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SANTE ANIMALE

Braconnage : Une hécatombe silencieuse qui menace la biodiversité mondiale

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Des forêts d’Afrique aux jungles d’Asie, en passant par les savanes sud-américaines, ce trafic mondialisé tue, mutile et vole la vie sauvage.

Le hurlement déchirant d’un éléphant dont on vient de scier les défenses à la tronçonneuse, le râle étouffé d’un rhinocéros agonisant dans la savane africaine, le cri désespéré d’un bébé orang-outan arraché des bras de sa mère dans les forêts indonésiennes. Ces scènes d’horreur se répètent chaque jour, à chaque heure, dans les coins les plus reculés de notre planète, alors que l’humanité détourne le regard. Le braconnage, cette forme de criminalité environnementale omniprésente, ne se contente pas de tuer des individus ; il fragilise des écosystèmes entiers, compromet des équilibres écologiques millénaires et prive les générations futures d’un patrimoine naturel inestimable. Loin de se limiter à quelques chasseurs isolés agissant par nécessité, ce fléau est aujourd’hui dominé par de puissants réseaux illicites qui opèrent à très grande échelle, transformant le sang des espèces les plus menacées en or noir pour les trafiquants. Des forêts d’Afrique aux jungles d’Asie, en passant par les savanes sud-américaines, aucune région du monde n’est épargnée par cette tragédie silencieuse qui pourrait bien signer l’arrêt de mort de la biodiversité telle que nous la connaissons.

Le braconnage ne se limite pas à la chasse illégale ; il englobe également le piégeage et la capture d’animaux vivants destinés à être vendus comme animaux de compagnie exotiques. Il convient de distinguer le braconnage de subsistance, pratiqué par des communautés ou des individus qui s’y livrent pour subvenir à leurs propres besoins nutritionnels, du braconnage commercial, dont l’objectif unique est de faire du profit. Cette distinction est fondamentale car elle éclaire la complexité du problème.

Les antilopes figurent parmi les victimes les plus emblématiques du braconnage, avec une chasse destinée à la consommation de viande de brousse qui sévit dans de nombreux pays, y compris ceux où elle est officiellement interdite. Ces animaux sont également braconnés pour leurs cornes, vendues pour leurs prétendues vertus médicinales, pour être sculptées ou utilisées comme aphrodisiaques. Les cobes représentent l’une des familles d’antilopes africaines les plus ciblées, avec les cobes de montagne particulièrement menacés, leurs populations ayant drastiquement chuté sous l’effet conjugué du braconnage et de la prédation. Les impalas constituent une autre espèce fréquemment visée, et les statistiques sud-africaines sont alarmantes : sur la seule période de janvier à octobre 2023, les parcs nationaux d’Afrique du Sud ont rapporté 115 décès d’impalas pris dans des collets, ainsi que 48 zèbres, 25 koudous et 23 nyalas. Les buffles ne sont pas épargnés, avec 135 décès recensés durant la même période, représentant trente-cinq pour cent de tous les décès dus au braconnage en Afrique du Sud.

Le commerce des animaux de compagnie exotiques représente une autre facette dévastatrice du braconnage. Les gris d’Afrique, ces perroquets très prisés, voient leur population chuter de vingt et un pour cent par an. Depuis 1975, plus de 1,3 million ont été vendus à l’international, avec un taux de mortalité de trente à soixante-six pour cent avant la vente. Au Ghana, quatre-vingt-dix à quatre-vingt-dix-neuf pour cent de la population a disparu. Les grands singes, notamment les orangs-outans, bonobos, chimpanzés, gorilles et gibbons, sont chassés pour la viande de brousse, un marché devenu lucratif pour les consommateurs asiatiques. Plus de cinq millions de tonnes de viande de brousse sont exportées chaque année depuis le bassin du Congo. Les orangs-outans, en danger critique, sont braconnés pour le commerce d’animaux de compagnie, particulièrement leurs bébés, tandis que les adultes sont tués pour leurs crânes et leurs os. Pour chaque bébé chimpanzé capturé, au moins vingt-cinq adultes sont tués. Les lions, classés comme vulnérables, sont chassés pour leurs os, dents et griffes, utilisés en médecine traditionnelle. Les pécaris, les dendrobates, les hoccos à pierre, les tortues luths, les tigres, les pangolins et les grenouilles de verre complètent cette macabre liste d’espèces victimes du braconnage.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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