Ces chiffres sont du docteur Achille Christian Bekono Salla, coordonnateur du groupe technique régional de lutte contre la tuberculose dans l’Adamaoua. Des chiffres qui montrent que des efforts supplémentaires sont à fournir pour tordre le cou à la tuberculose dans cette partie du pays.
Le Cameroun s’est joint, le 24 mars 2025, au reste du monde pour célébrer la journée mondiale de lutte contre la tuberculose. Dans la région de l’Adamaoua, les acteurs restent mobilisés screener et mettre sous traitement les cas dépistés positif. Dans cette partie du pays, la bataille contre cette maladie infectieuse est loin d’être gagnée. En 2024, les efforts se sont intensifiés, avec des résultats significatifs, mais aussi des défis persistants.
Des objectifs ambitieux, des résultats encourageants
En 2024, selon le coordonnateur du GTR TB dans le château d’eau, l’objectif était de dépister 2 840 malades. Un chiffre ambitieux, mais révélateur de l’ampleur de la tâche. Au final, 2 171 personnes ont été dépistées, toutes formes de tuberculose confondues. Un résultat en hausse par rapport à 2023, où 2 079 cas avaient été détectés. Cependant, l’écart par rapport à l’objectif initial souligne la nécessité de redoubler d’efforts.
Tuberculose multi-résistante et pédiatrique : des défis spécifiques
La lutte contre la tuberculose multi-résistante (MDR) reste un enjeu majeur. Sur les 19 cas ciblés, 13 ont été dépistés, laissant un écart de 6. Un retard attribué notamment à des difficultés logistiques, mais qui souligne l’urgence d’améliorer l’accès aux tests et aux traitements.
Concernant la tuberculose pédiatrique, les résultats sont en deçà des attentes. Alors que les années précédentes avaient été marquées par la première place occupée par l’Adamaoua, 2024 a vu une régression, avec 244 enfants dépistés, soit 8 % de la population infantile, contre un objectif de 10 à 12 %. Un recul préoccupant, qui nécessite une attention particulière.
Stratégies et défis : cibler les zones à risque et assurer l’approvisionnement
Pour atteindre les objectifs, les stratégies se concentrent sur les zones à haut risque. Il s’agit notamment des prisons, des camps de réfugiés (Borgop, Ngam). Selon le coordonnateur, ces lieux de promiscuité favorisent la propagation de la maladie, et les dépistages y sont donc prioritaires. D’ailleurs, une descente à la prison centrale de Ngaoundéré, a permis, en une seule descente, de détecter 4 cas.
L’approvisionnement en médicaments et réactifs reste un défi constant. Des réunions sont organisées pour trouver des solutions alternatives et assurer la continuité des traitements, surtout avec la décision du président américain Donald Trump, de suspendre pour un temps, l’appui à certains Etats dont le Cameroun. La solidarité inter-régionale est également mise en avant, avec des échanges de ressources pour pallier les pénuries.
Perspectives
Les objectifs pour l’année à venir seront définis lors de réunions de planification. L’accent sera mis sur l’amélioration du dépistage, l’accès aux traitements et la lutte contre la tuberculose MDR et pédiatrique, affirme le docteur Achille Christian Bekono Salla.
La Journée mondiale de lutte contre la tuberculose 2025, bien que célébrée sans tambour ni trompettes dans l’Adamaoua, a mis en lumière des progrès, mais aussi des défis persistants. Les chiffres sont là pour rappeler l’urgence d’agir, de renforcer les stratégies et de mobiliser tous les acteurs pour vaincre cette maladie.
Par Jean Besane Mangam















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