Pour maximiser les gains et limiter les pertes, les experts misent désormais sur un triptyque stratégique : la formulation d’une provende locale de haute qualité, un rationnement millimétré selon l’âge des sujets et une hygiène des bâtiments ne tolérant aucun compromis.
Les minéraux et vitamines (5% à 8%) sont apportés par la farine de poisson, la poudre d’os, les coquilles d’huîtres et le Concentré Minéral Azoté (CMA), indispensable pour la croissance rapide des sujets.
Dans un contexte où l’aviculture camerounaise représente un investissement agricole de plus en plus priser, le poste alimentation constitue le principal défi pour les éleveurs. En effet, l’alimentation représente entre 60 et 70% des coûts de production selon les experts du secteur. Ainsi, la réussite d’un élevage de poulets de chair ou de porcs repose sur trois piliers fondamentaux : une provende de qualité supérieure, un rationnement précis et une hygiène rigoureuse des bâtiments. Par conséquent, produire une provende de qualité supérieure au Cameroun nécessite de s’appuyer sur des matières premières locales d’une fraîcheur irréprochable. D’abord, le maïs blanc ou jaune constitue la base énergétique indispensable, représentant 60% à 70% de l’apport. Il doit impérativement être sec et sans moisissures pour éviter la contamination par les aflatoxines, ces champignons toxiques pour le foie des volailles. Le président de l’Ordre des Vétérinaires du Cameroun, recommande aux éleveurs de se rapprocher des techniciens pour contrôler les matières premières et respecter les dosages exacts.
Ensuite, l’apport protéique (20% à 25%) provient essentiellement du tourteau de
soja, du tourteau de coton ou de palmiste. Les minéraux et vitamines (5% à 8%) sont apportés par la farine de poisson, la poudre d’os, les coquilles d’huîtres et le Concentré Minéral Azoté (CMA), indispensable pour la croissance rapide des sujets. De plus, la provende de qualité ne doit pas être excessivement poussiéreuse et doit dégager une odeur agréable de céréales grillées, signe d’un bon broyage.
Par ailleurs, les besoins alimentaires varient drastiquement selon la spéculation et l’étape d’engraissement. Pour l’élevage de poulets de chair, le budget alimentation représente environ 2 500 à 3 500 FCFA par poulet sur un cycle de 45 jours. Un poulet consomme ainsi 4 à 4,5 kg de provende au total : environ 500g en phase de démarrage (J1-J14), 1,2 à 1,5 kg en croissance (J15-J30), et 2 à 2,5 kg en finition (J31-J45).
Pour l’engraissement des porcs, la quantité dépend de l’âge de l’animal. Un porcelet sevré consomme 500g à 1 kg par jour, tandis qu’un porc en croissance nécessite 2,5 à 3,5 kg de provende quotidiennement. Il faut environ 5 à 6 mois pour qu’un porc atteigne un poids idéal de 90 kg sur le marché camerounais.
Cependant, donner la meilleure provende du monde est inutile si le bâtiment est mal lavé. Les parasites et les virus compromettent l’assimilation des nutriments, réduisant ainsi l’efficacité alimentaire. Pendant le vide sanitaire, après la vente d’une bande, un lavage à grande eau sous pression avec du savon en poudre s’impose pour éliminer toutes les matières organiques comme les fientes. Ensuite, une désinfection minutieuse à l’aide d’un désinfectant approprié est indispensable. Le processus comprend plusieurs étapes : démontage du matériel, vidange des circuits d’eau, enlèvement de la litière, lavage des parois et des sols. Un vide sanitaire strict de 10 à 21 jours avant l’introduction des nouveaux sujets est recommandé. Cette période permet de faire chuter la charge microbienne et d’assainir complètement l’environnement.
Ainsi, un bâtiment propre garantit qu’1 kg de provende consommé se transforme efficacement en viande, sans pertes dues aux maladies comme les diarrhées ou la colibacillose. Une étude menée au Cameroun a d’ailleurs démontré qu’une alimentation bien formulée avec des matières premières locales comme la boue d’huile de palme pouvait réduire de 17% le coût alimentaire de production. En définitive, la combinaison d’une provende de qualité, d’un rationnement précis et d’une hygiène rigoureuse constitue la formule gagnante pour tout éleveur souhaitant optimiser sa rentabilité au Cameroun.












