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Varices : Le poids de la souffrance

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Des milliers de Camerounais souffrent en silence de varices, une affection veineuse qui va bien au-delà d’une simple préoccupation esthétique. Les témoignages poignants de personnes atteintes révèlent une réalité douloureuse et invalidante, souvent minimisée ou ignorée.

Derrière l’apparente banalité de veines bleutées serpentant sous la peau se cache un univers de souffrance sourde et lancinante. Les varices, loin d’être une simple préoccupation esthétique, sont une réalité douloureuse pour des milliers de Camerounais, dont les témoignages poignants brisent le silence autour de cette affection veineuse trop souvent minimisée. « C’est comme si des fourmis électriques me parcouraient les jambes en permanence », confie Marie-Louise, 52 ans, vendeuse au marché central de Yaoundé, dont les journées debout sont devenues un calvaire. « La nuit, les crampes me réveillent en sursaut, et mes chevilles sont constamment gonflées. On dirait des sacs remplis d’eau ».

Le quotidien de personnes comme Marie-Louise est rythmé par une litanie de symptômes invalidants. Des douleurs sourdes et persistantes aux sensations de pesanteur insupportables, en passant par des élancements aigus qui irradient le long des membres inférieurs, les varices transforment chaque pas en une épreuve. « Parfois, j’ai l’impression que mes jambes vont éclater », témoigne Jean-Pierre, enseignant de 45 ans, dont la station debout prolongée devant ses élèves a favorisé l’apparition de ces veines tortueuses. « La fatigue est constante, même après une nuit de repos. Je me sens lourd, ankylosé, comme si je portais des chaînes invisibles ».

Au-delà de la douleur physique, les varices engendrent un mal-être psychologique profond. La gêne esthétique, souvent pointée du doigt, n’est que la partie émergée de l’iceberg. « Je n’ose plus porter de jupes ou de robes », avoue tristement Sylvie, jeune comptable de 30 ans. « Je me sens complexée, mon corps est devenu une source de honte. » Cette altération de l’image corporelle s’accompagne parfois d’un sentiment d’isolement et de frustration face à une condition perçue, à tort, comme une fatalité.

Pourtant, les conséquences des varices vont bien au-delà de l’inconfort et de l’aspect visuel. L’accumulation de sang dans les veines dilatées peut entraîner des complications sérieuses. « Au début, je ne m’en suis pas inquiétée, je pensais que c’était juste des veines un peu apparentes », regrette Paul, chauffeur de taxi de 60 ans. « Mais avec le temps, ma peau a commencé à changer de couleur, elle est devenue plus foncée, comme une brûlure. Et puis, un jour, une plaie s’est ouverte sur ma cheville. Une horreur qui ne cicatrise pas ».Les ulcères veineux, ces plaies chroniques et douloureuses, sont une complication redoutable des varices non traitées, témoignant d’une mauvaise circulation sanguine et d’une fragilisation des tissus.

Le risque de thrombose veineuse, la formation de caillots sanguins dans les veines, est également une préoccupation majeure. « Mon médecin m’a expliqué que mes varices augmentaient le risque de caillot, ce qui peut être très dangereux si le caillot se déplace », explique Amina, infirmière de 38 ans. « Cette perspective m’angoisse énormément. Je me sens comme une bombe à retardement ».

Face à cette souffrance palpable, il est crucial de rappeler que les varices ne sont pas une fatalité et que des solutions existent. Le port de bas de compression, souvent prescrit en première intention, peut soulager les symptômes en favorisant le retour veineux. La sérothérapie, qui consiste à injecter un produit sclérosant dans les veines atteintes pour les refermer, est une option mini-invasive efficace pour les varices de petite et moyenne taille. Pour les cas plus complexes, la chirurgie, le traitement au laser ou par radiofréquence peuvent être envisagés.

« Il est essentiel de consulter un médecin dès les premiers signes », insiste un phlébologue exerçant à Yaoundé. « Un diagnostic précoce permet de mettre en place un traitement adapté et de prévenir l’évolution vers des complications plus graves. Trop de patients attendent que la douleur devienne insupportable avant de consulter, alors que des solutions simples peuvent améliorer considérablement leur qualité de vie ».

Les facteurs de risque tels que la faiblesse des valves veineuses, la pression accrue due à la grossesse ou à l’obésité, l’âge, la prédisposition génétique et un mode de vie sédentaire sont autant d’éléments à prendre en compte pour une prévention efficace. « Bouger régulièrement, éviter la station debout prolongée sans pauses, contrôler son poids et porter des vêtements amples peuvent aider à limiter l’apparition et la progression des varices », conseille-t-il.

Le cri de douleur des personnes atteintes de varices à Yaoundé et dans tout le Cameroun est un appel à la reconnaissance de cette maladie comme un véritable problème de santé publique. Il est impératif de sensibiliser la population aux symptômes, aux conséquences et aux traitements disponibles. Derrière chaque veine apparente se cache une histoire de souffrance qui mérite d’être entendue et soulagée. Il est temps de briser le silence et d’offrir à ces patients l’espoir d’une vie sans la pesanteur et la douleur qui les accablent

Blanche DENGUE

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