Une importante quantité de médicaments issus de circuits clandestins a été saisie le 10 septembre 2026 au marché de Pitoa, dans la région du Nord. L’opération a été conduite par la compagnie de gendarmerie de Garoua II.
Le coup de filet a eu lieu au marché de Pitoa, une localité située à une quinzaine de kilomètres de la ville de Garoua. Le 10 septembre dernier, les éléments de la compagnie de gendarmerie de Garoua II ont découvert un important stock de médicaments issus de la contrebande. La marchandise, dont la valeur est estimée à environ 20 millions de FCFA, était dissimulée dans un local aménagé de manière à ne pas attirer l’attention.
À première vue, rien ne laissait penser que cet espace servait à entreposer des produits pharmaceutiques. L’extérieur donnait plutôt l’impression d’abriter une activité ordinaire. Mais une fois à l’intérieur, les forces de l’ordre ont découvert une importante quantité de médicaments de différentes catégories. La découverte ne s’arrête toutefois pas à la présence de produits pharmaceutiques. Selon les informations recueillies sur place, le local aurait également servi à l’administration de soins. Un lit d’hospitalisation y avait notamment été installé. Celui qui exerçait cette activité ne disposerait d’aucune qualification médicale ou pharmaceutique reconnue. Le site aurait ainsi été utilisé à la fois comme point de stockage, lieu de vente et espace de prise en charge des patients. Une situation qui inquiète particulièrement les responsables sanitaires. Dans ce type de circuit, les patients sont exposés à plusieurs risques, notamment l’utilisation de médicaments sans prescription, le mauvais dosage, les associations dangereuses entre produits ou encore le recours à des médicaments dont les conditions de conservation ne sont pas garanties.
Le stock saisi était particulièrement diversifié. Les éléments découverts comprenaient notamment des antipaludéens, des antibiotiques, des anti-inflammatoires, des antalgiques, des pommades et
des produits injectables. Des seringues faisaient également partie de la marchandise. La présence de produits vétérinaires parmi les médicaments saisis constitue un autre élément préoccupant. Ces produits étaient conservés dans le même espace que les médicaments destinés à l’usage humain.
Pour le personnel sanitaire appelé à constater les faits, cette situation illustre les dérives auxquelles peut conduire le commerce illicite des médicaments. Le Dr Antar, chef du district de santé de Pitoa, a effectué le constat des produits saisis. Son intervention a permis de mettre en évidence la nature et la diversité des produits présents dans ce dépôt clandestin.
À la suite de la saisie, les médicaments ont été consignés par la compagnie de gendarmerie de Garoua II. Ils doivent faire l’objet d’une destruction conformément aux procédures prévues, sous la conduite des autorités administratives compétentes, notamment le gouverneur de la région du Nord.
Réaction

« La lutte contre les médicaments de la rue est une responsabilité collective »
« Je voudrais rappeler à la population du district de santé de Pitoa, en particulier, que les médicaments de la rue ne constituent pas une alternative sûre et moins coûteuse aux produits issus du circuit officiel. Leur consommation peut exposer les populations à de graves
conséquences sanitaires. Ces médicaments peuvent être falsifiés, sous-dosés, surdosés, périmés, ou avoir été soumis à de mauvaises conditions de conservation, notamment à la chaleur et à l’humidité.
Dans certains cas, le produit présenté comme un médicament peut même ne pas contenir le principe actif. Le principe actif, c’est la molécule qui apporte le soulagement au mal dont on souffre. Il peut également contenir des substances très dangereuses. Donc l’utilisation de tels produits peut entraîner l’échec du traitement, car on consulte initialement pour des raisons de santé.
Les risques incluent des intoxications, des réactions allergiques, ainsi que des atteintes du foie et des reins — dont la plupart finissent souvent par nécessiter des séances d’hémodialyse — voire engager le pronostic vital et mener à la mort. Ce mauvais usage ou l’utilisation inappropriée de certains antibiotiques peut également favoriser le développement de résistances aux antimicrobiens, rendant certaines infections plus difficiles à traiter. Le danger est également lié à l’absence de conseils et de suivi par un professionnel de santé.
Une personne peut prendre un médicament inadapté à sa maladie, à son âge et à son état de santé, ce qui est particulièrement critique pour les populations vulnérables telles que les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées. Les médicaments doivent donc être obtenus auprès des formations sanitaires et des établissements pharmaceutiques autorisés.
Nous avons la chance à Pitoa de disposer de deux pharmacies avec l’accompagnement de professionnels de la santé. En cas de maladie ou de symptômes persistants, il est préférable de consulter plutôt que de pratiquer l’automédication, car recourir à ce genre de produits équivaut à pratiquer une automédication avec des articles provenant du circuit clandestin.
Enfin, je peux dire que la lutte contre les médicaments de la rue est une responsabilité collective. Tout le monde est appelé à apporter sa pierre à l’édifice pour lutter contre ce fléau, en concertation avec les autorités administratives, les services de santé, les forces de maintien de l’ordre, les professionnels du médicament, les leaders communautaires et la population elle-même.
Acheter un médicament dans un circuit autorisé, c’est aussi garantir et protéger sa propre santé et celle de sa famille. C’est le message adressé à la communauté de Pitoa en particulier, et je crois que c’est également bénéfique pour l’ensemble du Cameroun et pour la région du Nord. »










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