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SODEPA : Les gardiens du froid qui protègent la viande du Cameroun

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Avec ses quatre entrepôts frigorifiques stratégiquement implantés à Yaoundé, Kribi, Ebolowa et Ngaoundéré, la SODEPA a relevé un défi industriel de taille. Stocker des centaines de tonnes de viande pendant plusieurs mois sans altérer sa qualité sanitaire, réguler l’approvisionnement des marchés, stabiliser les prix et protéger la santé des consommateurs, telle est la mission de ces infrastructures silencieuses.

Derrière chaque morceau de viande qui atterrit dans les assiettes camerounaises, il y a une chaîne de froid invisible, silencieuse, mais absolument vitale. Au Cameroun, pays où la chaleur et l’humidité menacent toute denrée périssable, conserver la viande plusieurs mois sans qu’elle ne perde sa qualité sanitaire relève presque d’un défi industriel. Pourtant, la SODEPA, la Société de Développement et d’Exploitation des Productions Animales, a relevé ce défi grâce à quatre installations stratégiques que l’on pourrait appeler les gardiens du froid. Ce sont les entrepôts frigorifiques de Yaoundé, Kribi, Ebolowa et Ngaoundéré.

L’entrepôt de Yaoundé, inauguré en 2018 dans le quartier Étoudi, est le joyau de ce dispositif. Un investissement de 8,5 milliards de francs CFA a été nécessaire pour sortir de terre cette infrastructure capable de recevoir, conserver et distribuer des centaines de tonnes de viande. Ce n’est pas un simple congélateur géant. C’est une véritable plateforme logistique, équipée de chambres froides de haute technologie, de quais de manutention et d’une flotte de camions frigorifiques qui parcourent le pays pour livrer la viande fraîche ou congelée jusqu’aux marchés les plus éloignés.

Mais pourquoi un tel déploiement ? La réponse tient en deux mots : sécurité alimentaire. Le Cameroun, comme beaucoup de pays africains, connaît des pics de

demande en viande, notamment pendant les fêtes de fin d’année ou les périodes de soudure. Sans capacités de stockage suffisantes, l’offre s’effondre et les prix s’envolent. Les entrepôts de la SODEPA jouent alors un rôle de régulateur. Ils permettent de constituer des stocks de sécurité, d’accumuler la viande pendant les périodes d’abondance et de la libérer progressivement quand la demande augmente. Concrètement, une viande abattue à Ngaoundéré, sur le site de Wakwa, peut être conservée plusieurs mois dans l’entrepôt de Yaoundé avant d’être acheminée vers une boucherie moderne ou un supermarché de Douala ou de Garoua.

Chaque site a sa spécialité et sa zone d’influence. L’entrepôt de Ngaoundéré est directement connecté à l’abattoir industriel de Wakwa, le plus grand du pays. Celui de Kribi dessert les marchés du Sud et du Littoral. Celui d’Ebolowa couvre la zone forestière et frontalière avec la Guinée équatoriale. Quant à Yaoundé, il sert de hub central, reliant le nord producteur de bétail au sud consommateur.

Au-delà de la logistique, ces entrepôts remplissent une mission sanitaire essentielle. La chaîne du froid est la meilleure alliée contre les bactéries, la détérioration des aliments et les intoxications alimentaires. En garantissant que la viande reste à température constante de l’abattoir jusqu’au comptoir, la SODEPA protège la santé des consommateurs. Et dans un pays où les maladies d’origine alimentaire sont encore trop fréquentes, cette garantie n’est pas un luxe.

L’accès à la viande à des prix abordables est un autre enjeu. Les entrepôts permettent de lisser les coûts, d’éviter les pénuries artificielles et de lutter contre la spéculation. Une mission de service public que la SODEPA assume pleinement, même si les défis restent nombreux : entretien des équipements, maîtrise des coûts de l’électricité, formation des personnels. Mais les quatre gardiens du froid veillent. Et tant qu’ils tourneront, la viande camerounaise continuera de voyager sans perdre ni sa qualité, ni sa sécurité, ni sa promesse de nourrir le pays.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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