5 nouvelles naissances enregistrées ce 19 août 2026, portent à 670 le total d’enfants conçus par fécondation in vitro au Centre hospitalier de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine (Chracerh) de Yaoundé.
Elle avait 45 ans et un vide dans les bras depuis près de deux décennies. Le 19 août 2026, dans la salle de naissance du Centre hospitalier de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine (Chracerh) à Yaoundé, cette femme a enfin entendu le premier cri de son enfant, un garçon, après dix-huit longues années de tentatives, de traitements et d’espoir souvent déçu. À côté d’elle, une jeune maman de 25 ans, elle aussi marquée par des troubles de la fertilité, serrait contre son cœur des jumeaux. Ces deux destins, parmi d’autres, illustrent avec une force poignante la mission de ce centre de référence : redonner le sourire aux familles que l’infertilité condamnait au silence.
Ce jour-là, le Chracerh a enregistré cinq nouvelles naissances issues de la fécondation in vitro (FIV), portant à 670 le nombre total d’enfants nés grâce à cette institution depuis son inauguration en 2016. « Ces femmes souffraient toutes de troubles de la fertilité, avec des antécédents chirurgicaux non traités. La maternité a pu les accompagner pour obtenir ces cinq nouvelles naissances », a confié à la presse le professeur Jean-Marie Kasia, président fraîchement élu de la Société Camerounaise de Fertilité et directeur du centre. Parmi ces accouchements, un s’est déroulé par voie basse, tandis que quatre ont nécessité une césarienne. Sur les cinq grossesses, une était gémellaire, les autres étant monofœtales. Tous les bébés sont nés à des poids viables et normaux.
Inauguré en 2016 sous l’impulsion du couple présidentiel camerounais et parrainé par la première dame Chantal Biya, le Chracerh s’est imposé comme un phare dans la lutte contre l’infertilité, un phénomène qui touche près de 20 % des couples au Cameroun. « Depuis 2016, nous avons amorcé un comptage des nouveau-nés vivants pour l’horizon 2028. Nous sommes à 670. Plus elles accouchent, plus le nombre restant va diminuer », a rappelé le professeur, donnant ainsi l’onction à une bataille scientifique et humaine qui redonne espoir à des milliers de familles. Les pathologies traitées vont des trompes bouchées aux troubles sévères de l’ovulation, en passant par des antécédents chirurgicaux souvent négligés dans les parcours de soins classiques.
Au-delà des chiffres, ce sont des vies qui basculent. Chaque naissance au Chracerh est une victoire contre le fatalisme et un pari sur l’avenir. Le centre, grâce à son expertise en chirurgie endoscopique et en reproduction humaine, incarne aujourd’hui une véritable plateforme d’excellence médicale, attirant des patients de toute la sous-région. La cérémonie du 19 août restera gravée comme un moment
de grâce, où cinq familles ont vu leur rêve le plus intime se réaliser. Comme l’a si bien dit le professeur Kasia en conclusion : « Nous ne guérissons pas seulement l’infertilité, nous reconstruisons des foyers et nous offrons un avenir à des générations qui, sans nous, n’auraient peut-être jamais vu le jour. »
Alors que le Cameroun poursuit sa marche vers la souveraineté sanitaire et sociale, le Chracerh demeure un symbole éclatant de ce que la science, portée par une volonté politique et un engagement humain, peut offrir de plus beau : des sourires, des berceaux et une espérance renouvelée pour des centaines de couples. Et si la FIV continue de progresser, c’est tout un peuple qui verra, demain, ses familles s’agrandir et ses liens se renforcer, pour le bonheur de tous.













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