L’Hôpital Régional de Nkongsamba franchit un cap décisif dans la prise en charge des urgences vitales avec l’inauguration d’une salle de déchocage moderne. Équipé pour accueillir les défaillances organiques les plus graves, ce nouvel espace permet désormais de stabiliser sur place les patients victimes d’AVC ou de chocs cardiogéniques et hémorragiques.
Cette avancée majeure vient briser un cycle douloureux pour la communauté : celui des évacuations sanitaires systématiques et risquées vers Douala, Bafoussam ou Yaoundé, qui se soldaient trop souvent par des décès en cours de route faute de plateau technique adapté.
Au-delà des soins immédiats, cette unité opérationnelle marque la première étape d’une stratégie plus large menée par le Top management ; le comité de gestion engage désormais un plaidoyer auprès de sa hiérarchie pour acquérir une ambulance de type C, indispensable pour garantir des transferts sécurisés une fois les malades stabilisés.
Le comité de gestion de l’Hôpital Régional de Nkongsamba, présidé par Evelyne Mpoudi Ngole, s’est tenu sous un air de satisfaction, mais avec des défis à relever. Le premier fait marquant a été l’inauguration de la salle de déchocage, pour la prise en charge efficace des cas de chocs graves. Il s’agit d’une salle avec des équipements modernes pour accueillir des situations d’extrême gravité. Un nouvel espace qui inspire une histoire : « Il faut dire que ce nouvel espace a une histoire. Une histoire qui voudrait que, lorsque nous avons pris la gestion de cet hôpital, nous nous sommes retrouvés face à une situation pour laquelle nous référions des malades de manière tous azimuts, nous référions des malades parce que nous n’avions pas de plateau technique. Donc nous les référions vers Douala ou Bafoussam. Mais il s’avérait que chaque fois que nous avons référé un malade, parfois on revenait avec lui parce qu’il était décédé. Parce que les conditions de référence n’étaient pas toutes réunies, notamment la stabilisation des malades », a expliqué le Dr Fulbert Mangala Nkwele, Directeur de l’Hôpital Régional de Nkongsamba, qui va encore nous parler de sa démarche : « Nous avons commencé d’abord par une unité de soins intensifs. En réalité, à notre niveau de pratique, nous n’avons pas la possibilité d’avoir une vraie unité de soins intensifs. Mais nous avons quand même mis en place cette unité-là, pour laquelle notre hiérarchie nous a dotés d’un minimum de matériel, d’un espace que nous avons créé. Et nous avons expérimenté cette unité-là. Et nous nous sommes rendu compte que pour ce qui est de la maladie, des accidents vasculaires cérébraux, vous savez, c’est l’apanage maintenant avec nos comportements, beaucoup de maladies cardio-vasculaires, des accidents vasculaires cérébraux, même chez nous les jeunes. Donc nous nous sommes rendu compte que ce service-là a aidé pour la gestion des accidents vasculaires cérébraux », fait-il savoir.
Et de fil en aiguille, « il s’est avéré que les malades que nous référions auparavant refusaient même déjà d’être référés et étaient pris en charge convenablement avec notre équipe. Mais nous nous sommes rendu compte par la suite qu’il nous restait une partie, c’était la partie de gestion des chocs, des chocs cardiogéniques, des chocs hémorragiques, c’est-à-dire des situations pour lesquelles le malade est en défaillance organique et son organisme ne peut plus fonctionner ou alors son cœur ne peut pas fonctionner normalement pour permettre la circulation sanguine normale. Donc pour ces malades-là, on avait encore des difficultés ».
Dans la difficulté naissent des solutions
« Nous avons notre ambulance qui est une ambulance de type B qui n’est pas une ambulance de type C et c’était avec beaucoup de difficultés que nous référions ces malades-là essentiellement à l’Hôpital Général de Yaoundé et à l’Hôpital Général de Douala, ou ailleurs. Et c’est comme ça que nous avons, avec nos partenaires, avec le comité de gestion, réfléchi à faire cette salle de déchocage dans notre service d’urgence. Nous avons l’écoute du Ministre de la Santé Publique, notre hiérarchie ».
Vers des meilleures évacuations sanitaires ?
« Nous voulons migrer vers une évacuation sanitaire dans des conditions meilleures, avec un malade plus ou moins stabilisé qui va continuer. Nous pensons qu’à l’heure actuelle, ce qui va nous rester, c’est de sortir de cette unité vers une ambulance de type C. C’est pour ça que nous avons émis, en présence de la hiérarchie, un plaidoyer pour nous, parce que lorsque vous sortez de cette unité, il faut que vous soyez aussi dans une ambulance qui correspond à ce type-là, pour que le malade arrive dans les bonnes conditions. Et nous sommes convaincus que d’ici là, notre hiérarchie va répondre par rapport à cela, au regard des efforts que nous avons faits », a déclaré le Directeur.
Revenant sur les travaux du Comité de gestion, ils se sont tenus dans un contexte marqué par
certaines difficultés liées au fonctionnement global de l’Hôpital Régional de Nkongsamba. On peut citer, entre autres, le manque de personnel dans certains services, le manque d’équipements et surtout la multiplication des cas d’indigence. Au 9 juillet 2026, l’Hôpital Régional de Nkongsamba avait déjà enregistré 16 millions de FCFA de dépenses pour la prise en charge de ces cas. L’année dernière, les registres ont présenté une dépense de plus de 21 millions de FCFA, dépensés par cette formation hospitalière.
Puisque nous parlons des besoins, le Comité de gestion a fait la somme : « Au thème de ce comité de gestion, ce que nous pouvons retenir, c’est qu’il y a encore de grands besoins. Des besoins matériels, des besoins en ressources humaines, des besoins en ressources financières. Ce qu’on retient également, c’est que nous avons affaire à une population assez fortement précarisée, et donc cela pose quelques problèmes d’indigence dans la gestion de l’hôpital », a déclaré le Dr Evelyne Mpoudi Ngolè, qui ne perd aucun espoir : « Nous savons que l’espoir fait vivre. Et nous savons aussi que le lendemain économique s’annonce certainement meilleur pour le pays, ce qui veut dire que, par conséquent, les structures hospitalières vont connaître une amélioration. Du moins, nous l’espérons fortement », a laissé entendre la présidente dudit Comité de gestion.
Mener le plaidoyer
Et en gardant l’espoir, il faut bien explorer des pistes pour faire avancer le développement des infrastructures engagé par le Top management. Et là, on parle des plaidoyers. Dans la bouche du Dr Mpoudi Ngolè, la démarche est pensée : « Pour ce qui est des plaidoyers, nous allons ensemble les mener, le Directeur de l’hôpital et moi-même, à plusieurs niveaux. Donc, déjà au niveau du Conseil régional, nous allons mener ce plaidoyer. Je vais personnellement mener ce plaidoyer pour que le Conseil puisse apporter une aide subsidiaire à l’Hôpital Régional dont il a la charge, évidemment dans la limite des moyens dont dispose le Conseil. Nous mènerons également ensemble ce plaidoyer auprès du Ministère de la Santé, qui fait déjà beaucoup pour cet hôpital, mais qui pourrait, nous l’espérons, faire encore mieux. Le plaidoyer continuerait vers les partenaires publics et privés pour que nous recevions, pour l’intérêt de l’hôpital, quelques aides importantes, quelle que soit leur importance. Nous souhaiterions que des aides viennent pour que l’hôpital fonctionne mieux », va-t-elle nous expliquer.
Les chiffres
Pour le budget 2026, les recettes ont été projetées avec une augmentation de 5 % sur les réalisations de 2025. On a projeté les crédits de fonctionnement au montant de 20 500 000 FCFA. Les assurances ont été projetées à 8 millions de FCFA et les factures CSU à 22 millions de FCFA. Le récapitulatif des prévisions des recettes et des dépenses pour 2026 se présente ainsi qu’il suit. Estimation des recettes : recettes propres : 397 868 644 FCFA ; les factures d’assurance : 8 millions de FCFA ; les factures CSU : 22 millions de FCFA ; les recettes pharmacie : 229 679 275 FCFA ; les crédits transférés : 20 500 000 FCFA. Soit un total de 678 047 859 FCFA avec une dépense équivalente relativement au même montant. Le projet de budget de recettes affectées de 2026 a été présenté rubrique par rubrique.
Alphonse JENE












