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Sécurité sanitaire des emballages alimentaires :  Le collectif « Non au 30 % R-PET » monte au créneau à Yaoundé

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À Yaoundé, le collectif « Non au 30 % R-PET » a interpellé l’opinion le mardi 15 septembre 2026. Il dénonce l’obligation d’incorporer 30 % de plastique recyclé dans les emballages alimentaires, pointant l’absence de garanties sanitaires, de laboratoires accrédités et de normes adéquates.

Le mardi 15 septembre 2026, la salle de conférence de la P2CE à Yaoundé a abrité une importante conférence de presse organisée par le collectif « Non au 30 % de R-PET dans les emballages alimentaires sans garanties sanitaires suffisantes ». Face aux hommes et femmes des médias, les figures de proue du réseau des consommateurs ont exprimé leur vive inquiétude suite à l’arrêté conjoint fixant à 30 % le taux minimal d’incorporation de plastique recyclé, dénonçant un projet mené dans le flou normatif et sanitaire.

Réunissant diverses organisations de consommateurs, de protection de l’environnement et de la société civile camerounaise, le collectif a tenu à clarifier sa position dès l’entame des échanges : il ne s’oppose nullement au recyclage ni à la transition vers l’économie circulaire. Cependant, les membres exigent un processus rigoureux, sécurisé et totalement tracé. Étaient notamment présents à cette tribune : Mbida Ndoumbe, coordonnateur de l’organisation P2CE et porte-parole du collectif ; Blaise Maya ki, expert en Objectifs de Développement Durable (ODD) et membre de l’ACCEAPE ; Marie-Hélène Ebieline, responsable à l’organisation REDCO ; ainsi qu’André Kanomegne, expert en normalisation chez ADMC.

Un constat technique alarmant : un projet sans cadre

Au cœur des préoccupations du collectif se trouve l’arrêté conjoint nᵒ 001/MINMIDT/MINEPDED du 8 décembre 2025, qui impose aux entreprises productrices ou importatrices un taux minimal de 30 % de matière plastique locale recyclée (R-PET) dans la production d’emballages alimentaires. Pour les panélistes, cette obligation réglementaire se heurte à un vide structurel critique au Cameroun. Le constat technique dressé par le réseau est sans appel.

Actuellement, le pays déploie cette mesure sans référentiel ANOR « Food-Grade » (norme camerounaise pour contact alimentaire), sans laboratoire accrédité au niveau national pour réaliser les tests de migration chimique indispensables (le

LNSP et le LACACOME ne disposant ni de protocoles publiés ni d’agréments spécifiques pour le R-PET m), et sans traçabilité fiable du gisement de collecte des bouteilles usagées. Mbida Ndoumbe, coordonnateur de la P2CE, l’a martelé avec force au cours de sa prise de parole : « Nous souhaitons que la traçabilité du recyclage des objets ménagers soit faite selon les normes en respectant la traçabilité et le processus en intégrant toutes les parties prenantes pour un aboutissement clair du processus ».

Des exigences internationales bafouées et un risque pour le consommateur

En comparant le modèle camerounais aux standards internationaux édictés par l’EFSA (Union européenne) ou la FDA (États-Unis), le collectif relève de flagrants décalages. Alors que l’Europe impose des mesures graduelles, des procédés de décontamination certifiés et cible en priorité certains produits comme les boissons sans inclure aveuglément tous les aliments, le Cameroun impose d’emblée un seuil de 30 %. De surcroît, la provenance des plastiques post-consommation ramassés pêle-mêle dans les ménages, les voiries, les drains ou les décharges expose dangereusement les citoyens à des contaminations chimiques graves (résidus de pesticides, huiles, lubrifiants ou bactéries). En l’absence de garde-fous sanitaires, c’est la santé publique qui se trouve directement exposée.

Les propositions et demandes officielles du collectif

Afin d’éviter une crise sanitaire majeure tout en soutenant une économie verte vertueuse, le collectif « Non au 30 % R-PET » formule quatre demandes majeures à l’attention des pouvoirs publics. Il demande d’une part la suspension de l’obligation du seuil de 30 % en l’absence de référentiel ANOR Food-Grade et de traçabilité certifiée par les laboratoires nationaux (LNSP et LACACOME), ainsi que l’élaboration conjointe par l’ANOR et l’ensemble des parties prenantes de la norme camerounaise R-PET Food-Grade et la publication officielle d’un protocole national de test.

D’autre part, il exige la mise en place immédiate d’un « Label National 30 % R-PET Contrôlé » doté d’un QR code vérifiable par le consommateur sur chaque emballage, et l’ouverture d’une concertation nationale élargie sous l’égide du MINMIDT, réunissant le ministère de la Santé publique, les laboratoires, l’ANOR, le MINEPDED, le MINCOMMERCE, les industriels, les recycleurs, la grande distribution et la société civile. En conclusion, le collectif réaffirme son adhésion totale à un développement respectueux de l’environnement, mais rappelle que la protection de la santé humaine doit demeurer la priorité absolue de toute politique publique de recyclage.

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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