Face à ce bilan de 331 malades et 12 vies fauchées, le ministère de la Santé publique déploie la riposte d’urgence pour endiguer une contagion aggravée par des foyers actifs aux frontières.
Trois cent trente et un cas notifiés et déjà douze vies fauchées. C’est le bilan glaçant communiqué le 10 juillet 2026 par le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie. Avec un taux de létalité préoccupant de 3,6 %, l’Extrême-Nord du Cameroun bascule à son tour dans l’ombre d’une épidémie de choléra fulgurante. Ce constat chiffré, implacable, tire la sonnette d’alarme sur une crise sanitaire majeure qui menace de s’étendre si la digue de la riposte nationale cède.
En effet, la résurgence de cette maladie de la saleté ne relève pas du hasard géographique. Elle survient dans un contexte régional particulièrement explosif, alors même que plusieurs pays frontaliers — à savoir le Tchad, la République centrafricaine, la République du Congo et le Nigeria — font face à des flambées épidémiques actives. En raison de la porosité des frontières et de l’intensité des échanges transfrontaliers, le Cameroun se retrouve ainsi pris en étau dans une zone de haute turbulence sanitaire.
Face à ce péril imminent, le gouvernement a immédiatement actionné le plan d’urgence. Le ministère de la Santé publique assure que l’ensemble du système de réponse national est désormais sur le pied de guerre. C’est pourquoi une batterie de mesures d’envergure a été déployée sur le terrain : renforcement de la surveillance épidémiologique dans les communautés et aux points d’entrée, désinfection des foyers touchés et acheminement massif de matériel médical. De plus, la prise en charge des patients est désormais totalement gratuite dans les centres d’isolement, tandis qu’une campagne de vaccination d’urgence est en cours de finalisation pour briser la chaîne de transmission.
Cependant, l’action publique ne pourra suffire sans un sursaut civique global. Le choléra demeure une maladie hydrique hautement contagieuse, capable de tuer un adulte en quelques heures par déshydratation sévère. C’est la raison pour laquelle les autorités exhortent les populations à une vigilance absolue et au respect strict des règles d’hygiène fondamentales. Laver les mains au savon, consommer de l’eau potable, cuire les aliments à cœur et bannir la défécation en plein air sont autant de gestes barrières qui sauvent des vies. En outre, un numéro vert gratuit, le 1510, a été réactivé pour signaler tout cas suspect de diarrhée aqueuse. La course contre la montre est engagée, et chaque minute compte pour arracher l’Extrême-Nord aux griffes du vibrion colérique.












