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Santé oculaire : Les dangers des collyres pris sans prescription

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Utilisés pour soulager rapidement les rougeurs et les irritations des yeux, les collyres sont parfois employés sans avis médical. Pourtant, un mauvais choix de produit peut aggraver une affection oculaire et compromettre la vision.

De nos jours, lorsqu’une personne se plaint d’avoir les yeux rouges, le conseil revient souvent : « Prends un collyre ! » D’autres se rendent directement en pharmacie ou auprès de vendeurs ambulants pour acheter un produit censé soulager leur gêne. Devenus presque incontournables dans la prise en charge des petits problèmes oculaires, ces médicaments sont pourtant loin d’être anodins lorsqu’ils sont utilisés sans prescription.

Derrière une simple rougeur peut se cacher une affection nécessitant un traitement précis. Pour Valdo JAZEP, ophtalmologue au Cabinet d’Optique Amis des yeux SARL à Yaoundé, cette pratique expose les patients à des risques parfois graves.Une rougeur, plusieurs causes possiblesUn œil rouge n’est pas nécessairement le signe d’une simple conjonctivite. Selon Valdo JAZEP, cette manifestation peut être liée à une allergie, à une conjonctivite virale ou bactérienne, mais aussi à un glaucome aigu, une urgence ophtalmologique.

Or, chacune de ces affections nécessite une prise en charge adaptée. « Vous pouvez donc prendre un collyre inadapté et cela peut venir masquer les symptômes pendant que la maladie est en train de progresser », explique le spécialiste. En cherchant à soulager rapidement la douleur, les démangeaisons ou les rougeurs, le patient risque ainsi de retarder le diagnostic et le traitement approprié. Une amélioration apparente ne signifie pas nécessairement que la maladie est guérie. L’automédication peut alors compliquer la prise en charge, notamment lorsque l’affection sous-jacente continue d’évoluer sans être identifiée.

Des effets secondaires qui menacent la visionTous les collyres n’ont pas les mêmes indications. Certains contiennent des corticoïdes, des substances qui, mal utilisées, peuvent aggraver certaines infections oculaires. Valdo JAZEP met également en garde contre les complications liées à ces produits, notamment l’augmentation de la pression intraoculaire pouvant favoriser un glaucome, ainsi que le risque de cataracte en cas d’utilisation inappropriée ou prolongée.

Les conséquences peuvent être particulièrement graves lorsque le traitement retarde la prise en charge d’une affection sérieuse. Dans certaines situations, les lésions oculaires peuvent entraîner une baisse durable de la vision, voire une cécité partielle ou totale. Le spécialiste recommande donc d’éviter de choisir soi-même un collyre en fonction des symptômes ou sur la base des conseils d’un proche. En attendant une consultation, il conseille de rincer l’œil avec de l’eau propre ou d’utiliser du sérum physiologique, sans frotter les yeux. Toutefois, ces gestes ne remplacent pas un examen médical. Une douleur intense, une baisse de la vision, une forte sensibilité à la lumière, la présence de pus ou un traumatisme oculaire doivent conduire à consulter rapidement.

Des produits dont la qualité n’est pas toujours garantieAu-delà du choix du médicament, la provenance et les conditions de conservation des collyres constituent également un enjeu de santé publique. Selon Valdo JAZEP, les produits proposés par certains vendeurs ambulants peuvent être périmés, contrefaits ou mal conservés. Ces conditions sont susceptibles de compromettre leur qualité et leur sécurité. Le risque de contamination concerne aussi les flacons déjà ouverts. L’ophtalmologue indique qu’un collyre ouvert peut se contaminer après 20 à 30 jours.

Cette durée n’est toutefois pas une règle universelle : elle varie selon le produit, sa formulation et les indications du fabricant. Il est donc essentiel de respecter la notice, la durée d’utilisation après ouverture et les conditions de conservation recommandées.Pour préserver sa vue, le réflexe ne doit pas être de prendre systématiquement un collyre, mais de faire rechercher la cause des symptômes par un professionnel de santé.

Marie Chantale FAIDA

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