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Vente des denrées alimentaires dans le Nord : Le contrôle reste difficile en milieu scolaire

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Malgré les règles sanitaires qui encadrent la vente des denrées alimentaires, certaines pratiques persistent sur le terrain et exposent les élèves à des risques de santé.

Dans les cours de récréation, aux abords des salles de classe et parfois même à proximité immédiate des établissements, une activité reprend également avec son lot d’habitudes, la vente des denrées alimentaires. Boissons, aliments préparés, friandises et autres produits destinés à la consommation sont proposés quotidiennement aux élèves. Une pratique qui répond à une réalité économique. Pour de nombreux vendeurs, les établissements scolaires constituent un important bassin de consommateurs. Mais derrière cette activité commerciale se pose une question, dans quelles conditions ces aliments et boissons sont-ils préparés, conservés et vendus ?

Dans certains établissements scolaires, la vente des denrées alimentaires est tout simplement interdite. Dans d’autres, notamment dans plusieurs établissements des enseignements secondaires, elle est tolérée sous certaines conditions. Cette différence de traitement ne signifie toutefois pas une absence de règles. La vente

des produits alimentaires en milieu scolaire est soumise à des prescriptions destinées à protéger la santé des élèves. Dans la région du Nord, le service médico-scolaire est ainsi appelé à jouer un rôle important dans le contrôle et l’assainissement de cette activité.

L’objectif est notamment de veiller à ce que les personnes qui manipulent ou commercialisent les aliments respectent un minimum de règles d’hygiène. Car dans un environnement où les consommateurs sont essentiellement des enfants et des adolescents, la moindre négligence peut avoir des conséquences importantes.

La police sanitaire applicable dans les établissements scolaires prévoit d’ailleurs des restrictions concernant certains produits. Les boissons de fabrication artisanale figurent parmi les produits dont la commercialisation en milieu scolaire est interdite. Sont notamment concernés des produits tels que le « le jus de foléré » certains yaourts et autres boissons préparées dans des conditions qui ne garantissent pas toujours les normes d’hygiène requises.

Sur le terrain, cependant, le constat est loin d’être conforme aux prescriptions. Dans plusieurs établissements scolaires, des boissons artisanales continuent d’être proposées aux élèves. À l’heure de la récréation, les vendeurs installent leurs produits et les élèves se regroupent autour des points de vente. Les boissons sont souvent conditionnées dans des sachets ou des bouteilles et proposées à des prix accessibles. En plus, tous ne passent pas systématiquement par les examens médicaux exigés. Or, le contrôle de l’état de santé des personnes appelées à manipuler ou à vendre des aliments constitue une précaution importante en matière de santé publique. À cela s’ajoute la question de la tenue vestimentaire. Dans certains cas, les vêtements exigés pour assurer une meilleure hygiène lors de la manipulation des aliments sont quasiment inexistants.

Face à ces difficultés, le service médico-scolaire de la région du Nord tente de jouer son rôle. Sa mission ne consiste pas uniquement à prendre en charge les problèmes de santé des élèves. Elle comporte également un volet préventif, notamment en matière d’hygiène et de salubrité dans les établissements scolaires. Des visites d’inspection sont régulièrement organisées dans les établissements. Elles permettent d’échanger avec les responsables des établissements et de rappeler aux vendeurs les règles à respecter.

Réaction : « Depuis l’année passée, nous faisons des visites d’inspection »

Dr Ousmane Hama Adama, Inspecteur médico-scolaire à la délégation régionale des enseignements secondaires pour le Nord

Toute personne désireuse de vendre les aliments dans les établissements est obligée de subir certains tests et doit obligatoirement avoir un certificat médical délivré par l’inspection médico-scolaire de la région. Donc, il y a des tests, par exemple le test d’hépatite B, le test d’hépatite C, on fait également les tests de la tuberculose.

Dans tout cela, ce paquet de tests doit être fait à la personne qui sollicite vendre les denrées alimentaires. Maintenant, lorsque la personne traverse ces étapes-là, il y a l’étape de la sensibilisation. Nous lisons ou nous remettons la police sanitaire à chaque vendeuse de cantine dans les établissements.

Nous avons interdit d’abord tout ce qui est produit liquide de fabrication artisanale. Il peut s’agir du yaourt de fabrication artisanale, les jus de fabrication artisanale et j’en passe. Parce que dans certains établissements, on a constaté qu’il y a des stupéfiants. Dans ces produits-là, les élèves et les vendeurs profitent de cette occasion, de leur autorisation de vendre dans l’établissement pour mettre des stupéfiants dans ces produits liquides et qui passent souvent inaperçus.

Ces consommateurs des stupéfiants dans les établissements, ils ont des codes que nous avons pu identifier. Lorsque vous ne voyez pas le contenu, cette bouteille est interdite dans l’enceinte de l’établissement. La bouteille doit être transparente de telle sorte que vous pouvez identifier clairement le contenu de la bouteille. Ce qui fait en sorte que dans tous les établissements du Cameroun, les produits liquides de fabrication artisanale sont interdits par le ministre des enseignements secondaires.

La police sanitaire a été revue il y a environ un an est encore dans sa phase de sensibilisation. Depuis l’année passée, nous faisons des visites d’inspection, nous faisons des sensibilisations.

Après un certain temps, viendra également la période de répression, parce que lorsqu’il y a des textes signés par la hiérarchie, en tant qu’inspecteur médico-scolaire, nous faisons la police, nous suivons cette police et nous veillons à la mise en œuvre de cette police sanitaire. C’est vrai, il y a des établissements où les chefs d’établissement ne maîtrisent pas encore bien ces textes-là. Mais nous les vulgarisons, nous envoyons via tous les fora, à chaque sectoriel, nous rappelons également ces textes, afin que cette police-là soit connue de tous.

Depuis l’année passée, je pense que nous enregistrons de plus en plus de vendeuses qui quittent de très loin dans les départements pour venir faire les tests ici à l’inspection, afin de bénéficier des certificats médicaux délivrés directement par l’inspection. Nous avons un certificat de visite médical systématique que nous délivrons à chaque vendeur de cantine et qui constitue son dossier pour la vente des denrées alimentaires dans les établissements.

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Marcus DARE

Journaliste Reporter d'Images

Marcus DARE, Journaliste Reporter d'Images, exerçant dans la ville de Garoua dans le Nord Cameroun. Passionné des questions de santé, il mène des recherches et réalise des interview avec les professionnels du secteur afin d'éclairer les populations sur l'éducation à la santé. En plus d'être journaliste, Marcus DARE est juriste.

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