Certains quartiers des villes de la région de l’Adamaoua brillent par une insalubrité déconcertante. Ce manque d’hygiène due au comportement des populations donne du fil à retordre aux autorités sanitaires dans leur combat contre les maladies.
« J’avoue que la ville est sale. Nous devons faire quelque chose. Vivre dans cette insalubrité est source de maladies », cette déclaration d’Amadou Bassirou, opérateur économique et habitant de la ville universitaire de Dang, dans le troisième arrondissement de Ngaoundéré, traduit l’état d’hygiène approximatif dans lequel vivent les populations. Cette atmosphère n’est pas le seul apanage de la ville universitaire, bon nombre de quartiers vivent dans l’insalubrité à Ngaoundéré.
La région de l’Adamaoua est confrontée à un problème persistant d’insalubrité, qui a des conséquences graves sur la santé des populations. De nombreuses personnes dans la région sont adeptes de pratiques insalubres, ce qui favorise la circulation de virus et de maladies. La détection récente d’un cas de poliomyélite dans le district de santé de Ngaoundéré urbain a contribué à mettre le pays en épidémie de poliomyélite, illustrant ainsi l’ampleur du problème. « Nos problèmes de santé sont liés aux mauvaises conditions dans lesquelles nous vivons. C’est pourquoi lorsque je reçois des patients, je commence par une séance de counseling sur l’hygiène des aliments et l’assainissement », explique docteur Yannick Palaï, médecin en service en pédiatrie à l’hôpital régional de Ngaoundéré. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les journées de propreté du jeudi matin, qui étaient censées être une initiative pour sensibiliser les populations à l’importance de la propreté, sont désormais mises aux oubliettes. « Le jeudi propre s’est transformé en jeudi repos. Les maires sont absents. J’ai mainte fois organisé avec les voisins, des campagnes d’hygiène et de salubrité dans mon quartier. Sauf qu’on n’est pas accompagnés par les mairies, même pas avec le matériel. Nous sommes obligés de chercher les matériels de nettoyage et ça devient compliqué », laisse entendre Abdouramane, habitant de Ngaoundéré.
Le comportement des populations est aggravé par le laxisme des municipalités, qui ne se mobilisent que lors de la compétition nationale de la ville la plus propre. Cette attitude laisse les populations vivre avec les maladies, sans prendre les mesures nécessaires pour améliorer leur environnement et leur santé.
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Les conséquences de cette situation sont graves. Les maladies telles que la poliomyélite, le choléra et d’autres maladies hydriques et vectorielles se propagent facilement dans un environnement insalubre. Les populations sont exposées à des risques sanitaires importants, ce qui peut avoir des conséquences graves sur leur santé et leur bien-être. « Nos maires sont plus occupés à faire la politique oubliant qu’ils ont été élus pour nous aider à vivre dans des meilleures conditions d’hygiène. Lorsque je réalisais une enquête dans les quartiers Joli Soir et Madagascar, dans le deuxième arrondissement de Ngaoundéré, j’ai failli abandonner à cause de l’insalubrité », raconte avec un air de regret, Léon Baloum, producteur radio.
Les municipalités doivent prendre des mesures pour sensibiliser les populations à l’importance de la propreté et de l’assainissement, et pour mettre en place des infrastructures adéquates pour la gestion des déchets et des eaux usées. Les populations sont également invitées à prendre leurs responsabilités et à adopter des pratiques salubres pour protéger leur santé et leur environnement.
Pour les quartiers qui ont la chance de voir les camions de la société en charge de l’hygiène et la salubrité, les comportements des populations laissent à désirer. Certains habitants déposent les ordures au sol, à côté des bacs à ordures. D’autres détruisent les bacs en plastiques avec les braises. Ce qui laisse transparaître une irresponsabilité des habitants.
Par Jean Besane Mangam















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