Le Représentant résident de l’OMS, la Représentante du HCR et des représentants de l’UNICEF, d’OCHA et du ministère de la Santé publique se sont rendus au camp de réfugiés de Minawao pour faire le point sur l’épidémie de choléra et remettre un important lot d’intrants aux équipes de terrain.
À Minawao, la lutte contre le choléra franchit une nouvelle étape. Le 4 octobre, les principaux acteurs engagés dans la réponse se sont rendus dans le camp pour évaluer la situation et examiner les mesures déjà déployées. La délégation comprenait notamment le Représentant résident de l’OMS au Cameroun, le Dr Magaran Monzon Bagayoko, la Représentante du HCR au Cameroun, Yvette Muhimpundu, ainsi que des représentants de l’UNICEF, d’OCHA et du ministère de la Santé publique. La mission avait pour objectif de mieux comprendre les circonstances de survenue de l’épidémie, d’évaluer les interventions en cours et d’identifier les priorités pour renforcer la réponse. Elle s’est achevée par la remise d’un important lot d’intrants
destinés à la prévention et au contrôle du choléra aux équipes mobilisées sur le terrain.
La cérémonie de remise s’est déroulée sous la présidence du préfet du Mayo-Tsanaga, Sone Clément Ngoe, illustrant l’implication des autorités administratives dans la réponse à l’épidémie.
Une épidémie dans un environnement à risque
Situé dans l’arrondissement de Mokolo, le camp de Minawao accueille principalement des réfugiés nigérians ayant fui les violences dans le nord-est du Nigeria. La forte concentration de population dans le camp constitue un défi supplémentaire lorsqu’une maladie à transmission hydrique comme le choléra apparaît.
La situation épidémiologique avait déjà conduit à un renforcement important des capacités de réponse. Au 20 septembre, International Medical Corps faisait état de 447 cas pris en charge à Minawao et de quatre décès depuis le début de l’épidémie. L’organisation signalait également une forte proportion d’enfants parmi les patients pris en charge.
Eau, hygiène et surveillance au cœur de la réponse
À Minawao, la prise en charge des malades ne constitue qu’un volet de la riposte. Pour interrompre la transmission, les interventions portent également sur la surveillance des cas, la recherche active des personnes présentant des symptômes, la désinfection et la sensibilisation des populations aux mesures de prévention.
L’accès à une eau sûre et à des installations d’assainissement adaptées reste également déterminant. Dans un contexte de forte densité de population, toute contamination d’une source d’eau ou toute défaillance dans la gestion des déchets et des eaux usées peut favoriser la propagation de la maladie.
Des mesures ont ainsi été prises pour réduire les risques liés à l’eau. Plus d’une centaine de puits à ciel ouvert considérés comme dangereux avaient notamment été fermés dans le camp dans le cadre des actions de contrôle de la transmission. La vaccination orale contre le choléra constitue également un outil de prévention mobilisé dans la réponse. Selon les données communiquées en fin septembre par International Medical Corps, plus de 75 000 personnes avaient reçu le vaccin à Minawao.
Protéger le camp et les communautés environnantes
L’enjeu dépasse toutefois les limites du camp. Les échanges entre Minawao et les communautés hôtes rendent nécessaire une surveillance élargie afin de détecter rapidement les nouveaux cas et de limiter le risque de propagation.
La coordination entre les autorités camerounaises, les agences des Nations unies et les organisations humanitaires vise ainsi à maintenir une réponse intégrée : traiter les personnes malades, prévenir les nouvelles infections et améliorer les conditions d’hygiène et d’assainissement afin de réduire la transmission.
La remise de nouveaux intrants le 4 octobre vient renforcer ce dispositif. Mais la maîtrise durable du choléra dépendra de la continuité de la surveillance, de la disponibilité des soins et de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
À Minawao, la riposte sanitaire se joue donc autant dans les structures de prise en charge que
dans les conditions quotidiennes de vie des réfugiés et des communautés qui les entourent.









