À l’occasion de la Journée internationale de la Paix, la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) dresse un bilan contrasté. Si le pays s’aligne sur les efforts mondiaux et africains pour la paix en luttant contre la désinformation et en préparant des élections transparentes, la persistance des violences dans certaines régions souligne l’urgence de renforcer le dialogue inclusif pour bâtir une paix durable et solidaire.
Alors que le monde a atteint un niveau record de 61 conflits armés dans 36 pays en 2024, il est plus que jamais nécessaire de célébrer la Journée internationale de la paix sous le thème « Agir maintenant pour un monde de paix ». Ce thème nous rappelle que la paix est un combat de tous les jours, qui exige une résistance constante et consciente contre toutes les formes de haine. Pour Martin Luther King Jr., qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1964, il est hors de question d’accepter que l’humanité soit condamnée à une existence sans espoir, obscurcie par le racisme et la guerre. À l’ère d’Internet, qui est la principale source d’information pour la plupart des gens, et en particulier les jeunes, la désinformation et la mésinformation représentent des menaces importantes pour la cohésion sociale.
Pour y remédier, il est essentiel de promouvoir l’éducation aux médias et à l’information. En effet, c’est en dotant les populations des outils nécessaires pour analyser l’information de manière critique qu’il sera possible de réduire le risque qu’elles succombent à des contenus en ligne qui cherchent à propager des préjugés et des stéréotypes néfastes.
Le Cameroun aligné sur une vision de paix pour l’Afrique
La Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) a souligné que le thème de la journée s’aligne parfaitement sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Plus précisément, l’Aspiration 4 de cet agenda ambitionne de faire de l’Afrique « un continent pacifique et sécurisé ». À cet égard, le thème « Agissons pour un monde pacifique » rejoint l’approche de cet agenda, en mettant l’accent sur la prévention, la résolution pacifique des conflits, la justice, la tolérance et la gouvernance démocratique. En outre, la Commission note que neuf des 220 recommandations acceptées par le gouvernement camerounais lors du 4ᵉ cycle de l’Examen périodique universel (EPU) en mars 2024 sont en accord avec la thématique de la paix, témoignant d’une volonté d’aligner les politiques nationales sur les engagements internationaux.
Des progrès salués et des efforts de prévention
La Commission s’est félicitée de l’engagement des autorités publiques à mettre en œuvre les recommandations qu’elle avait formulées l’année précédente. Ainsi, le ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL) a instruit aux opérateurs mobiles de lancer des campagnes de sensibilisation pour une utilisation responsable des technologies de l’information et de la communication (TIC), en vue de maintenir la paix au Cameroun. De plus, la CDHC a salué les efforts visant à renforcer la promotion du droit à la paix, notamment le lancement, en mai 2025, d’une plateforme d’assistance technique dédiée au cycle électoral 2025-2027. Cette initiative, en partenariat avec Elections Cameroon (ELECAM) et le Système des Nations Unies (SNU), a pour but de garantir la transparence du processus électoral et de prévenir les violences qui y sont liées.
La persistance des menaces et l’appel au dialogue
Malgré ces avancées, la CDHC reste profondément préoccupée par la situation sécuritaire dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. À ce propos, la déclaration de la Commission mentionne de multiples attaques et enlèvements survenus entre le 22 septembre 2024 et le 21 septembre 2025. En particulier, elle cite l’attaque du 5 septembre 2025 à Malende, près de Muyuka, où un engin explosif improvisé a tué huit militaires et en a gravement blessé un.
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Par conséquent, la Commission a formulé une recommandation clé au gouvernement : “poursuivre encore plus activement le dialogue inclusif”. Elle appelle à multiplier les occasions d’écoute et de consultation avec toutes les parties prenantes, y compris les leaders religieux et traditionnels, ainsi que les représentants des différentes communautés, afin de renforcer le climat de confiance et de parvenir à une paix durable. Chaque 21 septembre, la Journée internationale de la paix nous invite à une réflexion collective. Plus qu’un simple événement symbolique, elle nous appelle à l’action pour bâtir un monde plus juste, tolérant et solidaire.
E.S.N















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