La Côte d’Ivoire enregistre une avancée remarquable sur l’indice de développement humain (IDH) en 2025. Selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), présenté le 15 mai, le pays affiche un IDH de 0,582, contre 0,565 en 2024. Il s’agit de la plus forte progression enregistrée en Afrique subsaharienne cette année, propulsant la Côte d’Ivoire à la 157ᵉ place sur 193 pays, soit un gain de cinq rangs.
Ce bond place désormais Abidjan au-dessus de la moyenne régionale, estimée à 0,568. Une performance saluée par les experts, fruit de politiques publiques volontaristes et soutenues depuis une décennie, avec des avancées conjointes dans les domaines de la santé, de l’éducation et du revenu.
Santé, espérance de vie et pouvoir d’achat en hausse
Le rapport met en lumière plusieurs indicateurs en nette amélioration. L’espérance de vie atteint 61,9 ans, tandis que le revenu national brut par habitant, calculé en parité de pouvoir d’achat, s’élève à 6 735 dollars en 2025, contre 4 322 dollars en 2015 – soit une progression de 56 % sur dix ans.
Depuis la fin de la crise post-électorale de 2010-2011, la Côte d’Ivoire mise sur la stabilité et un développement constant. Le Plan national de développement (PND) 2021-2025 structure les ambitions nationales, en mettant l’accent sur l’industrialisation, les infrastructures et l’inclusion sociale.
Une couverture santé en pleine expansion
Lancée en 2019, la Couverture maladie universelle (CMU) couvre aujourd’hui 13,3 millions de personnes, soit 45 % de la population. L’objectif est de franchir la barre des 20 millions de bénéficiaires dans un court délai et de parvenir à une couverture totale à l’horizon 2030.
Pour soutenir cette montée en charge, les investissements dans les infrastructures sanitaires ont été massifs : 8 centres hospitaliers régionaux, 11 hôpitaux généraux construits, près de 300 centres de santé bâtis ou rénovés, et 22 000 professionnels de santé recrutés. Résultat : 80 % des Ivoiriens vivent désormais à moins de 5 kilomètres d’un centre de santé, contre 44 % en 2012.
Éducation : un accès élargi et mieux encadré
Le système éducatif bénéficie également d’une attention particulière. Depuis 2011, 36 000 salles de classe ont vu le jour. À la rentrée 2024, 279 écoles primaires et 79 collèges, dont 68 de proximité, ont été inaugurés. 10 000 enseignants ont été recrutés et près de 50 millions de kits scolaires distribués. 5 600 établissements sont dotés de cantines scolaires, financées à hauteur de 16 milliards de francs CFA. Désormais, les enfants ivoiriens peuvent espérer passer 11,4 années à l’école, contre moins de 9 il y a dix ans.
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Électrification : un quasi-plein d’énergie
Autre levier de développement : l’accès à l’électricité. Près de 90 % des localités ivoiriennes sont électrifiées en 2025, contre seulement un tiers au début des années 2010. « C’est une volonté claire de rattrapage social et de désenclavement », estime un haut cadre du ministère de l’Économie.
Devant ses voisins, mais toujours des défis
À l’échelle de l’UEMOA, la Côte d’Ivoire dépasse désormais ses voisins immédiats : le Sénégal (0,547), le Bénin (0,546) ou le Burkina Faso (0,449). Seuls le Ghana (0,628) et le Cap-Vert (0,668), hors zone franc, conservent une avance.
Pour autant, le PNUD appelle à consolider les acquis. Malgré la dynamique positive, des inégalités subsistent, notamment dans les régions du Nord. Des programmes spécifiques y sont en cours pour rattraper les retards.
Le défi à venir consistera à maintenir ce rythme tout en améliorant la qualité des services publics, corrigeant les inégalités et renforçant la gouvernance locale. Une ambition que les partenaires internationaux jugent réaliste, tant la trajectoire actuelle semble durable.
Charonne Dongmo Tsg / Afrimag.net













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