Une rencontre, présidée par le professeur Carlo-Federico Perno, président du conseil scientifique du Centre international de référence Chantal Biya pour la recherche sur la prévention et la prise en charge du VIH/SIDA (CIRCB) et en présence du professeur Alexis Ndjolo, directeur général du CIRCB, ainsi que d’autres membres éminents du conseil scientifique, a abouti à un consensus : redéfinir la lutte contre les maladies infectieuses au Cameroun. Le CIRCB, tout en poursuivant son travail efficace et reconnu dans la lutte contre le VIH, va s’attaquer à d’autres défis sanitaires majeurs en Afrique centrale, notamment les hépatites et à l’infection à papillomavirus humain (HPV).
Le Centre International de Référence Chantal Biya pour la Recherche sur la Prévention et la Prise en Charge du VIH/SIDA (CIRCB) a tenu ce 23 juillet 2025 sa 22ème session du Conseil Scientifique.
La session du Conseil Scientifique, présidée par le Professeur Alexis Ndjolo, Directeur Général du CIRCB, agrégé du CAMES en Oto-rhino-laryngologie (ORL) et chirurgie cervico-faciale depuis 2004, a débuté par un mot de bienvenue de ce dernier, suivi des remarques du Président du Conseil Scientifique. L’ordre du jour était dense, incluant l’examen et l’adoption du projet d’ordre du jour, ainsi que l’examen du procès-verbal de la 21ème session tenue le 27 novembre 2024. Une partie cruciale des discussions a porté sur le suivi rigoureux de l’exécution des recommandations issues de cette précédente réunion.
Un axe majeur des délibérations d’aujourd’hui a été l’évaluation des principaux projets de recherche du CIRCB exécutés au cours du premier semestre 2025. Cette évaluation est d’une importance capitale pour mesurer les progrès en matière de prévention et de prise en charge du VIH/SIDA, mais aussi pour orienter les futures recherches et garantir que le Centre reste à la pointe des avancées scientifiques mondiales. La session a également permis des discussions élargies sur des sujets pertinents, grâce à un segment dédié aux questions diverses.
Le VIH demeure le domaine d’action majeur du CIRCB.
Le professeur Ndjolo a réaffirmé que le VIH demeure le domaine d’action majeur du CIRCB, avec des initiatives clés axées sur les populations vulnérables. « Une étude de terrain portant sur l’empathie des adolescents face aux traitements antirétroviraux à longue durée d’action est presque achevée », a-t-il souligné, précisant que cette recherche “permettra d’améliorer l’implémentation de ces traitements dans les prochains mois.” Il a en outre rappelé que seuls les patients stables, dont la charge virale est indétectable, sont éligibles à ces traitements, administrables une fois tous les deux mois. Par ailleurs, le CIRCB se penche activement sur les comorbidités du VIH, notamment les co-infections avec les hépatites. L’objectif est de fournir des données scientifiques et des recommandations claires aux prescripteurs pour une meilleure prise en charge de ces affections complexes. À ce sujet, le professeur Ndjolo a attesté que “plusieurs publications ont déjà été réalisées,” démontrant l’engagement du Centre dans ce domaine crucial.
Renforçant cette vision stratégique, le Professeur Carlo-Federico Perno, de l’Hôpital Pediatrica Bambino Gesù de Rome, a mis en lumière l’ambition du CIRCB d’élargir son champ d’action. Reconnu comme un centre de référence par l’OMS et pour l’Afrique centrale, le CIRCB est à un tournant décisif. Le professeur Perno a insisté sur la nécessité d’étendre les recherches à d’autres maladies prioritaires qui n’ont pas encore trouvé de réponses adéquates en Afrique centrale. « Dans certains pays », a-t-il précisé, en parlant de l’hépatite B, « les prévalences peuvent dépasser 20%, ce qui signifie qu’une personne sur cinq est infectée ». Une situation alarmante, car “si elle n’est pas traitée, cette maladie peut malheureusement évoluer vers un cancer du foie.” Le CIRCB compte donc intensifier ses recherches pour déterminer la prévalence exacte de l’hépatite B au Cameroun, identifier les zones prioritaires pour la vaccination, et mettre en place des stratégies efficaces de traitement.
De surcroît, le HPV (virus du papillome humain) constitue une autre priorité majeure. Ce virus est la cause principale du cancer du col de l’utérus et d’autres cancers, y compris chez les hommes. Le professeur Perno a déploré que, malgré l’existence de vaccins efficaces, “leur distribution en Afrique reste limitée,” souvent en raison d’un manque de données précises sur la prévalence locale et de lacunes dans les connaissances des populations. Fort de sa vaste expérience, le CIRCB se positionne pour améliorer la connaissance de la prévalence du HPV dans la région, caractériser les souches virales circulantes susceptibles d’influencer la sensibilité aux vaccins, et fournir des données cruciales pour la santé publique.
Vers une Autonomie et un Rayonnement Accrus
Pour garantir sa pérennité, le CIRCB, sous la direction éclairée du Professeur Alexis Ndjolo, vise à réduire sa dépendance envers les administrations contributrices. Cela se concrétise par la mise en place de structures, qualifiées de “grand office,” dédiées spécifiquement à la recherche et à la gestion des financements. Par ailleurs, le CIRCB ambitionne de renforcer son rayonnement en Afrique centrale et subsaharienne. En tant qu’expert reconnu, le Centre apporte déjà son appui aux structures sous-régionales, aux hôpitaux et aux universités, en partageant son expertise de laboratoire et scientifique. “L’ambition,” a souligné le Professeur Ndjolo, “est que le CIRCB devienne une référence en matière d’encadrement et d’appui technique et scientifique pour les autres structures de recherche et universitaires africaines.” En effet, le CIRCB est l’un des rares laboratoires francophones en Afrique capable de mener des analyses et des tests de haut niveau, ce qui conforte son rôle de leader dans la région.
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La convergence du 22ème Conseil Scientifique du CIRCB et du lancement de la 23ème campagne “Vacances Sans SIDA” met en lumière l’approche multidimensionnelle du Cameroun pour faire face à l’épidémie de VIH/SIDA. Tandis que le Conseil Scientifique fait progresser la recherche essentielle, “Vacances Sans SIDA” poursuit son travail vital de sensibilisation et de prévention auprès du public, en particulier des jeunes pendant la période des vacances. Cette double approche, axée sur le progrès scientifique et l’engagement communautaire, est essentielle dans la lutte continue contre le VIH/SIDA au Cameroun. Le Conseil Scientifique est fermement convaincu que le CIRCB, grâce à ses capacités uniques et son expertise reconnue au sein de la sous-région, a le potentiel d’assumer un rôle fondamental dans l’amélioration de la santé publique non seulement au Cameroun, mais aussi dans toute l’Afrique centrale. C’est pourquoi le centre s’engage résolument dans cette voie, pour un impact durable sur la santé des populations.
Elvis Serge NSAA















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