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Maladies bucco-dentaires : Une infection parodontale augmente les risques d’Accident Cardiovasculaire(AVC)

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En s’attaquant aux tissus qui soutiennent la dent, les bactéries de la cavité buccale s’infiltrent dans le sang et favorisent la formation de caillots menant directement au cerveau.

C’est une scène que tous les dentistes connaissent par cœur : un patient qui repousse sa consultation en se disant que « ce n’est qu’une petite douleur » ou « juste un peu de sang en se brossant les dents ». Pourtant, derrière ces signaux d’apparence anodins, se cache parfois un mécanisme biologique bien plus inquiétant qui peut conduire à un risque d’AVC. En effet, l’on pense généralement, que le principal danger qui menace nos dents est la carie. Erreur ! Si la carie creuse l’émail, un tissu dur et non irrigué par le sang, le véritable danger pour notre santé générale vient

d’un peu plus bas : le parodonte, ce tissu qui soutient la dent et qui, lui, déborde de petits vaisseaux sanguins.

Lorsqu’une infection s’installe dans la gencive, une bactérie particulière prend le contrôle : le porphyromonas gingivalis. C’est elle la grande coupable. Face à cette intrusion, le corps réagit en déclenchant une inflammation. Les gencives deviennent rouges, gonflent, et les vaisseaux sanguins se dilatent pour envoyer des secours. Mais cette réaction crée une faille. « Le vaisseau sanguin au niveau de la dent peut transporter une bactérie et l’acheminer dans beaucoup d’autres organes du corps. Le cerveau n’est généralement pas épargné », avertit le Dr. Ornela Takam, médecin bucco-dentaire. Elle explique également que, en s’infiltrant par les micro-blessures de la gencive, cette bactérie rejoint le flux sanguin et voyage discrètement à travers l’organisme, pour atteindre les artères cérébrales.

Un cerveau fragile face à l’obstruction

Une fois arrivée dans le réseau cérébral, la bactérie ne s’arrête pas là : elle y déclenche une nouvelle inflammation locale. Les parois des vaisseaux s’en trouvent fragilisées. Dans le pire des cas, comme le dit l’expert, le vaisseau peut par exemple se perforer ou favoriser la formation d’un caillot de sang. Celui-ci agit comme un véritable bouchon. Bloqué, le sang ne circule plus, privant toute une région du cerveau d’oxygène et de nutriments. C’est l’accident vasculaire cérébral. Selon la zone touchée, les séquelles peuvent être dramatiques, altérant la motricité, la parole ou la mémoire. « En fonction de la région du cerveau concernée, on aura les signes correspondants. Si c’est la partie responsable des mouvements, ils seront affaiblis », détaille le Dr. Ornela Takam

Cette capacité qu’à le Porphyromonas gingivalis à s’immiscer dans le tissu nerveux suscite une attention scientifique internationale grandissante. Certaines études cherchent d’ailleurs à mesurer son rôle dans d’autres maladies neurodégénératives comme Alzheimer apprend-on du Dr. Ornela Takam.

Des gestes simples pour protéger le cerveau

Face à ce problème, l’expert propose des solutions simples. Et celles-ci commencent par la prévention, chaque matin devant le miroir de la salle de bain. « La prévention, c’est la clé. Que ce soit sur le plan financier ou sur le plan de la douleur. Et elle passe par des gestes simples du quotidien », rappelle le Dr. Ornela Takam

Pour éviter de laisser la porte ouverte aux bactéries, quelques règles d’or s’imposent : Prendre 3 à 5 minutes pour nettoyer scrupuleusement les quatre faces des 32 dents, sans oublier la langue, à l’aide d’une brosse à poils souples et d’un dentifrice au fluor. Privilégier une alimentation équilibrée, notamment les aliments comme le

fromage, qui apportent le calcium nécessaire pour renforcer la dentition. De plus, seul un dentiste peut repérer une infection débutante avant qu’elle ne franchisse la barrière sanguine. N’hésitez pas à lui poser toutes vos questions lors des visites de contrôle.

Prendre soin de son sourire n’est donc pas qu’une question d’esthétique ou de fraîcheur buccale : c’est, au sens propre, un bouclier indispensable pour préserver la santé de votre cerveau.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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