Une causerie éducative a été organisée à cet effet en fin de semaine dernière dans l’enceinte de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines. Initiée par Stand Against Cancer, cet échange a permis aux étudiants, les jeunes filles notamment d’être édifiées sur les dangers de cette maladie alors que le vaccin existe.
« Je consulte rarement les gynécologues. Même s’il m’arrive d’aller à l’hôpital, c’est pour d’autres soucis de santé », déclare Mélissa, la vingtaine bien sonnée. Les déclarations de ce genre sont courantes chez les jeunes filles. Dans un contexte où l’on fréquente de moins en moins les formations sanitaires pour les visites, il n’est pas exclu de rencontre des personnes vivant avec des pathologies en communauté. Quant à la palpation mammaire, c’est une autre paire de manche, car elles ignorent la méthode. « J’entends souvent parler de palpation des seins pour détecter d’éventuelles boules qui peuvent être à l’origine du cancer du sein. C’est lors d’une campagne comme celle-ci qu’on apprend ces méthodes. Il va falloir multiplier ces séances », fait savoir Aicha, étudiante. Certains, ayant conscience des problèmes que pose le cancer, bien que n’étant pas du gente féminin, ont participé à cette causerie éducative « J’ai décidé de participer à ces causeries éducatives parce que déjà, la sensibilisation est la première étape pour se protéger. On sait que nous sommes dans le septentrion et on en parle peu du cancer, du col de l’utérus. Alors, en tant qu’homme, en tant que jeune garçon, en tant que frère d’une jeune fille, en tant que fils d’une femme, la mesure que je prendrais dorénavant est de me faire mon dépistage du VIH et du VHP ». Cette déclaration d’un jeune étudiant ayant pris part à la causerie éducative, traduit le peu de connaissances et de messages véhiculés autour des cancers. La séance de travail avec les membres de l’association Stand Against Cancer se trouve être un tremplin pour lui de porter le message de la sensibilisation. « Donc, le cancer du col de l’utérus ne me concerne pas certes, mais de façon indirecte, ça me concerne, puisque je suis appelé un jour à être père, à être un chef de famille », conclue-t-il.
Dans la région de l’Adamaoua, même s’il n’existe pas de chiffres de la maladie, les services de maternité des hôpitaux comme ceux de l’hôpital régional de Ngaoundéré ont intégré le dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus dans le package des prestations de la femme en âge de procréer. Pour le docteur Dahirou, médecin généraliste en service à l’Hôpital régional de Ngaoundéré, l’initiative qui vise à sensibiliser plus la jeunesse est à encourager. Chose de nature à former des adultes conscients des risques de cette maladie. « Je les encourage à continuer de mener des activités pareilles. Parce que la jeunesse camerounaise et la jeunesse africaine en général ignorent l’existence de cette maladie et également les ravages qu’elle cause. Plus on organise des événements pareils, plus tout le monde sera sensibilisé et avec des petits textes, messages, chacun va porter au niveau de sa famille, au niveau de sa communauté. On va parvenir aussi à vaincre cette pathologie qui est en train de ravager nos contemporains et nos concitoyens » présage ce personnel médical.
Selon Benazir Coulibaly Sidibé, coordinatrice de Stand Against Cancer dans le septentrion, le choix de la jeunesse estudiantine n’est pas anodin. « On a choisi les étudiants parce que on s’est rendu compte que cette maladie devient de plus en plus fréquente chez les jeunes. L’objectif de notre causerie éducative est de sensibiliser les jeunes sur le cancer de leur faire comprendre que c’est une réalité ça existe mais c’est bien quand on détecte tôt également, de leur faire comprendre ce que c’est le cancer du col de l’utérus, les symptômes les diagnostics et les précautions à prendre pour éviter cela », dit-elle.
Intégré dans le Programme Elargi de Vaccination depuis 2020 administré aux jeunes filles de 9-14 ans, le vaccin contre le human papilloma virus (HPV) reste malheureusement très peu connu, surtout de la jeunesse. « En ce qui concerne le cancer du col de l’utérus du moment où le vaccin est déjà disponible depuis 2020 de ce côté on peut dire que c’est une bonne stratégie, nombreux vont prendre des précautions pour éviter cette maladie fréquente », espère-t-elle.
Au-delà de cette causerie éducative, l’organisation de cette activité participe à la promotion de la santé, surtout auprès des jeunes. En cette veille de vacances académiques, la causerie éducative arrive à point nommé pour alerter les jeunes sur les dangers de cette maladie.
Par Jean Besane Mangam













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