Le Cameroun vers une nouvelle phase du programme HeSP pour anticiper les urgences sanitaires plutôt que de les subir. La Banque mondiale y consacre 220 millions de dollars.
La Banque mondiale a approuvé l’élargissement à l’Afrique centrale d’une initiative régionale à fort impact, destinée à renforcer la préparation et la réponse aux urgences sanitaires dans quatre pays, dont le Cameroun. Cette troisième phase du Programme de sécurité sanitaire en Afrique de l’Ouest et du Centre (HeSP) s’appuie explicitement sur les enseignements tirés des épidémies d’Ebola et de la pandémie de Covid-19, avec un objectif affiché : faire évoluer les pays bénéficiaires d’une logique principalement réactive vers une préparation permanente aux crises sanitaires.
Un financement partagé entre quatre pays
Cette troisième phase bénéficie de 280 millions de dollars de dons et de crédits de l’IDA, complétés par un don supplémentaire de 10 millions de dollars du Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF). Le projet apporte un soutien ciblé au Cameroun, à la République centrafricaine, à la République du Congo et au Tchad, ainsi qu’à la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) pour la coordination régionale. Pour le seul Cameroun, l’enveloppe IDA s’élève à 220 millions de dollars US, partagée avec la RCA, le Congo et la coordination CEMAC.
Des fragilités régionales bien identifiées
Selon Trina Haque, directrice régionale pour le développement humain à la Banque mondiale, la région est confrontée à une convergence de défis : fragilité, déplacements de populations, porosité des frontières et évolution des conditions météorologiques, qui augmentent les risques d’urgence sanitaire et mettent à rude épreuve des systèmes de santé déjà fragiles. Le programme HeSP répond à ces besoins en investissant dans la surveillance, les réseaux de laboratoires et les agents de santé de première ligne, tout en promouvant une prestation de services inclusive et résiliente.
Des plans d’urgence et des emplois à la clé
Concrètement, cette phase prévoit l’élaboration de plans nationaux et régionaux d’urgence, le renforcement des personnels de première ligne, ainsi que la création d’emplois dans les secteurs de la santé, de la logistique et des infrastructures. Un volet spécifique, financé par le GFF, vise également à protéger la continuité des services essentiels de santé pour les femmes, les enfants et les adolescents, et à renforcer la résilience des soins de santé primaires face aux chocs.
Le HeSP s’inscrit dans un dispositif plus large : le programme s’appuie sur une approche programmatique à phases multiples, dotée d’une enveloppe totale de 688 millions de dollars, couvrant huit pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Le test de la mise en œuvre
Pour le Cameroun, l’enjeu sera désormais de transformer ces financements en capacités opérationnelles durables. Cela suppose un suivi rigoureux des décaissements, des équipements effectivement acquis, des personnels réellement formés et des infrastructures livrées sur le terrain, les indicateurs qui détermineront si cette nouvelle phase change concrètement la donne face à la prochaine urgence sanitaire.








