En application de la Circulaire présidentielle N° 001 du 12 octobre 2026 relative à la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2027, le PNLP, Impact Santé Afrique et le Caucus des Parlementaires ont réuni les planificateurs de 22 ministères ce 3 novembre 2026. Cette rencontre stratégique vise à traduire l’orientation prescrivant d’allouer au moins 1 % des crédits sectoriels à la lutte contre le paludisme en plans d’action chiffrés et intégrés au CDMT 2027-2029.
Le combat contre le paludisme au Cameroun vient de franchir le Rubicon de l’engagement institutionnel. En réunissant ce mardi 3 novembre 2026 à Yaoundé les directeurs de la planification et les points focaux de 22 départements ministériels, le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), soutenu par l’organisation Impact Santé Afrique (ISA) et le Caucus des Parlementaires pour le Financement de la Santé, consacre le passage triomphal du discours politique à l’ingénierie financière chiffrée. Cet atelier stratégique marque un tournant historique dans la riposte nationale, transformant la vision de la santé publique en un impératif de développement partagé par l’ensemble de l’appareil étatique.
Cette mobilisation interministérielle inédite s’inscrit dans le sillage direct des prescriptions de la Circulaire présidentielle N° 001 du 12 octobre 2026, relative à la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2027. Pour la première fois dans l’histoire sanitaire du pays, l’instruction du Chef de l’État enjoint chaque administration à transcender l’adhésion de principe pour allouer au moins 1 % de son budget propre à la lutte anti-paludique. Une exigence saluée par les experts, à l’instar d’Eric Tchinda Meli, Conseiller Technique Principal d’Impact Santé Afrique : « La parution de la Circulaire présidentielle constitue un tournant décisif dans l’effectivité de la multisectorialité au Cameroun. Pour que cette instruction ne demeure pas lettre morte, il était impératif d’apporter un appui technique et logistique pour permettre aux participants de s’approprier ces dispositions et de les traduire concrètement en plans d’action pour 2027. »
L’enjeu de cette synergie s’ancre dans une réalité épidémiologique et socio-économique implacable. Comme le rappelle avec force le Dr FOSSO Jean, Secrétaire Permanent Adjoint du PNLP : « Le paludisme demeure une urgence absolue de santé publique. Chaque année, près de trois millions de cas sont enregistrés dans nos formations sanitaires, et pour la seule année 2025, nous déplorons 1 261 décès dans nos structures de soins. En réponse à ce lourd tribut, la Déclaration de Yaoundé vise à accélérer la réduction des décès pour que, d’ici 2030, plus personne ne meure du paludisme au Cameroun. » Pour atteindre cet horizon d’élimination, le secteur de la santé, confiné à ses seules prérogatives, ne peut suffire.
C’est toute la philosophie du Cadre National Multisectoriel : tisser une toile de fond où chaque administration déploie ses compétences spécifiques. Du secteur de l’agriculture chargé d’évaluer l’impact des aménagements sur la prolifération vectorielle, en passant par les transports mobilisés pour la logistique portuaire des intrants, jusqu’aux collectivités territoriales décentralisées, l’action publique doit converger. Eric Tchinda Meli insiste d’ailleurs sur la pluralité des sources de financement attendues : « Chaque ministère est invité à mobiliser des ressources à travers trois principaux leviers, à savoir les dotations budgétaires de l’État, les ressources internes propres à chaque secteur, ainsi que les opportunités de partenariat développées dans leurs activités quotidiennes. »
Cette architecture financière plurielle répond à un impératif de viabilité. Avec des besoins globaux s’élevant à un peu plus de 300 milliards de francs CFA sur la période du Plan stratégique national 2026-2030, et des promesses actuelles couvrant moins de 50 % de cette enveloppe, la mobilisation domestique devient une question de souveraineté. Le Dr FOSSO Jean le souligne avec lucidité : « Ces engagements englobent les allocations prévues par l’État dans le Cadre de Dépenses à Moyen Terme 2027-2029, les contributions du Fonds mondial via la subvention GC8, ainsi que le partenariat conclu avec le gouvernement américain. Le CDMT demeure ainsi le cœur névralgique de notre planification budgétaire pluriannuelle, en stricte adéquation avec la SND30. »
En sécurisant l’ancrage institutionnel et budgétaire de ces plans d’action avant le déploiement des conférences budgétaires, le Cameroun se dote d’un bouclier protecteur pérenne. En faisant de la budgétisation par programme le bras armé de la prévention, les autorités et leurs partenaires démontrent que la santé des populations constitue le socle indispensable de l’émergence socio-économique du pays.
REACTIONS
« Une approche multisectorielle s’impose à l’ensemble des ministères, des collectivités décentralisées et du secteur privé »

Le paludisme demeure une urgence absolue de santé publique au Cameroun, avec près de trois millions de cas et 1 261 décès enregistrés dans nos formations sanitaires en 2025. Face à ce lourd tribut, la Déclaration de Yaoundé fixe un objectif clair : zéro décès lié au paludisme d’ici 2030.
Pour concrétiser cette ambition, le seul secteur de la santé ne peut suffire. Une approche multisectorielle s’impose à l’ensemble des ministères, des collectivités décentralisées et du secteur privé. Qu’il s’agisse de l’agriculture pour évaluer l’impact des aménagements sur la prolifération vectorielle, ou des transports pour sécuriser la logistique des intrants, chaque administration doit intégrer la lutte anti-paludique dans ses politiques et son budget annuel.
Alors que le Plan stratégique national 2026-2030 requiert plus de 300 milliards de FCFA, les promesses actuelles n’en couvrent pas la moitié. Les allocations de l’État dans le CDMT 2027-2029, les contributions du Fonds mondial (GC8) et le mémorandum d’entente avec les États-Unis constituent le cœur de notre programmation. L’intégration effective de ces volets dans chaque budget sectoriel est donc vitale pour la souveraineté sanitaire du pays. »
« La parution de la Circulaire présidentielle constitue un tournant décisif dans l’effectivité de la multisectorialité au Cameroun »

“Impact Santé Afrique (ISA) accompagne le processus d’élaboration du Cadre national multisectoriel depuis près de deux ans. La parution de la Circulaire présidentielle constitue un tournant décisif dans l’effectivité de la multisectorialité au Cameroun. Pour que cette instruction présidentielle ne demeure pas lettre morte, il était impératif pour notre organisation d’apporter un appui technique et logistique à l’organisation de cet atelier. L’objectif est de permettre aux participants de s’approprier les dispositions de la Circulaire afin de les traduire concrètement en plans d’action opérationnels pour l’exercice 2027. Il convient de souligner que ce texte présidentiel fixe l’opérationnalisation du Cadre national multisectoriel et recommande expressément à chaque département ministériel d’allouer au moins 1 % de son budget à la lutte contre le paludisme.
En effet, cette Circulaire enjoint explicitement aux différents secteurs de s’engager dans l’opérationnalisation de la riposte. Pour ce faire, chaque ministère est invité à mobiliser des ressources à travers trois principaux leviers : les dotations du budget de l’État, les ressources internes propres à chaque secteur, ainsi que les opportunités de partenariat développées dans le cadre de leurs activités quotidiennes.






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