques capables d’illuminer les zones atteintes.

Concrètement, l’examen intervient dans le cadre d’une prise en charge globale. Après une consultation spécialisée, le patient peut être orienté vers une échographie, un scanner ou une biopsie. Les prélèvements sont ensuite analysés au sein du service d’anatomopathologie, renforcé par l’immunohistochimie, une technique permettant d’identifier précisément le type de cancer afin de proposer un traitement ciblé.

Le TEPSCAN vient alors compléter cette chaîne diagnostique en évaluant l’étendue réelle de la maladie, élément essentiel pour adapter la stratégie thérapeutique et mesurer l’efficacité des traitements comme la chimiothérapie ou la radiothérapie.

Une expertise camerounaise construite par la formation

L’introduction de cette technologie a nécessité un important travail de formation. À l’acquisition de l’équipement, aucun technicien local ne maîtrisait encore la manipulation des appareils de médecine nucléaire. Des spécialistes indiens ont ainsi été mobilisés pendant un an pour former les équipes camerounaises, tandis que plusieurs professionnels ont été envoyés en Inde pour renforcer leurs compétences pratiques.

Aujourd’hui, le service fonctionne entièrement avec des ressources humaines locales. Dans le département TEPSCAN, les patients sont accueillis, préparés puis

accompagnés tout au long du processus par des équipes spécialement formées.

Une attractivité régionale croissante

La présence du TEPSCAN à Douala transforme progressivement le Cameroun en destination de tourisme médical pour les patients d’Afrique centrale. Des malades venus du Tchad, du Gabon ou encore de la République centrafricaine affluent désormais vers la Polyclinique de Poitiers pour bénéficier de cet examen sans devoir engager les coûts lourds liés à une évacuation sanitaire à l’étranger.

Pour les responsables de la structure, l’enjeu dépasse la seule performance technologique. Il s’agit également de promouvoir une médecine africaine capable d’offrir des soins spécialisés de qualité sur le continent.

Vers un centre intégré de traitement du cancer

Si le diagnostic connaît déjà une avancée majeure, la Polyclinique de Poitiers ambitionne désormais de franchir une nouvelle étape. Son promoteur envisage la création d’un centre complet de diagnostic et de traitement du cancer intégrant notamment la radiothérapie, encore absente au Cameroun.

À travers cette innovation technologique et humaine, la Polyclinique de Poitiers entend ainsi participer à la modernisation du système de santé camerounais et rapprocher les soins spécialisés des patients de la sous-région.

Interview : Dr. TCHIDJO Magloire

« Nous avons toujours eu le souci de développer la médecine au Cameroun. »

Le Dr. TCHIDJO Magloire, promoteur de la Polyclinique de Poitiers revient sur l’évolution de cette formation sanitaire privée, née en 2002 d’une petite structure de proximité et progressivement transformée en un établissement hospitalier multiservices doté d’un plateau technique complet, incluant notamment un TEP scan et des services spécialisés en imagerie


Pouvez-vous nous faire une présentation succincte de votre polyclinique ?

Alors, déjà avant de faire la présentation de la polyclinique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, je vais vous donner un peu l’histoire de la polyclinique de Poitiers. La polyclinique de Poitiers est née à la succession d’une petite structure qu’on avait au niveau de la salle de fête d’Akwa qui s’appelait Santé Formule 1. Elle était toute petite, constituée de deux chambres, un salon. C’était une maison que nous louons en 2002. On est resté dans ce local pendant six ans.

Ensuite, nous avons pris une autre maison à étage au niveau de l’ancien Dalip. Et c’est entre 2014-2015 que nous avons commencé la construction de cette clinique. Et ça a duré deux ans.

Immédiatement en 2016, nous avons migré dans les nouveaux locaux, ici à la Vallée Trois Boutiques. Présentement, nous avons pratiquement tous les services qu’on peut avoir dans un hôpital. C’est pour ça qu’on nous appelle polyclinique de Poitiers.

Nous avons le service de radiologie, de gastroentérologie, de cardiologie, de gynécologie, d’hématologie, de chirurgie. Nous avons un service au cabinet dentaire. Nous avons l’urologie, la médecine esthétique.

Et nous avons toujours eu le souci de développer la médecine au Cameroun. C’est la raison pour laquelle nous avons dû acquérir un TEP scan, qui a de mieux pour pouvoir faire la détection des cancers, même pour une simple petite cellule. Pour cela, nous avons développé un service d’anatomopathologie pour la détection des cellules cancéreuses, avec le choix de pouvoir faire une thérapie ciblée en faisant l’immunohistochimie.

Donc voilà en gros, présentée un peu la polyclinique de Poitiers. Aussi, nous avons 32 lits d’hospitalisation et environ 160 infirmières, 42 médecins et le personnel administratif, une vingtaine.

En moyenne, combien de patients vous recevez en un mois ?

En un mois, nous recevons à peu près 500 patients. On parle de 500 nouveaux patients. Les personnes qui reviennent pour des rendez-vous ne sont pas comptées comme nouveaux patients.

Parlons du cancer et des innovations que vous avez mises en place. Qu’est-ce que vous proposez aujourd’hui pour un diagnostic de qualité ?

Alors, ce qu’il faut savoir, c’est qu’un patient ne peut pas venir à l’hôpital et dire chercher si j’ai le cancer. Généralement, les patients ne le font pas. Dans nos communautés au Cameroun et en Afrique, le patient va à l’hôpital, soit il a mal, soit il a maigri, soit il est fatigué. C’est dans ce cadre-là qu’on se met, dans le cadre de l’histoire de la maladie et de l’interrogatoire du patient, qu’on peut orienter pour se dire le cancer peut venir de là et on fouille.

Mais la plupart du temps, nos patients viennent dans des conditions très avancées de maladie, ce qui fait que généralement, le cancer saute aux yeux.

Donc nous avons développé tout autour de cela une certaine stratégie de détection précoce et de traitement quand c’est encore possible. Cette détection précoce se fait par service. Le cancer digestif, nous avons le service de gastroentérologie. Le cancer chez la femme, nous avons la gynécologie. Chez l’homme, surtout la prostate, nous avons des urologues et dans d’autres disciplines.

Nous pouvons commencer par une simple échographie qui peut voir une masse soit dans le foie, soit dans le sein ou alors une prostate qui a un nodule et c’est au cours d’autres investigations qu’on va savoir si c’est effectivement un cancer ou pas. Soit en faisant une biopsie, en analysant et en faisant l’immunohistochimie pour voir exactement de quel type de cancer il est question.

Après le traitement, si c’est possible, on peut faire, ou même avant le diagnostic,

faire un bilan d’extension pour voir l’étendue du cancer. Et pour cela, on fait un scanner couplé avec un peu de traceurs qui disent ce cancer est non seulement ici, mais il est aussi ailleurs. D’où l’utilité du TEP scan.

Cet examen est-il accessible ?

S’il faut réaliser tous les jours cet examen, oui c’est accessible. En ce qui concerne le côté financier, vous savez, le coût d’un appareil médical est très élevé. Donc on ne peut pas se permettre d’acheter cet appareil en privé et sous-entendre qu’on va faire de la charité. Ça ne veut pas aussi dire qu’on va mettre des prix exorbitants parce que nous sommes les seuls à l’avoir. Non, ce n’est pas humain.

Nous pensons qu’il y a un prix minimum que le patient doit payer pour pouvoir rentabiliser l’appareil et pour pouvoir pérenniser l’activité. Si l’un des deux manque, on ne pourra pas continuer l’activité.

Aujourd’hui, pourquoi venir faire cet examen au Cameroun d’après vous?

Nous pensons que le Cameroun va devenir un pôle d’attraction pour le tourisme médical. Les Tchadiens, les Gabonais, les Centrafricains viennent à Douala à la polyclinique de Poitiers pour faire le TEP scan. Nous avons des Indiens qui nous ont approchés et qui nous ont dit que ça ne sert à rien qu’on fasse venir nos patients en Inde juste pour un contrôle TEP scan. Donc ils nous réfèrent ces patients qui sont au Cameroun.

Aujourd’hui nous pouvons faire sur place le TEP scan et nous avons la technologie pour pouvoir transmettre les images ailleurs, même pour un suivi à distance

Avez-vous les ressources humaines pour cela ?

Ça a été un challenge pour nous. Nous avons acheté l’équipement, on n’avait aucun technicien pour pouvoir manipuler cet examen. On a fait venir des Indiens pour former les Camerounais pendant un an. Et ça fait déjà un an, ces Indiens sont partis. On a envoyé des Camerounais en Inde pour faire la pratique. Les Camerounais qui sont allés sont déjà revenus.

Donc aujourd’hui nous avons la ressource pour pouvoir manipuler ces substances et cet appareil.

Quel message souhaitez-vous adresser à la population ?

Le message principal est que la majorité des cancers peuvent être guéris lorsqu’ils sont détectés suffisamment tôt. C’est pourquoi nous encourageons les bilans de santé réguliers, particulièrement chez les personnes âgées.

Lorsqu’un cancer est diagnostiqué à un stade précoce, les chances de guérison sont très élevées. Plus la maladie est détectée tardivement, plus les possibilités thérapeutiques deviennent limitées.

Aujourd’hui, au Cameroun et dans la sous-région, nous sommes capables d’identifier avec précision le type de cancer, son extension et même de vérifier, après traitement, s’il subsiste encore des cellules cancéreuses dans l’organisme. Les patients n’ont donc plus nécessairement besoin de se rendre à l’étranger pour bénéficier de ces examens.

Quels sont vos projets pour les prochaines années ?

Mon ambition est de créer un centre complet de diagnostic et de traitement du cancer. Malgré les progrès réalisés, la prise en charge du cancer au Cameroun reste incomplète, notamment en matière de radiothérapie. Nous espérons voir se développer davantage d’infrastructures spécialisées afin d’offrir une prise en charge intégrale aux patients.

Un mot de fin ?

Comme mot de fin, je pourrais parler pendant longtemps parce qu’il y a beaucoup de choses à faire en médecine. Mais le mot de fin, c’est que le privé accompagne les pouvoirs publics pour faciliter l’accès aux soins, l’accès à la santé, pour avoir une population saine qui travaille, tout simplement.

Album Photos de la Policilnique de Poitiers 

MAX IL FAUT METTRE CES PHOTOS SEULES SUR UNE PAGES AVEC LA LEGENGE SUR CHACUNE DES PHOTOS POUR EN FAIRE UN ALBUM PHOTO. CA DOIT ETRE SUR UNE SEULE PAGE.

La polyclinique de Poitiers est dotée d’un parking spacieux pour les différents patients qui viennent de faire consulter au quotidien.

À la polyclinique de Poitiers, il est également possible de faire des chirurgies esthétiques.

Un service d’accueil accessible en continue pour répondre à toutes les inquiétudes des patients et permettre aux nouveaux patients d’être correctement enregistrés.

Une salle d’attente pour les malades et les gardes malades

La Polyclinique de Poitiers est dotée d’un service d’IRM à la pointe de la technologie, permettant un diagnostic fiable des différentes pathologies.

La zone de TEP scan est strictement interdite aux femmes enceintes à cause des différentes émissions produites.

Le TEP scan de la Polyclinique de Poitiers, à Douala, le seul au Cameroun. Un équipement de pointe permettant la détection et le suivi précis des cellules cancéreuses sur l’ensemble du corps, utilisé dans le cadre du diagnostic et du bilan d’extension des cancers.

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Zanga Ornéla, journaliste dans le groupe Echos Santé, Licence professionnelle en sciences et techniques de l’information et de la communication à l’ESSTIC. Écris et parle parfaitement le français et l’anglais.

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