Taux de mortalité élevés, accès inégal aux soins, impact de la toxicomanie et révolution numérique : autant de défis au cœur du 2ᵉ Congrès scientifique du PALSA ouvert le 4 juin dans la capitale camerounaise.
Plus de 30 délégations africaines réunies pour penser l’avenir de la santé maternelle et infantile sous le haut patronage du Président Paul Biya
C’est autour de cet enjeu vital pour le continent, que le Pr Magloire Rémy Etoua, recteur de l’Université de Yaoundé I, représentant personnel du ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Chancelier des Ordres Académique, a solennellement ouvert les travaux.
L’amphithéâtre principal de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé I a accueilli ce mercredi matin l’ouverture solennelle du 2ᵉ Congrès scientifique international du Prix Africain du Leadership en Santé (PALSA).
Placée sous le haut patronage de Son Excellence Paul Biya, Président de la République du Cameroun, cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans une dynamique continentale visant à promouvoir un leadership efficace et engagé en matière de santé publique, avec un accent particulier cette année sur la santé de la mère et de l’enfant : état des lieux en Afrique et perspectives.
Organisé du 4 au 6 juin 2025 dans la capitale camerounaise, ce congrès mobilise plus de 30 délégations africaines, composées d’universitaires, de chercheurs, de professionnels de santé, de décideurs politiques, de représentants d’organisations internationales et de partenaires techniques et financiers. Tous se sont donné rendez-vous à Yaoundé pour diagnostiquer, débattre et formuler des réponses concrètes face à une réalité accablante : la santé maternelle et infantile reste un talon d’Achille du système sanitaire africain.
Une cérémonie d’ouverture marquée par des messages forts
C’est dans un contexte de solennité et d’urgence sanitaire que s’est déroulée la cérémonie d’ouverture. Le Pr Magloire Rémy Etoua, recteur de l’Université de Yaoundé I, représentant personnel du ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, a solennellement ouvert les travaux. Il a salué la volonté du Chef de l’État de placer cet événement sous son très haut patronage, témoignage selon lui de l’intérêt capital que le Président accorde à la santé publique, en particulier à la condition de la femme et de l’enfant.
« Le PALSA, par cette deuxième édition, se présente comme le bâton d’Asclépios, symbole de guérison et de régénération. Il incarne l’espoir d’un système de santé africain plus robuste, plus équitable et plus résilient », a souligné le recteur , par ailleurs Président d’honneur du PALSA. Il a également rappelé l’importance d’une gouvernance sanitaire éclairée et d’un leadership scientifique fort pour garantir aux populations africaines un accès équitable à des soins de qualité.
Un engagement collectif contre la mortalité évitable
Le président du comité d’organisation du PALSA, CEO du Groupe Echos Santé, Joseph Beng Boum, a quant à lui délivré un message vibrant, en insistant sur le caractère inacceptable de la mortalité maternelle dans le continent. « Il n’est pas normal qu’une femme meure parce qu’elle veut donner la vie. Et pendant que nous parlons ici, quelque part en Afrique, une femme vient de décéder en couche. C’est inacceptable. »
Pour lui, les enjeux de santé maternelle et infantile dépassent les frontières des corps de métier. « Que l’on soit gynécologue, pharmacien, chirurgien-dentiste, vétérinaire, assureur, banquier ou journaliste, chacun a un rôle à jouer pour inverser cette tendance meurtrière. »
Il a également annoncé la tenue, en marge du congrès, de la grande cérémonie de remise des Awards du leadership en santé, prévue le 6 juin au Hilton Hôtel de Yaoundé, retransmise en direct par la CRTV. « C’est une première dans notre pays. Le Chef de l’État a voulu que le personnel de santé soit mis à l’honneur. Nous avons 30 pays en compétition et 28 catégories représentées. »
Un thème au cœur des priorités africaines
La Pr Meka, doyenne de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé I, a tenu à saluer la pertinence du thème retenu cette année. En tant que gynécologue-obstétricienne, elle s’est exprimée avec une émotion palpable : « La santé de la mère et de l’enfant est une urgence silencieuse. Des femmes meurent encore en donnant naissance, des enfants succombent avant l’âge de cinq ans à des maladies évitables ou à la malnutrition. Cette tragédie appelle une réponse collective, scientifique et politique. »
Elle a rappelé que ce congrès est une opportunité unique de dialogue et de production de recommandations concrètes, structurantes et opérationnelles pour améliorer la prise en charge dans les formations sanitaires africaines.
Trois sous-thèmes pour un débat multidimensionnel
Dans son intervention, le Pr Ze Minkande, vice-recteur de l’Université de Yaoundé II et présidente du Comité scientifique, a décliné les trois axes majeurs autour desquels s’articulent les discussions : La couverture santé universelle et la santé de la mère et de l’enfant, un impératif pour assurer l’accès aux soins essentiels indépendamment du statut socio-économique – Le numérique au service de la santé maternelle et infantile, une innovation nécessaire pour renforcer le suivi médical, la télémédecine, l’éducation sanitaire et la surveillance épidémiologique – La toxicomanie et ses effets sur la mère et l’enfant, fléau souvent tabou mais aux conséquences désastreuses sur la grossesse, le développement fœtal et la cohésion sociale.
« Une mère en bonne santé donne naissance à une génération en bonne santé. Nous devons donc agir sur tous les leviers : prévention, innovation, sensibilisation, financement et solidarité interétatique », a-t-elle souligné avec force.
Une ambition panafricaine pour des politiques de santé plus inclusives
Durant les trois jours de travaux, des panels, ateliers, communications scientifiques et expositions vont permettre aux participants de croiser leurs expériences et de formuler des propositions en faveur de politiques publiques plus inclusives et centrées sur les besoins des populations les plus vulnérables.
L’Université de Yaoundé I, hôte de l’événement, entend jouer pleinement son rôle de moteur académique régional dans la production de connaissances et la formation des futurs leaders en santé. « Nous sommes honorés d’accueillir cette plateforme d’échange scientifique d’envergure, fidèle à notre mission », a déclaré Pr Etoua.
Une dynamique d’espoir portée par l’unité africaine
Le Prix africain du leadership en santé (PALSA) se veut un levier de transformation du secteur de la santé en Afrique. En récompensant l’innovation, l’engagement et le leadership, il vise à encourager une nouvelle génération d’acteurs de santé africains, audacieux, compétents et engagés.
Les attentes sont fortes. Les regards sont tournés vers Yaoundé, capitale du dialogue sanitaire africain pendant ces trois jours. Et l’espoir est permis : celui de voir émerger, au terme de ce congrès, des recommandations fortes, portées aux plus hauts niveaux, capables de faire reculer la mortalité maternelle et infantile et de bâtir un avenir plus sain pour les générations futures.
Pour que vive le Prix Africain du Leadership en Santé, que vive la coopération scientifique africaine, que vive le Cameroun et son illustre chef, Son Excellence Paul Biya.
Mireille Siapje















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