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Sœur Marie Luz, religieuse-missionnaire, Carmélite Missionnaire d’origine espagnole, de formation médecin : « Les besoins sont nombreux à la Léproserie de la Dibamba »

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La responsable de la mission du centre médico-social, Léproserie de la DIbamba,  dresse un état de lieu de cette formation sanitaire dont elle a la charge depuis 2019.

Comment se porte la Léproserie de la Dibamba ?

Le centre médico-social,  Léproserie de la Dibamba  se porte bien dans son ensemble. Malgré son ancienneté, il a ouvert ses portes en 1954. Ce centre a  déjà 69 ans de existence au service  de la prise en charge et des malades de la Lèpre (exclusif dans son origine). Depuis plusieurs années, la Léproserie a ouvert ses portes à un dispensaire général, à une prise en charge hospitalisé des malades avec des plaies et à un service spécialisé en collaboration avec le Pnltb (programme de lutte contre la Tuberculose) d’hospitalisation et prise en charge des malades qui souffrent de Tuberculose Multirésistante.  Ils restent de 4 à 6 mois hospitalisé.  Il continue évidement à être le centre de référence de diagnostic et prise en charge de la lèpre de tout le Littoral (Douala) ; bien que les malades ne restent plus au centre, ils  suivent  leur traitement  à domicile.

Rencontrez-vous des difficultés dans la gestion de la Léproserie depuis votre  arrivée  en octobre 2019?

Oui, évidement les difficultés ne manquent pas comme dans la gestion de toute structure. Une des difficultés, c’est qu’en étant un centre à caractère social, les prix sont très bas, et comme il y a un bon nombre de cas social à gérer ça pèse énormément.  Tous les anciens cas de lèpre sont soignés gratuitement, et encore autres cas sont aussi pris socialement, des plaies chroniques, malades amputés, malades drépanocytaires…  et les besoins sont nombreux, on y arrive difficilement.  On a besoin de  maintenance, car les  structures sont très anciennes. Il y a besoin de renouveler la peinture régulièrement.  Dernièrement nous avons fait la peinture intérieur de 2 rang, 18 chambres,  mais il manque encore autre 2 rang, 14 chambres.  En outre, les multiples coupures et problèmes de tension avec Eneo, ne nous réjouissent pas. De surcroît, le forage d’eau marche avec l’électricité. Les pannes sont récurrentes et sa maintenance difficile. Dans les chambres, il  n’y a pas de prise de lumière. C’est difficile à supporter pour les malades hospitalisés. Il y aussi la difficulté d’accessibilité du à la route non goudronnée. C’est une autre difficulté, qui est très compliqué pour les malades qui viennent de l‘extérieur, de la ville de  Douala et même en dehors de Douala.

Tout de même ça fait plusieurs années, je doute même que les Camerounais en parle encore. Est-ce que la lèpre existe encore au Cameroun ?

Oui…la lèpre existe encore au Cameroun. On a réussi à éliminer la Lèpre  selon les critères de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).  Il y a moins d’un cas pour 10000 habitants, mais la lèpre n’est pas éradiqué de Cameroun.   Toutefois, la Lèpre n’est pas un problème de santé publique aujourd’hui au Cameroun  et elle fait partie d’un groupe des maladies dénommé Maladies Tropical Négligés (MTN) ; avec l’Ulcère de Buruli, la Maladie de Chaggas, la bilharziose, la Dengue…

Quels peuvent être aujourd’hui les causes de la Lèpre au Cameroun ?

Comme partout, la cause est la propre personne atteinte de Lèpre.  Mais comme le risque de transmission de la lèpre est faible, ce n’est pas une maladie très contagieuse. Seule la Lèpre non traitée est contagieuse. Même si la transmission n’est pas facile, dès que le traitement commence, il n’y a plus de risque de transmission.

Comment se transmet la lèpre ?

L’agent infectieux responsable de la lèpre est la bactérie Mycobacterium leprae. Cette dernière semble être transmise par des gouttelettes d’origine nasale lors de contacts étroits et fréquents avec des personnes infectées et non traitées.

Sur le plan statistique, on dénombre combien de malades atteints de la lèpre et qui sont en ce moment à la  Léproserie ?

Sur le plan statistique, on continue à dépister de nouveau cas de Lèpre à la Léproserie de la Dibamba. La moyenne les 10 dernières années est de 23 cas dépistés. Mais il y a une claire diminution les dernières années.  En 2023 on a dépisté 11 cas  et suivi 20 cas en total (des  cas dépistés l’année  passée). Il faut signaler que depuis plusieurs  années, les cas de Lèpre ne sont pas hospitalisés, ils suivent leur  traitement de 6 mois ou la plupart 12 mois à domicile et ils viennent seulement pour le suivi médical. Le traitement est toujours gratuit. Actuellement,  seulement quatre anciens lépreux  résident encore à la léproserie,  des vielles personnes qui vivent avec des séquelles (pied amputé, plaies chroniques, …) Ces dernières années, beaucoup de malades sont décédés.  Ces malades et quelque uns avec leurs  familles, dépendent encore de la léproserie pour les soins gratuits, aide social … il y a beaucoup mois de malades actuellement.  Selon les dernières données que je dispose ; en 1985 il y avait 25.000 cas dépistes en tout Cameroun et en 2021 on a dépisté seulement 178 cas.

 La Léproserie reçoit elle le soutien du  gouvernement camerounais pour la prise en charge des malades ?

La Léproserie reçoit seulement les médicaments exclusivement  pour le suivi du traitement de la lèpre gratuits du gouvernement à travers le Programme de prise en chargé de la Lèpre (PNLL) actuellement intégrée dans le programme de lutte contre les maladies tropical négligées MTN).

Quand est-il des organismes privés et autres?

Il y a quelques organismes qui nous ont aidés pendant plusieurs des années,  comme Fairmed mais il est en train de nous laisser.  Il y a une ONG française, MAP (médecine-aide-présence) qui nous aide régulièrement avec l’envoi de matériel spécifique pour les soins des plaies et pour son suivi  et accompagnement  une  fois par an.   Il y a l’Ordre de Malta qui nous aide jusqu’à aujourd’hui avec une aide annuelle en médicaments. Des autres associations (Lyons club, Croix Rouge…) qui se mobilisent et aident annuellement dans la journée mondiale de la Lèpre  qui se célèbre le dernier dimanche du mois de janvier.   Nous recevons aussi des aides ponctuels (projets), des  structures bancaires comme CITI BANK Cameroun. Actuellement, il y a une ONG Allemagne  qui nous aide pour l’alimentation des anciens malades de lèpre.  Après la solidarité de beaucoup des églises, associations, groupes, familles particulières, … qui apportent des dons régulièrement que servent pour donner une ration semanal à 15 familles des anciens malades lépreux qui vivent dans nos alentours (parmi eux 4 encore résident dans la léproserie de la Dibamba).

La journée mondiale des Lépreux est traditionnellement organisée le dernier Week-end de Janvier, qu’est ce qui est généralement fait ces jours au niveau de la Léproserie ?

Actuellement c’est très simple, il y a  la présence de quelque groupes, associations  qui viennent régulièrement pour offrir des dons, aides aux malades et à  la structure de la léproserie (entre autres régulièrement  la Croix Rouge ; Lyons Club ; église presbytérienne). On les accueille, on les présente la Léproserie de la Dibamba, on répond aux différentes questions posées lors des échanges…on les accompagne en faisant le tour pour rendre visite aux malades.  Il peut venir aussi des chaines de télé, des journalistes pour interview la responsable sur la journée et la situation de la lèpre actuellement

Propos recueillis par Ghislaine DEUDJUI

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